Beauté superficielle et beauté sainte (Martha Peace)
Note : Dans cet article, une partie du cas d’Ashley vous sera présenté. Jeune femme universitaire, elle était venue à être obsédée par son poids et fut diagnostiquée avec une anorexie mentale. Après une chute dans la bibliothèque de l’école et un voyage aux urgences, quelques semaines après cet épisode, ses parents et elle vinrent me voir au bureau de counseling.
S’en suivirent alors plusieurs mois de rencontres qui aboutirent en une croissance personnelle et spirituelle impressionnante chez cette jeune femme. Ashley fut l’un de mes cas les plus difficiles avec une double urgence : son corps et son âme étaient menacés par les effets du péché. Mais, la grâce de Dieu s’est révélée supérieure aux péchés les plus asservissants.
Une trop grande importance accordée à la beauté physique
Les mesures disciplinaires accompagnées de la grâce divine avaient mis en lumière une caractéristique importante de la vie d’Ashley : la vanité. C’est un défaut aussi répandu que puissant. Le vocable vanité évoque ce qui est « creux, vain, futile, sans valeur ». Dans le jargon courant, le vocable désigne souvent un amour immodéré de sa propre beauté, un « orgueil démesuré de sa propre apparence ».
Lorsque j’énumérai certains des signes possibles de la vanité, Ashley admit qu’elle luttait contre plusieurs d’entre eux Elle était excessivement soucieuse de son apparence, et se comparaît presque toujours aux autres quant à son aspect. Aussi était-elle incapable d’accepter des compliments. Au lieu de dire « merci » avec grâce, elle se montrait embarrassée, voire irritée contre la personne qui la complimentait. Elle était souvent déprimée, voire angoissée, parce qu’elle se croyait grasse ; sa quête de minceur l’avait amenée à faire violence à son corps par l’anorexie.
La vraie beauté
Pour combattre ces désirs trompeurs, nous avons procédé à un survol de divers passages des Écritures qui abordent le thème de la vanité. L’insistance de l’Ancien Testament est puissamment résumée dans Proverbes 31.30 :
La grâce est trompeuse, et la beauté est vaine ; la femme qui craint l’Éternel est celle qui sera louée.
Plus tard, le Nouveau Testament souligne le fait que la vraie beauté d’une femme se voit à sa tenue vestimentaire décente, à ses belles oeuvres et à son esprit doux :
Je veux aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d’or, ni de perles, ni d’habits somptueux, mais qu’elles se parent de bonnes oeuvres, comme il convient à des femmes qui font profession de servir Dieu. (1 Timothée 2.9,10)
Les vraies bonnes oeuvres ne se crient généralement pas sur les toits. Peu de gens en sont informés. Souvent, nul n’est au courant. Pensez à la femme qui nettoie tranquillement la cuisine ou la salle de l’Église après un repas en commun, ou qui s’assied sur le bord du lit d’une amie relevant d’une opération chirurgicale, ou qui apporte un repas à un malade ou fait le ménage dans la maison d’une femme dont le mari se meurt.
La beauté aux yeux de Dieu
Ensemble, nous avons passé en revue des bonnes oeuvres possibles qu’Ashley pourrait accomplir durant la semaine à venir. Après avoir beaucoup cogité, elle décida de rendre visite à une dame de l’Église qui se trouvait dans une maison de retraite. Elle lui apporterait des fleurs et lui ferait de la lecture. Alors qu’elle se noyait elle-même dans une culture de beauté superficielle, Ashley commençait à découvrir ce qu’était la vraie beauté aux yeux de Dieu.
Nous avons également abordé comment, en se laissant mourir de faim, elle cédait à la peur de ne pas être mince, belle et parfaite. Nous avons examiné l’alternative biblique : faire confiance à Dieu, accepter tout naturellement son apparence naturelle comme un don de sa part et le remercier de ce que, tout en étant incapable d’atteindre sa propre norme « parfaite », elle pouvait, par sa grâce, lui être fidèle.
La beauté intérieure
Cette même semaine, j’ai demandé à Ashley de lire le chapitre sur la vanité, du livre Damsels in Distress, et de répondre aux questions à la fin du chapitre concerné. Elle y apprit que le monde considère la vanité comme une maladie, un problème d’image de soi. Elle découvrit en fait que la vanité est un vrai problème intérieur, et que la beauté, vraie et sainte, est à l’intérieur, à savoir la piété du coeur. En se rendant peu à peu compte que sa focalisation coupable sur elle-même était vraiment horrible, elle fut de plus en plus reconnaissante pour la grâce et la compassion que Christ lui avait démontrées sur la croix.
La semaine suivante, le journal des pensées d’Ashley reflétait de nouvelles dispositions : tristesse à cause de ses péchés, leur confession à Dieu et une nouvelle douceur envers ceux qui s’efforçaient de l’aider. Elle n’avait repris que moins d’un kilo depuis le début de notre relation d’aide ; il était donc temps d’augmenter à 2000 sa dose quotidienne de calories. Je consultai le journal qu’elle tenait de ce qu’elle mangeait et lui donnai des conseils pratiques pour ajouter deux portions de matières grasses, deux tranches de pain et deux portions de viande.
Je continuai à lui rappeler l’essentiel, à savoir, s’adresser à Christ pour être réconfortée et secourue, lui exprimer sa reconnaissance et lui témoigner son amour en lui obéissant, même si elle se sentait craintive ou frustrée. Parallèlement, je l’encourageai à réfléchir à la manière de témoigner de l’amour aux autres, plongée toujours dans ses propres difficultés.
Cet article est tiré du livre : Le counseling biblique et les cas difficiles de Stuart Scott & Heath Lambert