Combattre le péché comme un vainqueur, pas comme une victime (John Piper)
Ne combattez pas le péché comme une victime du péché ; combattez le péché comme le vainqueur du péché que vous êtes en Christ. C’est la phrase clef d’un puissant extrait d’une prédication que nous a envoyée Nathan. Nathan, un auditeur du podcast, m’a envoyé l’extrait par courriel, le qualifiant de « l’un des extraits les plus marquants que j’ai jamais vus ». Et « la phrase la plus percutante qui m’a touché il y a deux ans », écrit-il, « était celle qui parlait de combattre le péché comme un vainqueur, et non comme une victime. Plutôt que de se sentir vaincu, Dieu veut que nous ayons confiance dans le fait que la guerre est gagnée en lui ». C’est un bon résumé d’un très bon extrait de la prédication du pasteur John sur Romains 8.1-4 en 2001. Le voici.
En Christ, nous voyons maintenant que deux choses sont vraies à notre sujet. Romains 8.1 et Romains 8.2 répètent la même phrase : « en Jésus-Christ. » Que sommes-nous en Christ au verset 1 ? « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ ». Ainsi, la première chose que nous pouvons dire sur le fait d’être en Christ est que le verdict est rendu, et que nous ne sommes pas condamnés. C’est du passé, le procès est terminé : pas de condamnation en Christ. Et puis le verset 2 dit : « La loi de l’Esprit qui donne la vie en Jésus-Christ m’a libéré. »
Ainsi, le pardon nous est accordé, et nous avons maintenant la puissance en Jésus-Christ. Vous ne pouvez pas devenir en Christ sans que les deux ne vous soient attribués. Le pardon se trouve en Christ ; la puissance se trouve en Christ. Vous ne pouvez pas devenir en Christ en disant : « J’ai le pardon et non la puissance » ou « J’ai la puissance et non le pardon ». En Christ, vous obtenez les deux, ou vous ne les obtenez pas ; ce qui voudrait dire que vous n’êtes pas en Christ. Si vous vous confiez à Jésus, vous vous unissez à Jésus. Et en Jésus, il n’y a pas de condamnation, et la puissance règne.
Cause ou preuve ?
Or, voici la question qui se pose : comment l’œuvre de la puissance vers la libération et la transformation est-elle liée à la déclaration selon laquelle il n’y a aucune condamnation pour nous ? Et il faut éviter de tergiverser sur cette question. Votre vie est en jeu. Si vous comprenez ça de travers, vous mourrez. Si vous comprenez ça correctement et vivez en conséquence, vous vivez.
Quel est donc l’ordre des versets 1 et 2 ? Remarquez les mots « en effet », au début du verset 2. Vous pourriez souhaiter qu’ils n’y soient pas.
Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. En effet, la loi de l’Esprit qui donne la vie en Jésus-Christ m’a libéré de la loi du péché et de la mort. (Romains 8.1-2 ; SG21)
La TOB et la NFC disent « car ». La plupart des autres versions disent « en effet ». Elles veulent dire la même chose. Alors, quelle est la relation entre la justification au verset 1 et la sanctification au verset 2 ? Et bien, avant de répondre trop rapidement, prenez en compte quelque chose. La signification de « en effet » ou « car », en français et en grec, dans la langue de l’apôtre et dans votre langue, a deux significations :
- en effet ou car peuvent introduire un fondement ou une raison qui fait que quelque chose est le cas, ou
- ils peuvent introduire la preuve selon laquelle vous savez que quelque chose est le cas.
Laissez-moi vous donner un exemple dans votre langue. « J’ai vraiment faim parce que mon estomac grogne ». Ou vous pouvez dire : « J’ai vraiment faim parce que j’ai sauté le petit-déjeuner ». Et « parce que » dans ces deux phrases a des significations radicalement différentes. Un estomac qui grogne n’est pas la raison pour laquelle on a faim, c’est l’effet et la preuve de la faim. Et on utilise le mot « parce que » : « J’ai vraiment faim parce que mon estomac grogne. » Mais si je dis : « J’ai vraiment faim parce que j’ai sauté le petit déjeuner », eh bien, nous savons que sauter le petit déjeuner est la cause de la faim – c’est le fondement et la base de la faim.
Il se tenait condamné
Voici donc ma question pour la relation entre les versets 1 et 2 de Romains 8 : quelle signification a le mot « en effet » ici ? Est-ce qu’il dit : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation parce que, voyez, vous êtes transformés par l’Esprit de Dieu, témoignant que vous êtes libres ? » Ou bien dit-il : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation parce que le fondement et la base de votre acceptation auprès du Père, votre verdict de non-culpabilité, est la justice opérée par l’Esprit que vous exercez ? » Je vais soutenir que le « en effet » ou « parce que » au début du verset 2 est la preuve, il indique la preuve, que le verset 1 est exact.
Raison numéro un : remarquez la relation entre les versets 2 et 3. Le verset 3 commence par le même mot, le « car » ou le « en effet » : « En effet, la loi de l’Esprit qui donne la vie en Jésus-Christ m’a libéré de la loi du péché et de la mort car [et maintenant, je résume le verset 3 à son énoncé principal] Dieu a condamné le péché dans la chair, la chair de son propre Fils. » Et souvenez-vous que nous avons souligné le lien entre le mot condamné au verset 3 et le mot condamnation au verset 1. Les versets 1 et 3 sont liés à ce niveau. Le verset 3 parle de ce que Dieu a fait pour vous réconcilier à lui. Il a envoyé son Fils pour vivre une vie parfaite, pour mourir d’une mort substitutive, pour porter votre condamnation – pas de culpabilité, pas de colère, pas de condamnation. Pourquoi ? Jésus, dans la chair, l’a porté. Dieu l’a condamné là, et non vous. Et cela est donné comme base du verset 2, votre sanctification.
Donc, quand le verset 1 dit, « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, » il pointe vers le verset 3, disant, « Il est mort pour vous. Toute la colère de Dieu a été déversée sur lui. Alors, regardez : L’Esprit est en vous, triomphant de votre péché. Réjouissez-vous ! Il n’y a aucune condamnation. »
L’Esprit fait toute la différence
Romains 7.6 est magnifique dans sa clarté et sa puissance : « Mais maintenant nous avons été libérés de la loi, car nous sommes morts à ce qui nous retenait prisonniers… » Et ici dans le contexte, c’est la loi mosaïque. Nous le savons grâce aux versets 1 à 5. Nous avons été libérés de la loi – la malédiction de la loi, la culpabilité de la loi, la condamnation de la loi. Christ est devenu une malédiction pour nous, de sorte que la malédiction de la loi est brisée (Galates 3.13). Elle ne pèse plus sur nous. Et puis, regardez ces précieuses paroles qui suivent : « … de sorte que nous servons sous le régime nouveau de l’Esprit et non sous le régime périmé de la loi écrite. »
Quelle est la relation entre le fait d’être libéré de la loi et de sa condamnation, de sa malédiction ainsi que sa culpabilité, et la capacité de l’Esprit à triompher dans le service de Dieu ? Quelle est cette relation ? C’est clair comme de l’eau de roche dans ce verset : nous avons été libérés de cela afin de servir de cette façon. Si l’ordre que l’on trouve ici est inversé, ce n’est plus le christianisme. On obtient une autre religion.
- C’est la différence entre se battre pour être justifié, et se battre avec confiance parce que nous sommes justifiés.
- C’est la différence entre le fait que votre procès devant le tribunal céleste soit derrière vous, avec un verdict irrévocable de non-culpabilité, et le fait d’avoir le procès devant vous, suspendu au-dessus de votre tête, en vous demandant si votre comportement sera à la hauteur dans la puissance du Saint-Esprit.
- C’est la différence entre la liberté de la confiance et l’esclavage de la peur.
- C’est la différence entre rendre à Christ la double gloire qui lui est due en tant que notre justice et notre condamnation et la puissance qui nous amène à la sainteté, ou simplement lui donner la moitié de la gloire qui lui est due et l’appeler celui qui nous permet d’accomplir une justice que nous offrirons à Dieu de notre part comme fondement de notre acceptation avec lui. Je ne veux pas qu’il reçoive la moitié de la gloire qui lui est due. Je veux qu’il obtienne toute la gloire – son sang et sa justice étant le fondement de notre acceptation et sa puissance étant le moyen par lequel nous sommes libérés et transformés.
- Et c’est la différence entre votre vie et votre mort.
Combattez comme un vainqueur
Alors, priez. Priez avec moi maintenant pour que Dieu vous aide à tomber face contre terre et priez : « O Dieu, O Dieu, aide-moi à faire ça bien. Aide-moi à ne pas être un pharisien. Aide-moi à savoir comment me reposer en douceur dans la non-condamnation qu’il y a en Christ afin que, à partir de la douce communion, du repos, de l’acceptation, de l’amour, de la satisfaction et de la justification qu’il y a en toi, je puisse maintenant avoir la puissance du Saint-Esprit pour obtenir la victoire sur mes désirs sexuels impurs, mon avidité et ma peur. » Priez ainsi.
Et puis, quand vous sortez dehors, combattez votre péché comme un vainqueur, pas comme une victime. Lorsque vous sortirez d’ici cet après-midi, et que les tentations surviendront – et cela arrivera ; il y a dans vos membres une autre loi, la loi du péché et de la mort (Romains 7.23) – l’Esprit est en vous pour vous aider à faire la guerre à cette loi. Et c’est la guerre, en tant que vainqueur, dans la confiance que nous sommes aimés et acceptés, qui montrera que vous êtes aimé et accepté. Battez-vous comme un vainqueur cette semaine, et non comme une victime.
Et maintenant, que Dieu vous remplisse de toute joie et de toute paix dans votre foi alors que vous vous confiez à ses précieuses et très grandes promesses. Et ainsi, que l’espoir vous habite.
Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts.