Comment prendre soin de ma femme dépressive ? (John Piper)

Dans ce podcast, nous parlons beaucoup de la joie. Et cela signifie que nous répondons à de nombreuses questions nécessaires sur l’absence de joie. Nous avons également parlé dans le passé du rôle des maris dans la création de la joie dans leur propre foyer. Mais qu’en est-il lorsque cette tâche semble particulièrement impossible ? C’est une question d’un homme anonyme.

« Bonjour, Pasteur John. J’aimerais avoir vos conseils pour mon mariage. Ma femme et moi sommes mariés depuis près de dix-huit ans et avons trois jeunes enfants. De son propre aveu, ma femme est une personnalité de type “Bourriquet” (dans Winnie l’ourson). Il y a des saisons où sa morosité, voire sa dépression, persiste et a un impact significatif sur la joie de notre foyer. Je ne sais pas comment l’aider. Lorsque j’essaie d’aborder le problème avec elle, elle finit par avoir le sentiment d’être un échec et s’enfonce encore plus bas. Que puis-je faire pour l’aider, pasteur John ? Je suis engagé dans notre alliance de mariage et je souhaite qu’elle et notre famille s’épanouissent. »

En réfléchissant et en priant sur cette situation – et je connais plusieurs mariages comme celui-ci, des mariages longs comme celui-ci, même des mariages où il y a eu des hospitalisations à répétition pour un conjoint dépressif – j’ai pensé à dix conseils que je partagerais avec ce mari anonyme. Et certains d’entre eux sont très courts et d’autres un peu plus longs, alors laissez-moi les parcourir rapidement.

1. Rendez grâce pour sa grâce.

Joignez-vous à moi, mon frère, pour rendre grâce à Dieu de vous avoir accordé la grâce de dix-huit années de fidélité. C’est une belle chose, qui honore Christ. C’est mon premier conseil. Il est extraordinaire que Dieu vous ait amené jusqu’ici, et que vous vous souciez d’elle et vouliez être une bénédiction pour elle.

2. Sachez qu’elle est faite pour vous.

Chassez de votre esprit toute pensée que vous pourriez être marié à la mauvaise personne. La meilleure façon de savoir si vous êtes marié à la bonne personne est de regarder le nom qui figure sur votre certificat de mariage. Si c’est son nom, c’est la volonté de Dieu pour votre vie.

3. Souvenez-vous que Dieu fait croître.

Reconnaissez que certains chrétiens ne croîtront jamais dans cette vie au-delà de certaines limites. Je ne dis pas cela parce que Dieu ne peut pas le faire – et en effet il pourrait le faire – mais parce que 1 Thessaloniciens 5.14 dit : « Avertissez ceux qui vivent dans le désordre, réconfortez ceux qui sont abattus, soutenez les faibles, faites preuve de patience envers tous. »

Paul semble dire qu’il y aura toujours ce genre de diversité de faiblesse parmi les croyants – non pas que cela devrait être le cas, mais que cela sera toujours le cas. Dieu accorde la foi et la croissance en fonction de sa propre sagesse impénétrable. Paul dit cela dans Romains 12.3. En d’autres termes, Dieu veut peut-être que vous guidiez votre femme, non pas à vaincre sa dépression, mais à vivre avec sa dépression jusqu’au bout.

4. Persévérez dans la patience et la douceur.

On trouve un principe de patience dans le cadre de la souveraineté de Dieu dans 2 Timothée 2.24-25 :

Il ne faut pas qu’un serviteur du Seigneur ait des conflits. Il doit au contraire être plein de bienveillance envers tous, capable d’enseigner et de supporter l’opposition. Il doit corriger avec douceur les adversaires : peut-être Dieu leur donnera-t-il de changer d’attitude pour connaître la vérité.

En d’autres termes, même s’il ne s’agit pas de mariage et de dépression, il y a un principe ici : la bonté, la patience, la douceur, la volonté d’endurer le malheur peuvent rendre le changement possible. Que ce soit le cas ou non, c’est notre vocation d’être ainsi.

5. Soyez fidèle à votre vocation.

Notre vocation de mari est claire dans Colossiens et Éphésiens.

Maris, aimez votre femme et ne vous aigrissez pas contre elle. (Colossiens 3.19)

Maris, aimez votre femme comme Christ a aimé l’Église. Il s’est donné lui-même pour elle. (Éphésiens 5.25)

C’est notre vocation, même si elle a peu d’effet sur nos épouses. Que cela soit bien clair : Christ est marié à une femme, l’Église – y compris nous, les maris – qui respecte bien moins le commandement de l’aimer de tout notre cœur que nos femmes ne respectent les attentes que nous avons.

En d’autres termes, nous ne sommes pas à la hauteur de ce que Christ mérite de notre part, alors que nos femmes ne sont pas à la hauteur de ce que nous méritons ou espérons. Aucun mari n’est promis à une femme joyeuse. Ce n’est pas dans la Bible, peu importe combien il choisit de prier au début de cette relation.

