Comment mieux étudier un passage biblique ? (John Piper)
La question d’aujourd’hui vient de Deborah de Kalamazoo, au Michigan : « Bonjour, pasteur John, je vous ai entendu parler de “arcing”. Pouvez-vous m’expliquer les principes de base de ce qu’est l’“arcing” et ce que nous pouvons apprendre de cette pratique ? Cela constituera mon introduction à cette pratique, donc le plus simple sera le mieux. Et si vous avez un exemple simple pour tout expliquer, ce serait génial. »
Avec grand plaisir. Permettez-moi d’essayer d’être simple parce qu’à la base, c’est simple. L’« arcing » consiste à prendre un paragraphe de l’Écriture, une unité de l’Écriture, disons simplement un paragraphe, à le décomposer en des propositions individuelles et à voir comment ces propositions se rapportent les unes aux autres de façon logique.
L’une est-elle la cause de l’autre ? L’une est-elle le résultat de l’autre ? Est-ce que l’une explique l’autre ? L’« arcing » a pour but d’examiner les relations existant entre les différentes propositions d’un paragraphe donné, puis de regrouper toutes ces propositions en fonction de ces relations, de sorte que nous puissions voir la chose principale que dit le paragraphe, et comment chacune de ces parties individuelles du paragraphe, ces propositions, fonctionnent pour le soutenir et l’expliquer.
Examiner le texte
Ensuite, l’« arcing » permet de préserver ce que l’on a examiné avec une sorte de dessin du texte, chaque proposition ayant un « arc » et chaque relation ayant un symbole. Lorsque vous avez terminé, vous pouvez le ranger et vous souvenir de tout ce que vous avez vu la prochaine fois que vous voulez étudier le passage.
Il n’y a rien de vraiment mystérieux là-dedans. Nous parlons ainsi tout le temps, surtout lorsque nous essayons d’être clairs et d’expliquer quelque chose à quelqu’un. Nous essayons de faire valoir un argument, puis nous disons d’autres choses pour l’expliquer ou le soutenir. Nous le faisons instinctivement. Nous arrivons à communiquer plutôt bien au quotidien.
Ce que l’« arcing » fait, c’est nous forcer à réfléchir à ce que nous faisons, et à ce que font les auteurs bibliques, juste pour s’assurer que nous ne manquons rien de ce qu’ils essaient de nous montrer. La grande valeur de l’« arcing », c’est qu’il nous oblige surtout à observer, à observer, à observer et à observer le texte, à réfléchir et à penser au texte.
Paul a dit dans 2 Timothée 2.7 : « Comprends ce que je dis, et que le Seigneur te donne en effet de l’intelligence en toute chose. » Afin de tirer le meilleur parti d’un passage, nous devons l’examiner attentivement et en détail et y réfléchir. Ensuite, nous devons reconstruire l’argument dans notre tête, ou sur papier et l’écrire pour ne pas l’oublier.
Comment ça marche
Voici un exemple pour vous donner une idée. Romains 1.15-17. Voici ce qui est écrit : « Ainsi j’ai un vif désir de vous annoncer aussi l’Évangile, à vous qui êtes à Rome. En effet, je n’ai pas honte de l’Évangile : c’est la puissance de Dieu pour le salut de tout homme qui croit, du Juif d’abord, mais aussi du non-Juif. En effet, c’est l’Évangile qui révèle la justice de Dieu par la foi et pour la foi. »
Il y a ici quatre propositions. Paul nous donne des indices sur la façon dont ils sont liés par les mots qu’il utilise pour les relier. Dans ce cas, il se trouve que ce sont les mots « en effet ». Chacune de ces propositions est soulignée par un « arc ». Vous obtenez quatre « arcs ». Nous essayons alors de déterminer quel est le point principal, pas nécessairement la réalité la plus importante, mais le point principal qui représente la conclusion, ce que tout le reste soutient dans le passage.
Passons en revue ces quatre propositions et voyons si nous pouvons reconstruire l’argument. « Ainsi j’ai un vif désir de vous annoncer aussi l’Évangile, à vous qui êtes à Rome ». C’est la proposition numéro un.
Voici la proposition numéro deux. « En effet » ou « parce que », voilà le soutien ou la raison : « En effet, [ou parce que] je n’ai pas honte de l’Évangile ». Une des raisons pour lesquelles il veut prêcher l’Évangile à Rome est qu’il n’a pas du tout honte de l’Évangile.
Vient ensuite la troisième proposition, qui est donnée comme un support ou un argument ou une base pour expliquer pourquoi il n’a pas honte de l’Évangile. « C’est la puissance de Dieu pour le salut de tout homme qui croit ». C’est la troisième proposition. Nous avons maintenant trois propositions.
Les deux dernières propositions constituent les arguments en faveur de la première. Si on reformule le tout à l’envers, on peut l’entendre encore plus clairement. Quand vous procédez à l’inverse, un « parce que » devient un « donc ». « L’Évangile est la puissance de Dieu pour le salut de tout homme qui croit. Par conséquent, je n’en ai pas honte du tout. Par conséquent, j’ai hâte de prêcher l’Évangile à vous qui êtes à Rome. »
Puis il y a une dernière proposition importante, un autre élément dans l’argument de Romains 1.17. Il donne la raison ou la base, l’argument pour lequel l’Évangile est la puissance de Dieu pour le salut de tout homme qui croit. Il dit. « En effet [ou parce que], c’est l’Evangile qui révèle la justice de Dieu par la foi et pour la foi. »
Paul donne un argument en trois étapes enracinées dans la nature même de l’Évangile pour expliquer pourquoi il est si impatient d’annoncer l’Évangile à Rome. Je vais le lire à l’envers pour que vous puissiez entendre comment fonctionne l’argument.
Dans l’Evangile, la justice de Dieu est révélée comme une justice salvatrice qui est comptée en notre faveur par la foi. C’est la première proposition. Par conséquent, cet Évangile est la puissance de Dieu pour les pires des pécheurs, juifs ou non-juifs, par la foi, pour quiconque croit. Voici la troisième proposition : par conséquent, je n’ai pas honte de l’Évangile. Dernière proposition : par conséquent, j’ai hâte de prêcher l’Évangile à vous qui êtes à Rome.
Voir la beauté du texte
C’est essentiellement ce que nous réalisons en utilisant la méthode d’« arcing ». Nous prenons une unité de l’Écriture et nous identifions ses propositions individuelles. Ensuite, nous identifions les relations entre ces propositions, puis nous reconstruisons les arguments afin de voir ce qu’est le point principal, l’idée principale qu’il essaie de soutenir avec toutes ces autres propositions.
Je vous promets – c’est une promesse – je vous promets que si vous commencez à réfléchir aux passages des Écritures de cette façon, non seulement vous verrez beaucoup plus de ce qui est vraiment là et que vous pourriez avoir manqué autrement, mais votre assurance d’avoir vu la vérité de Dieu sera renforcée de manière significative. Si Dieu le veut, et je pense qu’il le veut, vous irez en profondeur avec lui, et vous le connaîtrez comme vous ne l’avez jamais connu auparavant. La parole de Dieu est une mine d’or pleine de richesses que nous devons découvrir en tournant ses pages et en en retraçant sa logique.
Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts