Comment perd-on le contact avec Dieu ? (John Benton)

Le principe général (Malachie 2:10) 

Dieu ne retire pas sa bénédiction à un peuple par simple caprice ou par fantaisie. Quand il ne semble plus répondre à nos prières, il le fait pour une raison. Il veut parfois nous enseigner la patience et la persévérance, et nous donner l’occasion de lui montrer quelle valeur nous attachons à sa présence et à sa bénédiction et combien nous les désirons (Luc 18:1-18).

Mais, plus souvent, la raison tient en ce qu’il y a dans notre vie quelque péché dont nous avons conscience mais dont nous sommes réticents à nous séparer. Dieu ne nous demande pas d’être sans péché avant de répondre à nos prières. Sinon, jamais personne n’obtiendrait de réponse à ses prières, car nul n’est parfait ici-bas.

La tolérance vis-à-vis du péché

Mais la réponse de Dieu dépend du sérieux avec lequel nous cherchons à combattre le péché dans notre vie. Ce n’est pas la présence du péché, mais la tolérance vis-à-vis de ce péché qui ferme la communication avec le ciel. «Si j’avais conçu l’iniquité dans mon cœur, le Seigneur ne m’aurait pas exaucé. Mais Dieu m’a exaucé, il a été attentif à la voix de ma prière» (Psaume 66:18).

Quel péché particulier pouvait tellement affecter les voies de communication avec Dieu au temps de Malachie ? En analysant la situation de son époque, le prophète commence par rappeler au peuple un principe général qu’on retrouve dans toute l’Écriture. Le livre de Malachie commence par rappeler à Israël que sa dégénérescence spirituelle prend place dans le contexte de l’amour de Dieu pour lui. «Je vous ai aimés, dit l’Éternel» (1:2).

Et quand ils viennent lui demander pourquoi Dieu ne semble pas écouter leurs prières, Malachie rappelle aux Juifs que l’amour particulier de Dieu pour leur nation renferme une implication profonde. Au verset 10, il pose trois questions pour la forme, simples et dont les réponses établissent le principe général qu’il veut leur rappeler. «N’avons-nous pas tous un seul père ?» On peut se demander si Malachie parle ici de Dieu ou d’Abraham (en tant que père de la nation). Quoi qu’il en soit, cela revient au même.

Une même famille

La nation d’Israël a un seul père. Tous dans le peuple, grands et petits, font partie de la même famille. Ils sont un au regard de Dieu. «N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ?» Il est probable que Malachie ne pense pas à la Genèse en parlant ainsi, mais plutôt au moment où Dieu créa la nation juive en établissant avec eux l’alliance du Sinaï. En tant que peuple et nation, ils ont tous la même origine. Ils sont une seule création.

Malachie déclare que, dans le monde, Dieu possède un peuple (Israël alors, l’Église maintenant), avec lequel le lie une relation spéciale. Il s’ensuit qu’en vertu de cette relation avec Dieu, une relation spéciale les lie tous les uns aux autres. Ils ont le même Dieu et le même Père ; ils sont donc un, ils constituent une unité. Malachie pose alors une dernière question dans laquelle il tire les conséquences pratiques de tout cela. «Pourquoi donc sommes-nous infidèles l’un envers l’autre, en profanant l’alliance de nos pères ?»

Ils se mentent les uns aux autres et, par leur infidélité, ils violent l’unité du peuple de Dieu. En conséquence, ils violent aussi l’alliance que Dieu a établie avec leurs pères. Les membres du peuple de Dieu font preuve d’infidélité les uns envers les autres. En transgressant ainsi, dans cette perspective du peuple de Dieu, ils pèchent contre Dieu lui-même. En outre, ils tolèrent ce péché, ce qui provoque Dieu à ne plus répondre à leurs prières. Nous avons une responsabilité de fidélité et d’honnêteté envers tous, mais d’une manière plus particulière envers le peuple de Dieu.

Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu

La Bible répète cette promesse fréquemment et sous diverses formes : «Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu» (cf. Ézéchiel 36:28 ; Apocalypse 21:3). À beaucoup d’égards, cette phrase résume le but divin pour toute l’histoire humaine. L’histoire remarquable que la Bible révèle raconte comment Dieu persévère dans ce dessein, en dépit de la rébellion de l’homme et de sa chute dans le péché, et comment maintenant encore il cherche, trouve et rassemble un peuple.

C’est peut-être dans ce contexte que la gravité du péché de désunion inutile dans le peuple de Dieu se comprend le mieux, désunion qui se manifeste chaque fois que l’un ou l’autre pèche contre son frère. De tels péchés se mettent en travers des buts mêmes de Dieu. Malachie expose donc ici le principe général selon lequel on perd le contact avec Dieu quand on entretient des relations déloyales les uns avec les autres au sein du peuple de Dieu. Le fait de violer à mauvais dessein l’unité de l’Église étouffe la bénédiction divine.

Si un organe se coupe du reste du corps, il meurt

L’image du Nouveau Testament, qui présente l’Église comme un corps, est une aide utile pour comprendre cela. Si un organe se coupe du reste du corps, il meurt. Si, en utilisant une machine, quelqu’un se coupe un doigt, alors, à défaut d’une intervention très rapide et d’un recours aux merveilles de la microchirurgie moderne, ce doigt meurt. Ou bien encore, l’Église ressemble à un feu dans l’âtre. Le morceau de charbon qui tombe hors du feu se refroidit très rapidement. Quelqu’un qui n’entretient pas sa communion avec les frères s’écarte de Dieu.

Une église locale peut mourir en se coupant sans nécessité de la communion avec d’autres chrétiens. Une attitude fausse envers d’autres chrétiens authentiques dont la vision des choses diffère quelque peu de la mienne peut terriblement endommager ma communion avec Dieu. On perd le contact avec Dieu en adoptant des attitudes de péché envers d’autres membres de son peuple.


Cet article est adapté du livre : « Où est l’honneur qui m’est dû ? » de John Benton