Comment l’estime de soi ruine la lecture de la Bible (Jen Wilkin)
Nous recevons une invitée, Jen Wilkin, épouse, mère, enseignante biblique et auteure du fabuleux livre « Women of the Word : How to Study the Bible with Both Our Hearts and Our Minds » (trad. « Femmes de la Parole : Comment étudier la Bible avec nos cœurs et nos esprits »).
Jen, tu as tweeté ça : « Enseignantes, passons l’accent de “Fille, tu es une fille précieuse du roi” à “Voici ton Roi”. Aidez-leur à lever les yeux. » Cela semble être au cœur même de votre objectif qui consiste à donner aux femmes les moyens de lire leur Bible en entier, de la première à la dernière page. Expliquez-nous ce tweet.
Voici ton Roi
Le sujet numéro un sur lequel on me demande de parler quand les gens m’invitent est celui de l’identité, quelle est mon identité en Christ ? Les femmes sont consumées par la question : « Qui suis-je ? » Et c’est une question légitime.
C’est probablement la question la plus fondamentale que tout être humain puisse se poser, et la Bible n’est pas silencieuse sur cette question. Elle dit que nous portons son image. Nous sommes créés à l’image de Dieu. Mais nous avons du mal à en comprendre les implications.
Non seulement cela, mais parce qu’en tant qu’humains, nous sommes si introvertis, je dirais que la première étape pour devenir un enfant de Dieu est de reconnaître que le centre de l’univers est lui, et non nous.
Je pense que la raison pour laquelle les messages sur l’estime de soi qui sont courants chez les femmes ne tiennent pas est que l’estime de soi, détachée de toute idée de qui est Dieu, n’est simplement pas un message soutenable. Ce message nécessite une réaffirmation constante.
Ce qui nous manque, c’est une vision de Dieu élevée et exaltée. Une fois que nous comprenons que le Dieu qui a cherché à être en relation avec nous est un Dieu transcendant, cela nous oriente à juste titre d’abord vers lui, puis cela nous oriente à juste titre vers nous-mêmes, et ensuite cela nous dirige vers notre prochain. Cela nous aide à comprendre le bon ordre de ces relations afin de vivre le Grand Commandement d’aimer Dieu et d’aimer notre prochain comme nous nous aimons nous-mêmes.
Il est juste de dire que notre manque d’amour-propre nous empêche d’aimer notre prochain. Mais la racine du problème n’est pas que nous ne nous aimons pas correctement ; c’est que nous n’aimons pas Dieu correctement.
Quand nous commençons à aimer Dieu comme nous le devrions, alors notre amour-propre tombe dans la bonne catégorie. Nous comprenons que nous sommes acceptés en Christ, que nous avons reçu une grande grâce, et que Dieu est fidèle à son alliance, que nous soyons fidèles ou non.
Toutes ces idées, toutes ces pensées justes au sujet de Dieu, nous entraînent alors à aimer notre prochain à partir d’une position de grâce parce que nous comprenons à quoi ressemble l’amour à partir d’une position de grâce.
Le langage de la « précieuse fille du Roi » est omniprésent chez les femmes chrétiennes, et bien que je veuille réfléchir à ses implications et poser quelques questions à ce sujet, je ne veux pas minimiser que c’est une belle idée. Je veux juste que l’idée soit encadrée dans la beauté de qui est le Roi, plutôt que dans une mentalité de princesse, dont je pense que nous pourrions tous reconnaître qu’elle n’a fait aucune faveur aux femmes, de quelque variété que ce soit.
Que l’idée vienne de Disney, de contes de fées ou d’autres, la mentalité de princesse n’a pas aidé. Nous sommes de précieuses filles du Roi, mais c’est à cause de la préciosité du Roi que nous pouvons comprendre la signification de cette déclaration.
Dose immédiate
Ce sont de très bonnes pensées. Je pense que la question suivante est liée, ou me semble l’être. Que diriez-vous aux lecteurs de la Bible qui, sur une base régulière, ouvrent leur Bible avec un besoin ressenti dans leur vie, et ensuite vont chercher le verset qui s’applique à ce besoin ressenti ? C’est la façon par défaut pour beaucoup de gens d’aborder la Bible. Qu’en pensez-vous ?
En fait, j’ai un nom pour cette méthode de lecture biblique. Je l’appelle l’approche Xanax de l’Écriture. C’est quand je veux juste soigner mes émotions à l’aide de la Bible.
Selon cette méthode, si j’ai eu une semaine où je me suis sentie anxieuse, alors je vais évidemment écrire Philippiens 4.6 sur une fiche en papier : « Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, dans une attitude de reconnaissance. » Je vais l’écrire. Je vais le répéter comme une incantation sur moi-même et demander au Seigneur de me réconforter à ce sujet.
Ou si je suis épuisée, je vais citer : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et courbés sous un fardeau, et je vous donnerai du repos » (Matthieu 11.28), même s’il s’agit en fait de repos de l’âme et non de repos physique. Mais ça ne va pas me déranger, parce que je suis juste fatiguée, et j’ai juste besoin de quelques réponses.
Ou encore si je me sens laide – c’est le genre de chose que les femmes soulignent en rose dans la Bible – si je me sens laide ou mon pantalon ne me va pas, je vais consulter le Psaume 139 et me dire que je suis merveilleusement faite, environ cinq cents fois.
Et cette lecture de la Bible ne s’arrête pas à l’automédication. Quand je trouve quelque chose qui, à mon avis, me touche et me réconforte, je vais me mettre à distribuer ces médicaments à toutes mes amies via les réseaux sociaux avec ces versets que j’ai trouvés.
Je pense que le problème est que lorsque nous abordons la Bible de cette façon, nous demandons à la Bible de fonctionner selon nos termes, plutôt que de demander au Dieu de la Bible de nous parler selon ses termes.
Je ne connais personne qui passe une mauvaise semaine qui recherche Jérémie 17.9 : « Le cœur est tortueux plus que tout, et il est incurable. Qui peut le connaître ? » De nombreux passages de la Bible ne nous procurent pas une dose immédiate de satisfaction émotionnelle, mais ils servent un but formateur très important en nous.
Quand nous lisons la Bible de cette façon, nous nous retrouvons avec une connaissance parcellaire de la Bible qui n’est finalement d’aucune utilité. Nous n’avons choisi que les passages qui nous rapportent quelque chose immédiatement. Vous n’allez jamais lire le livre du Lévitique si c’est votre approche de la Bible. Vous ne lirez jamais Lamentations. Vous allez vous en tenir aux parties qui vous donnent ce que vous pensez avoir besoin de la Bible, plutôt que de demander au Dieu de la Bible de vous servir à travers sa parole selon ses termes.
C’est brillant et tout à fait exact : « De nombreux passages de la Bible ne nous procurent pas une dose immédiate de satisfaction émotionnelle, mais ils servent un but formateur très important en nous. » Je tweeterai ça dès qu’on aura fini. Jen, notre temps s’achève. Encore une fois, le livre de Jen, « Women of the Word » (trad. « Femmes de la Parole »), a atteint l’âge de quatre ans et s’est vendu à 200 000 exemplaires imprimés. Mais ce n’est pas seulement pour les femmes. Comme tu aimes le dire aux hommes : « Enlève la couverture et lis-le, mon frère. »
Enlève la couverture, mon frère, c’est ça. C’est tout ce que tu as à faire. Il se peut que vous deviez chercher sur Google l’une ou l’autre expression ayant attrait au monde féminin pour comprendre ce à quoi cela fait référence, mais à part ça, tout devrait bien se passer.
Et bien, Jen, merci !
Merci de m’avoir invitée.
Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts