Comment entrer en dialogue avec la culture tout en nageant à contre-courant (John Piper)

Aujourd’hui, sur le podcast « Pasteur John vous répond », Pasteur John répond à la question suivante : « Bonjour Pasteur John ! Je lis votre excellent livre “Et si je ne gâchais pas ma vie”. Au chapitre 7, “Vivre pour prouver qu’il est plus précieux que la vie”, dans la partie “Obsédé par les vêtements”, vous écrivez ceci : “Je vous demande d’être plus semblable à un dauphin et moins à une méduse dans la mer de la mode et de la contre-mode (qui est tout aussi tyrannique).” Pourriez-vous expliquer davantage ce que vous voulez dire dans cette phrase ? Merci. »

Surfer sur les courants

Eh bien, procédons en deux parties. La partie sur le dauphin et la partie sur la mode et la contre-mode. D’abord, j’aime l’analogie du dauphin et de la méduse. Je pars du principe que les océans de la culture connaissent des courants très puissants et que ces courants culturels nous éloignent presque toujours d’une profonde allégeance à Jésus.

Donc si vous allez nager dans les océans culturels tout en étant chrétien, vous avez intérêt à être un dauphin, pas une méduse, car une méduse suit le courant alors que les dauphins peuvent se frayer un chemin à travers les courants de marée et nager vers la vérité et vers la sainteté et le paradis malgré les courants culturels.

Bien sûr, il n’y a pas de « si » à ce propos, du genre « si nous allons vivre dans ces courants culturels… ». Non, il n’y a pas de « si » à ce sujet. Nous n’avons pas le choix. Nous nageons dans les océans culturels de cette planète. Être vivant c’est être façonné par la culture du monde.

C’est pourquoi Jésus a prié dans Jean 17.15 :

« Je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les préserver du mal. »

Il en était donc très conscient. Mes disciples sont coincés ici-bas et ils ont besoin d’aide. Ils ont besoin de protection. Ils ont besoin de pouvoir nager comme un dauphin.

Lutter contre les courants

Le Nouveau Testament nous appelle sans cesse à faire des efforts contre-culturels à la manière des dauphins. En voici quelques exemples :

Et ainsi de suite. C’est donc ce que j’entends par être un dauphin — être si plein de joie du Saint-Esprit, de courage du Saint-Esprit, de sagesse du Saint-Esprit, que vous avez la force et les moyens de nager à contre-courant de la culture. C’est ce qu’il faut pour être un chrétien.

Un poisson hors de l’eau

Un autre nom donné au dauphin dans le Nouveau Testament est « étrangers et voyageurs ». C’est ce que dit 1 Pierre 2.11 :

« Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs [dauphins] sur la terre, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme. »

Si vous ne nagez pas à contre-courant vers les cieux, ce courant vous entraîne vers le fond pour être mangé par les requins. Nous avons en nous un GPS appelé nouvelle naissance et le Saint-Esprit qui nous ramènent chez nous contre ces courants culturels.

Une mer de changement

Cependant, il existe un autre aspect à cette question, à savoir que le christianisme ne détruit pas la culture terrestre, même s’il s’y intègre à juste titre. Il la transforme, mais ne la détruit pas. Il s’adapte donc à une centaine de choses dans la culture.

La plupart des vrais chrétiens en Occident conduisent des voitures, utilisent des téléphones portables, vivent dans des maisons, portent des vêtements qui ressemblent plus ou moins à ceux de leur entourage, etc. Nous nous adaptons dans ce sens. Le Nouveau Testament indique clairement qu’il en est ainsi. Et c’est normal. Et il le fait de plusieurs façons.

La première est la grande bataille au sujet de la circoncision. La circoncision sera-t-elle nécessaire ? Est-ce que ces non-juifs avec leur non-circoncision païenne vont s’intégrer dans cette Église en grande partie juive ? La décision a finalement été prise : non.

Cette demande culturelle ne sera pas faite. Paul a dit :

« Je me suis fait tout à tous afin d’en sauver de toute manière quelques-uns. » (1 Corinthiens 9.22)

Ce sont donc là quelques indications : le fait que nous sommes un peuple qui obéit toujours à deux impulsions, comme le dit Andrew Wall. Il y a le principe du voyageur. Nous sommes comme des étrangers et voyageurs ici. Et il y a le principe indigène, qui signifie que nous nous adaptons. On ne requiert pas que des choses neutres soient modifiées pour faire partie de la communauté chrétienne.

Trouver une mode

Maintenant, l’autre partie, que l’auditrice a peut-être évoquée, est ce que j’entendais par mode et contre-mode, et je ne suis pas sûr que c’est de cela qu’elle voulait que je parle ou si c’était juste le dauphin — je ne sais pas. Je ne sais pas si c’était juste le dauphin. Mais je veux quand même essayer.

Elle a dit (en me citant) : « Je vous demande d’être plus semblable à un dauphin et moins à une méduse dans la mer de la mode et de la contre-mode (qui est tout aussi tyrannique). » Et elle veut savoir : « Qu’est-ce que vous voulez dire par cela ? » Je pense.

Je veux simplement dire que les hommes et les femmes d’aujourd’hui subissent de multiples pressions pour se conformer à la façon dont le monde s’habille et pense à l’habillement, au maquillage ou à la coiffure. Cette pression devient de plus en plus forte pour les hommes.

Je faisais mon jogging ce matin à 5 heures du matin sur Washington Avenue, et je suis passé devant cette grande façade vitrée d’un nouveau bâtiment appelé « Spa pour hommes ». Et le titre est : « Les soins pour hommes ultimes ». Je me suis dit : « Vraiment ? On dirait une pub pour chiens. » OK, c’est un autre problème. Nous nous occuperons des soins pour les chiens une autre fois. Mais je dis ça pour dire que nous pensons généralement aux femmes lorsque cette question de la pression pour s’habiller d’une certaine façon se pose, mais de plus en plus, je pense que les soins masculins représentent une réelle pression.

Voici donc le genre de pression qu’elle pourrait subir. Une femme peut-elle trouver dans les magasins une mode avec laquelle elle se sent à l’aise sur certains articles ? J’ai parlé à des mères qui ont du mal à faire du magasinage avec leurs jeunes filles, parce qu’il n’y a guère de choix pour une mode qui leur convienne, à elle ou à la mère ou aux deux, en termes de modestie.

Contre-mode

Et ce que j’entends par « contre-mode », c’est qu’une personne peut être poussée par ce qui est si populaire ou peut être poussée par ce qui ne l’est pas qu’il existe toute une culture qui attire les gens à se conformer au non-conformisme. Comment expliquer autrement la fabrication de jeans avec des trous, n’est-ce pas ? Mais enfin… la fabrication de jeans qui sont déchirés par des trous ! C’est quoi ça ?

C’est l’intégration de la contre-mode dans la société, ce qui, bien sûr, conduira à une contre-mode et ainsi de suite. Et le point que j’essayais de faire valoir, c’est que l’on peut être une méduse en voulant avoir l’air chic ou on peut être une méduse en voulant avoir l’air anti-chic — peu importe. Vous n’êtes pas libre quand vous vous conformez à tous vos amis grunge. Ce n’est pas cela la liberté. C’est juste de la rébellion dans un nouveau conformisme.

Ainsi, faire un pied de nez à la culture peut vous donner l’impression d’être un dauphin, mais vous pouvez vous réveiller et découvrir que vous n’êtes qu’une méduse comme toutes les autres flottant avec un million d’autres amateurs de grunge pas si radicaux.

Transformer la culture

Je pense donc que le meilleur texte pour les hommes et les femmes, même s’il est écrit pour les femmes dans le Nouveau Testament, est 1 Pierre 3.3-4. J’ai mémorisé 1 Pierre et c’est vraiment puissant pour les hommes comme pour les femmes. Il dit :

« Ayez, non cette parure extérieure [cela s’applique aux hommes aussi] qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt. » (1 Pierre 3.3-4)

Or, faites une pause et prenez note. Il ne peut pas dire que les cheveux tressés, en soi, sont mauvais, les ornements d’or, en soi, sont mauvais, parce que s’il disait cela, il devrait dire que les habits, en soi, sont mauvais, parce que le dernier élément est simplement les habits. « Que votre parure ne soit pas des habits. » Oh, vraiment ? Eh bien, qu’est-ce que tu veux dire par là ? Cela veut dire ce qu’il dit à la ligne suivante. Il dit : « Mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu. »

En d’autres termes, pour les hommes et les femmes, l’attention, la motivation et l’envie ne doivent pas être « Je veux avoir un certain look ». Mais je veux être d’une certaine manière. Je veux être beau dans mon esprit en étant empreint d’humilité et de bonté, d’amour et de douceur, de gentillesse et de maîtrise de soi. Donc pour les hommes et les femmes : Consacrez votre énergie — consacrons notre énergie — à devenir un peuple saint, sage, amour, courageux, exaltant Christ de l’intérieur — un dauphin à l’intérieur. Et la mode, je pense, prendra la place secondaire qui lui revient.


Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts