Comment suivre la volonté de Dieu face à deux bonnes options ? (John Piper)
Nous sommes le 14 octobre au moment de la diffusion du podcast. Cette date marque le quarantième anniversaire de la lutte nocturne de Pasteur John pour une décision importante : doit-il quitter l’université en tant que professeur pour s’engager dans un pastorat à plein temps ? Pasteur John, ramenez-nous à cette saison de votre vie. Nous avons une question d’une auditrice nommée Vanessa, et je pense qu’elle est liée :
« Bonjour, Pasteur John. J’espère que vous allez bien. Ma question est la suivante : Dieu a-t-il un plan précis pour ma vie, ou ai-je la liberté de choisir ce que je veux faire et Dieu œuvrera au travers de ce choix ? Deux bonnes options de carrière s’offrent à moi. Ni l’une ni l’autre ne serait mauvaise ou pécheresse. Face à deux bonnes options, comment avez-vous pris des décisions sur la direction de Dieu dans de tels cas ? »
Tony, c’était vraiment émouvant pour moi que tu m’obliges à y réfléchir. Je ne savais pas, jusqu’à ce que tu me le fasses remarquer, que nous approchions du quarantième anniversaire de cette nuit d’octobre 1979 où Dieu a fait un travail si extraordinaire dans ma vie. C’est incroyable. Quelle nuit ce fut.
J’ai donc devant moi, sur mon bureau les véritables pages manuscrites du volume 25 de mon carnet de pensées, que j’ai commencé à conserver en 1966. Et celui-ci est daté de juin à novembre 1979. Il contient donc cette nuit historique (pour moi personnellement) du 14 octobre. Je vais en lire une partie dans une minute, mais d’abord un mot sur la question de Vanessa.
Six étapes pour redresser votre voie
« Dieu a-t-il un plan précis pour ma vie, ou ai-je la liberté de choisir ce que je veux faire et Dieu œuvrera au travers de ce choix ? Deux bonnes options de carrière s’offrent à moi ». C’est ce qu’elle dit. La volonté souveraine de Dieu pour votre vie, Vanessa, va se réaliser quoi qu’il arrive. « L’esprit d’une femme planifie son chemin, mais le Seigneur dirige ses pas. » C’est une paraphrase des Proverbes 16.9 et 19.21. Appliquez-la à vous-même. Vous planifiez, il dirige. C’est bien de planifier, mais il est décisif. Sa volonté révélée – sa volonté qui commande, la volonté qu’il nous révèle – est ce qu’il nous dit de faire dans l’Écriture. Vous devriez toujours poursuivre cette volonté – toujours.
Mais ces commandements ne précisent pas explicitement quelle carrière choisir. Alors, que faisons-nous ? Nous faisons six choses :
- Nous nous efforçons d’être radicalement saints dans tous les aspects de notre vie.
- Nous cherchons à être saturés par la Bible, façonnés de part en part par l’Écriture.
- Nous cherchons à nous connaître nous-mêmes, à connaître la façon dont Dieu nous a faits, nos dons spirituels.
- Nous cherchons à être conscients des besoins du monde que nous pourrions toucher.
- Nous plongeons tout cela dans la prière chaque jour pour demander la sagesse et la direction de Dieu. Le Psaume 25 est particulièrement précieux à cet égard.
- Dans ce processus, nous vivons dans une communauté, une église qui nous aime, de sorte qu’à chaque étape du chemin, les autres croyants s’expriment dans nos vies.
Et puis, avec ces six étapes en place, viennent ces moments critiques dans nos vies où deux chemins se présentent à nous, et aucun des deux ne revient à pécher.
Professeur ou pasteur ?
L’un de ces moments critiques pour moi – l’un des moments les plus importants de ma vie – a été minuit, presque, le 14 octobre 1979. J’aimerais donc vous lire quelques extraits des sept ou neuf pages que j’ai écrites pour que vous puissiez comprendre comment Dieu a utilisé ma lutte, et que cela puisse vous éclairer sur votre propre lutte.
J’ai été employé comme professeur à « Bethel College ». J’y enseignais la Bible. J’y travaillais depuis six ans, et la question était la suivante : vais-je quitter ce travail très heureux et fructueux et chercher un pastorat, ce que je n’avais jamais fait auparavant ? Ce sont deux bonnes options, n’est-ce pas ? Voici donc ce que j’ai écrit :
Archives du journal de John Piper, 14 octobre 1979
Je suis plus proche ce soir de la décision de démissionner de Béthel et de devenir pasteur que je ne l’ai jamais été. Je ne plaisante pas, l’envie est presque irrésistible. Elle prend cette forme : je suis captivé par la réalité de Dieu et par le pouvoir de sa parole de créer des personnes authentiques. Et je crois, je crois vraiment, que Dieu a fait de moi un réceptacle de sa parole, qui, lorsqu’elle est déversée sur les gens, les change dans ce sens. Mais je ne me fais pas trop d’illusions. Je sais, je sais vraiment, que je serais désespéré en tant que pasteur, je désespérerais que mon peuple ne soit pas là où je veux qu’il soit. Je désespérerais de ne pas pouvoir étudier autant et de ne pas pouvoir atteindre mes objectifs d’écriture, je désespérerais de la stérilité des détails administratifs.
Qu’est-ce que je perdrais ?
Qu’est-ce que je perdrais alors ? Je perdrais la simplicité de la tâche et la routine de la vie universitaire. Ma vie et mon temps seraient bien moins les miens.
Je perdrais la sérénité des heures d’études non perturbées et des heures de loisir que je peux prendre parce que les besoins du troupeau sont imprévisibles.
Je perdrais le calme de l’étude et l’échangerais contre des heures en voiture en route vers l’hôpital et vers des foyers.
Je perdrais une responsabilité uniforme et serais submergé par des dizaines de tâches différentes, dont beaucoup, sans doute, seraient de mauvais goût, à moins et jusqu’à ce que mon palais change.
Je perdrais la stimulation collégiale de mes collègues théologiens en échange d’un ministère épuisant pour ceux qui sont affamés.
Je perdrais une occupation presque totale avec les sujets théologiques et hériterais d’une pression provenant de programmes et de diverses fonctions.
Je perdrais la facilité de ne pas avoir à faire face à un échec visible. Si j’échoue avec les étudiants, ils passent rapidement. Mais dans une église, je dois tenir compte de la possibilité que rien ne se passe, que les gens soient mécontents, que personne ne soit gagné pour Christ, que les vieilles animosités ne soient pas guéries.
Quel choix prendre ?
Si je ne pense qu’à toutes les possibilités sataniques, je désespère déjà. Mais est-ce une façon de faire un choix ? Grand Dieu, qu’est-ce que la foi si ce n’est de te faire confiance pour l’œuvre de transformation de la vie que ton Esprit accomplit par le ministère de la parole ?
Je pense que ce qui s’est passé est une clarification progressive de mes plus hautes valeurs et de la manière la plus fructueuse de les atteindre. Ces valeurs sont de voir la parole de Dieu produire des personnes d’une grande foi et d’un grand amour. C’est pourquoi Paul est resté et n’a pas mis les voiles pour Christ dans Philippiens 1 : « Je sais que je resterai et demeurerai avec vous tous, pour votre progrès et votre joie dans la foi. », a-t-il dit (voir Philippiens 1.25). C’est ainsi qu’il a magnifié Christ dans son corps par la vie, et c’est là mon plus grand objectif : magnifier, exalter et manifester Christ dans le monde et dans le ciel en voyant les gens transformés en de nouvelles créatures d’amour et de foi par sa parole et son Esprit.
Mon désir
Ce moment d’indécision est réel et me donne l’impression d’être sur le point de faire quelque chose qui pourrait être si révolutionnaire pour moi et pour un groupe de personnes que je ne veux pas qu’il soit mis de côté maintenant et que je dise : « Oh, ça va passer. On a tous déjà ressenti cela auparavant, on s’en remet. On réalise que ce n’était qu’un moment de fantaisie insatisfaite. » Non, la récurrence est maintenant trop fréquente, et ce soir (il est presque minuit maintenant) trop forte. Je vais demander conseil et prier. Mon dernier mot est le suivant. Je ne peux pas me décider maintenant. Mais je sais quel côté je désire voir l’emporter : le pastorat.
Dieu vous guidera
C’est la fin de mon journal. Et avant que je me couche, peut-être une heure plus tard, les dés étaient jetés. Il ne restait plus qu’à voir si ma femme, Noël, ressentait la même chose le matin, et ce fut le cas.
Et en juin de l’année suivante, nous avons commencé un pastorat de 33 ans à Bethléem. C’est ainsi que cela s’est passé pour moi. Dieu est fidèle. Alors, Vanessa, qu’il vous guide. Il vous guidera.
Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts