À travers les lunettes de la grâce (Ken Sande)

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Il y a plusieurs années, j’ai finalisé la médiation d’un divorce particulièrement triste.  Pendant plusieurs années, le mari avait vraiment essayé d’être à la hauteur des attentes de sa femme, mais elle trouvait toujours quelque chose à lui reprocher.

Peu après notre première rencontre, j’ai lu un article dans la revue Country Magazine dans lequel Mme M. G. Creight décrivait son mari avec des mots remplis de chaleur et d’admiration.  Je n’ai pas pu m’empêcher de m’imaginer comment ma cliente de divorce aurait décrit M. Creight si elle avait été sa femme.

Pour vous donner une idée de la différence entre ces deux femmes, voici les paroles que Mme Creight a écrit à propos de son mari.  J’ajoute, en italiques, le genre de paroles que ma cliente aurait probablement utilisées pour décrire ce même homme.

« Il dégage la force et la persévérance d’un homme.  À d’autres moments, il est comme un petit gars qui cherche le plaisir.  La plupart du temps, il est une combinaison des deux, le meilleur des deux. »

Je ne sais pas combien de temps je peux encore rester mariée à cet homme.  Il est parfois si bébé que ça m’embarrasse!

« Il passe sa vie dehors avec quelques brèves pauses pour venir faire le plein dans la salle à dîner. »

Il travaille toujours.  On ne passe pas beaucoup de temps ensemble, sauf quand il vient se bourrer la face à la table où il s’attend à ce que je le nourrisse.

« L’hiver, il porte des pantalons en velours côtelé qui font vrouche-vrouche quand il marche.  L’été, ses jeans sont pâlis par le temps, surtout au niveau des genoux. »

Je ne peux pas supporter sa manière de s’habiller.  Il n’a aucun goût pour la mode, pas de classe.  Il se promène toujours avec des vêtements à moitié finis. 

« Il est plus préoccupé par ce qui il y a dans ses poches que par l’étiquette qu’il y a sur sa poche arrière.  Ces poches contiennent une collection surprenante de choses utiles : un ruban à mesurer, de la broche, un canif et peut-être un bout de corde à balle.  Avec ça, il peut apprivoiser une machine ou un animal, réparer une clôture, retirer un caillou d’un sabot douloureux, greffer une branche ou même encourager patiemment un veau récalcitrant à sortir du vendre de sa mère. »

Ses poches sont pleines de cochonneries que je ne réussis pas à lui faire jeter à la poubelle.  Quand nous magasinons, c’est vraiment embarrassant quand il met sa main dans sa poche pour sortir de la monnaie et qu’il empile ses déchets sur le comptoir.

« Il se concentre sur les choses qui poussent…  Il creuse, plante et prend soin de la terre, et la terre répond à ses bons soins. »

Ses mains sont toujours sales.  Je lui ai répété des centaines de fois de ne pas me toucher avant de s’être lavé.  Une chance qu’il a finalement compris le message et qu’il a appris à garder ses distances. 

« Il connaît les bois, les champs et le ravage où se cachent les chevreuils pendant les chauds après-midi d’été.  Il y a aussi le petit ruisseau et les petits poissons argentés.  Il va vous y emmener et vous montrer tout ça.  Pas besoin de lui demander, il faut juste le suivre quand il part. »

À chaque fois que j’ai besoin de lui, il est parti flâner en quelque part.  Il est concentré sur ses passe-temps alors qu’il pourrait faire ce qu’il a à faire à la maison.

« Cet amoureux de la campagne ne vous accompagnera pas à plusieurs grandes soirées d’ouverture.  Mais il vous réveillera tôt pour vous faire voir un magnifique lever de soleil. »

Il ne veut jamais me sortir, pas même pour une soirée de première, un film spécial ou une pièce de théâtre.  Et quand je sors et que je veux dormir le lendemain matin, il se réveille tôt  quand même et a le culot de me réveiller pour me faire voir le lever de soleil.

« Il ne vous enverra peut-être pas de roses, mais il en plantera un plant devant la fenêtre de la cuisine sans vous en parler. »

Je ne me rappelle pas la dernière fois qu’il a fait quelque chose de romantique, comme m’envoyer des roses.  Il pense juste à une chose : les plantes de ses plates-bandes.

« Il ne se rappellera probablement pas des dates d’anniversaires.  Il vit selon les saisons, pas selon le calendrier.  Au printemps, les premières violettes apparaîtront bien avant que vous les remarquiez.  Raison de plus pour vous surprendre en vous en présentant un bouquet, dans son chapeau, délicatement placé sur quelques morceaux de mousse, bien en vue sur le banc près de la porte de la galerie. »

La moitié du temps, il oublie notre anniversaire et c’est rare qu’il m’achète un cadeau.  Et puis, ensuite, il est surpris que je ne sois pas très émue devant les violettes fanées qu’il a ramassées dans le gazon et m’a juste laissées sur la galerie.

« C’est un valentin de campagne, et une fille de la campagne n’en changerait absolument rien. »

Il ne comprend rien aux besoins d’une femme.  J’ai essayé d’être patiente, mais je mérite mieux que ça.  Je ne peux pas m’empêcher de rêver à un homme qui sait comment aimer une femme.

Exactement le même homme, mais vu à travers des lunettes différentes.  Avec quelles lunettes regardez-vous les gens qui vous entourent?  Puissions-nous regarder les autres avec les lunettes de Philippiens 4.8-9 :

« Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées.  […]  Et le Dieu de paix sera avec vous. »

Questions de réflexion :

– Comment est-ce que l’Évangile change la façon dont Dieu vous regarde ?  (Jean 15.15 ; 2 Corinthiens 5.17 ; 2 Thessaloniciens 2.13)

– Comment est-ce que l’Évangile change la façon dont vous regardez les autres ?  (Colossiens 3.12-15)

– Pourquoi est-ce que l’apôtre Paul dit que le Dieu de paix sera avec les gens qui regardent avec grâce ?  (Philippiens 4.8-9)

– Si les gens savent que vous les regardez d’un œil critique, comment se sentiront-ils quand ils seront près de vous ?

– Comment est-ce que vous relations seraient différentes si les autres sentaient que vous les regardez à travers les lunettes de la grâce ?