6. Dirigez avec l’aide des habitudes de la grâce.

Demeurez avec elle comme un leader patient et doux dans les disciplines de la grâce, même si sa réponse émotionnelle semble terne. C’est-à-dire, lisez les Écritures avec elle, parlez-lui des promesses de Dieu tous les jours – pas des critiques, mais des promesses. Priez pour elle avec douceur et à voix haute pour sa joie et sa force, mais pas de manière « pédagogique » ou condescendante. N’utilisez pas la prière comme un moyen indirect de la châtier ou de l’instruire.

Emmenez-la à l’Église et asseyez-vous avec elle pendant le culte. Indiquez-lui des passages de l’Écriture qui montrent que les saints traversent les ténèbres, comme Michée 7.8 :

Ne te réjouis pas à mon sujet, mon ennemie,

car si je suis tombée, je me relèverai ;

si je suis assise dans les ténèbres,

l’Éternel sera ma lumière.

Vous n’avez aucune idée de ce que les effets à long terme du maintien des disciplines spirituelles de la grâce peuvent réaliser.

7. Nourrissez votre propre âme.

Ne négligez pas de nourrir votre propre âme avec la Parole de Dieu. Faites-le seul, et faites-le avec un groupe de frères – pas un grand groupe, mais quelques amis de confiance qui peuvent prier pour vous, écouter vos peines, porter vos fardeaux et vous exhorter à maintenir le cap avec joie.

8. Cherchez à obtenir de sages conseils.

Si cela lui paraît adéquat, et si elle le souhaite, encouragez-la à demander l’aide d’un conseiller chrétien sage, imprégné de la Bible et mature dans la prière. Il ou elle pourra peut-être discerner des obstacles à sa joie que vous auriez pu manquer et qu’elle aurait pu manquer.

9. Embrassez ce que Dieu vous a donné.

Apprenez des Écritures et des histoires de mariages difficiles que le Seigneur a de bonnes raisons pour vos épreuves. Prenez, par exemple, le mariage d’Abraham et de Mary Lincoln. Ce n’était pas un mariage heureux. Il comportait de nombreux défauts. Nous pouvons en parler dans un autre épisode de « Pasteur John vous répond ». Mais permettez-moi de me concentrer un instant sur la question qui nous occupe : le plan de Dieu pour Abraham Lincoln dans un mariage très difficile avec une femme qui, d’après Mark Noll, se mettait souvent en colère.

Elle poussait sans cesse Lincoln à rechercher de hautes fonctions publiques ; elle se plaignait sans cesse de leur pauvreté ; elle dépassait sans vergogne son budget, tant à Springfield qu’à la Maison-Blanche ; elle maltraitait ses domestiques comme s’ils étaient des esclaves (et s’en prenait à Lincoln lorsqu’il essayait de les payer davantage en cachette) ; elle l’a agressé à plusieurs reprises (avec du bois de chauffage, avec des pommes de terre) ; elle l’a probablement poursuivi une fois avec un couteau dans leur jardin à Springfield ; et elle a traité ses contacts occasionnels avec des femmes séduisantes comme une menace directe, alors qu’elle-même flirtait constamment et s’habillait pour séduire. (The Struggle for Lincoln’s Soul [trad. La lutte pour l’âme de Lincoln], Books and Culture, vol. 1, no. 1)

Mais les deux sont restés mariés. Noll se demande : « Qu’est-ce qu’ils avaient à gagner en restant mariés ? » Et il donne deux suggestions historiques. Comment se fait-il que Lincoln, lorsqu’il était président des Etats-Unis, ait pu travailler aussi efficacement avec les ego démesurés qui remplissaient son administration ? « Les longues années passées à traiter avec sa femme tumultueuse l’ont aidé à se préparer à gérer les personnes difficiles qu’il rencontrait en tant que président ». En d’autres termes, toute une nation a bénéficié de son acceptation de cette douleur.

Et deuxièmement : « Sur les lents feux de la misère qu’il a appris à maintenir au fond de lui et sous une forte pression, ses qualités naturelles de patience, de tolérance, d’indulgence et de pardon ont été tempérées et raffinées. » En d’autres termes, embrassez ce que Dieu vous a donné et soyez rendu fort dans la lente chaleur du feu qui raffine.

10. Souvenez-vous de la joie qui vous attend.

Imaginez la reconnaissance de votre femme lors de la résurrection, lorsqu’elle aura été libérée et repensera à la patience et à la gentillesse remarquable dont vous avez fait preuve pendant des décennies.

À présent, elle n’a même pas les moyens émotionnels de vous répondre comme elle le devrait et comme vous le souhaitez. Mais un jour, à la résurrection, elle aura cette capacité, et le souvenir de votre patience fera partie de votre joie.


Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts