Chers pères, voici 3 éléments cruciaux pour vos enfants (John Piper)

Le Psaume 103 nous parle de gratitude et de louange en présence de la bonté de Dieu. Ce psaume s’adresse bien entendu à tous les croyants, mais il est particulièrement pertinent pour les parents, surtout les pères. Cet article sera donc consacrée au rôle de ces derniers, mais il sera également question de la manière dont nous devons nous sentir, penser, et agir vis-à-vis de la miséricorde, la bonté et la compassion de Dieu.

Le témoignage de la paternité

Le verset 13 affirme que :

« Comme un père a compassion de ses enfants, l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent. » (Ps 103.13)

Attention, Dieu n’a pas appris à être Dieu en observant les pères terrestres — ce n’est pas après avoir vu les gentils papas manifester de la compassion à l’égard de leurs enfants que Dieu s’est décidé à faire de même. Non, ce que le verset 13 cherche à dire, c’est que lorsque nous regardons un bon père, nous voyons une image de Dieu. Dieu a en effet pensé la paternité terrestre pour qu’elle dresse un portrait de lui. Il avait un Fils bien avant la création d’Adam, il était Dieu le Père avant d’être Dieu le Créateur. Il savait ce qu’il voulait montrer avant même que sa représentation ne soit créée.

De fait, tous les pères ont pour mission de témoigner de la paternité de Dieu, auprès de leurs enfants évidemment, mais pas uniquement. Nous apprenons à être pères en regardant comment Dieu prend soin de ses enfants. À l’inverse, c’est en nous regardant que les enfants apprennent ce qu’est la paternité de Dieu.

Formés de la poussière

Dieu, le Père infiniment parfait d’enfants imparfaits, fait preuve d’une paternité irréprochable à notre égard et il nous a donné, à nous autres pères terrestres, le pouvoir d’inspirer à notre tour nos enfants (et d’autres) pour leur montrer en quoi consiste la paternité divine. C’est là ce à quoi nous sommes appelés en tant que pères.

Lorsque David écrit : « Comme un père a compassion de ses enfants, l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent » (v. 13), il affirme par là que Dieu a créé la paternité à son image et qu’une bonne paternité témoigne de sa personne. Il nous rappelle ensuite au verset suivant que tous les êtres humains, y compris les pères, sont comme de la poussière :

« Car il [Dieu] sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière. » (Ps 103.14)

Cela conduit David à méditer sur l’insignifiance de la vie humaine, sur l’existence de Dieu, qui est sans commencement ni fin, et sur notre rapport à nos enfants :

«  L’homme ! ses jours sont comme l’herbe, il fleurit comme la fleur des champs. Lorsqu’un vent passe sur elle, elle n’est plus, et le lieu qu’elle occupait ne la reconnaît plus. Mais la bonté de l’Éternel dure à jamais pour ceux qui le craignent, et sa miséricorde pour les enfants de leurs enfants, pour ceux qui gardent son alliance, et se souviennent de ses commandements afin de les accomplir » (Ps 103.15-18).

Au fil des générations

Les pères doivent comprendre que leurs enfants et eux ne vivront pas éternellement, pas plus que « les enfants de leurs enfants » (v. 17). Ils doivent donc impérativement se poser les questions suivantes : comment mes enfants pourront-ils tirer profit de l’amour de Dieu pour toujours ? Comment les enfants peuvent-ils être au bénéfice de la justice de Dieu au lieu d’être condamnés par elle ?

Les versets 17 et 18 nous fournissent trois réponses. L’amour inébranlable de Dieu et sa justice parfaite suivront vos enfants de génération en génération s’ils répondent à trois conditions :

  1. Ils doivent craindre Dieu (v. 17) ;
  2. Ils doivent garder son alliance (v. 18) ;
  3. Ils doivent obéir à ses commandements (v. 18).

Garder l’alliance de Dieu à notre époque moderne

Examinons d’abord la deuxième condition :

« Et sa miséricorde [dure à jamais] pour les enfants de leurs enfants, pour ceux qui gardent son alliance » (Ps 103.17-18).

Que signifie garder l’alliance de Dieu aujourd’hui ?

Les choses ont changé depuis la venue du Messie. Lors de sa dernière Cène, Jésus a levé la coupe qui représentait son sang et a déclaré :

« Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous » (Lu 22.20).

Une nouvelle alliance s’est ainsi établie entre Dieu et son peuple, couvrant nos péchés par le sang du Christ et nous offrant la possibilité de marcher en nouveauté de vie par la puissance de l’Esprit. Cette nouvelle alliance exige de nous deux choses : que nous soyons unis à Jésus par la nouvelle naissance et que nous recevions ce dernier comme notre précieux Seigneur et Sauveur.

Les versets 17 et 18 affirment que l’amour et la justice de Dieu seront accordés à nos enfants pour peu qu’ils gardent son alliance. Cela signifie, de nos jours, que nos enfants doivent faire de Jésus leur plus grand trésor et l’accepter comme le Seigneur et Sauveur de leur vie.

Passons maintenant aux deux autres conditions exigées par la promesse d’amour et de miséricorde aux versets 17 et 18 : craindre Dieu et obéir à ses commandements.

Craindre Dieu

« La bonté de l’Éternel dure à jamais pour ceux qui le craignent », nous est-il dit. Craindre Dieu implique que Dieu est si puissant, si saint et si merveilleux pour nous que nous ne saurions fuir loin de lui ; au contraire, nous ne pouvons que nous précipiter vers lui, vers toutes les promesses qu’il a en réserve pour nous ! Craindre Dieu n’est pas en contradiction avec l’acte de venir à Jésus : c’est la manière de venir à lui. Avec révérence, avec humilité. Sans croire que Dieu nous doit quoi que ce soit. Nous devons venir à lui en tremblant, le cœur brisé et contrit, avec la crainte que nos cœurs volages ne se détournent de lui s’il ne s’en saisit pas et ne les garde pas.

Obéir aux commandements de Dieu

Enfin, la dernière condition mentionnée par David pour que nos enfants puissent être sauvés (et non condamnés) se trouve au verset 18 : la justice de Dieu est « pour ceux qui (…) se souviennent de ses commandements afin de les accomplir ». Une foi authentique dans le rédempteur est demandée. Cela implique une réelle confiance en Christ, une réelle soumission à son autorité et une réelle appréciation de sa valeur — ce sont trois éléments qui peuvent réellement changer le cours d’une vie ! En définitive, l’obéissance exigée par le verset 18 correspond tout simplement à une crainte de Dieu et à une confiance en Christ qui soient toutes deux tangibles et porteuses de fruit. Seuls le sang et la justice de Jésus peuvent nous obtenir le pardon et la justification, mais c’est notre obéissance (même imparfaite) qui montre que Dieu nous a sauvés. Elle prouve l’authenticité de notre foi et atteste que nous sommes véritablement les gardiens de son alliance, que nous nous agrippons bien à Jésus-Christ, notre précieux Sauveur mort pour nous.

Chers pères, vous et moi ne sommes que poussière. De l’herbe tout au plus. Ou une fleur des champs : qu’un vent souffle sur elle, la voilà disparue ! Et le lieu qu’elle occupait ne la reconnaît plus (v. 15,16). Après nous viendront nos enfants et leurs propres enfants. Mais ce que nous devons faire dès aujourd’hui, c’est nous demander s’ils craindront Dieu, s’ils garderont son alliance, s’ils obéiront à ses commandements. Si oui, alors l’amour inébranlable et la justice de Dieu seront avec eux pour toujours.


Cet article est tiré du livre : Façonné par Dieu de John Piper