Dieu veut-il que je sois heureux ou saint ? (John Piper)

Dieu veut-il que je sois heureux ? Ou Dieu veut-il que je sois saint ? Quelle est la priorité ? Une telle question est vraiment vitale. Cette fois-ci, il s’agit d’un courriel d’une auditrice nommée Megan.

Megan écrit : « Bonjour, pasteur John ! Je vous suis quand vous dites que l’hédonisme chrétien dit que mon bonheur n’est pas en contradiction avec la volonté de Dieu pour moi. Mais qu’en est-il de la sombre saison des épreuves ? En ces saisons, il semble que mon bonheur ne soit pas aussi significatif que l’intention de Dieu de faire grandir ma sainteté. Comment décririez-vous la douleur des épreuves à la lumière de l’hédonisme chrétien et du désir de Dieu pour ma joie ? »

Plaisirs éphémères

Si la vie humaine en dehors de Christ et du salut ne procurait aucun bonheur, et si le but de Dieu était de nous faire passer de la condition du bonheur zéro au grand bonheur en Dieu, je soupçonne que Dieu n’aurait pas besoin de nous discipliner ou d’introduire dans nos vies des épreuves afin de nous amener à vivre le bonheur suprême en lui. Mais ce n’est pas le monde réel.

La vie humaine en dehors de Christ et du salut ne consiste pas en un bonheur zéro. Elle consiste en mille expériences de bonheur sans Dieu. Quand Pierre décrit la vie pré-chrétienne parmi les païens de son temps, il dit qu’elle consiste à vivre « dans les désordres, les convoitises, l’ivrognerie, les orgies et autres beuveries ainsi que dans les idolâtries criminelles » (1 Pierre 4.3). En d’autres termes, le monde extérieur à Christ regorge de ce que Hébreux 11.25 appelle « la jouissance momentanée du péché ».

Quand Dieu nous sauve, nous conduit en relation avec Christ, nous déclare justes, nous justifie en union avec lui par la foi, il ne travaille pas avec des gens qui n’ont aucun bonheur et qui ont besoin d’en recevoir. Il travaille avec des gens qui ont mille expériences de plaisir et de bonheur qui ne sont pas enracinées en Dieu.

Ces plaisirs ne découlent pas de la vue de la gloire de Dieu. Ces gens n’abondent pas d’actions de grâces envers Dieu pour sa bonté. Ils ne reflètent pas le caractère de Dieu et sa sainteté.

Je n’y avais jamais pensé de cette façon auparavant. C’est incroyable. Par la conversion, Dieu a maintenant dans sa famille, dans sa maison, des enfants qui sont profondément contaminés. Nous sommes tous profondément contaminés par le monde dont il nous sauve, parce que nous trouvons encore tant de plaisir en dehors de Dieu, de ses voies et de sa volonté.

Nouveaux plaisirs

Éphésiens 4.22 dit :

« On vous a enseigné à vous débarrasser du vieil homme qui correspond à votre ancienne manière de vivre et se détruit sous l’effet de ses désirs trompeurs. »

En d’autres termes, le processus de sanctification, le processus consistant à devenir saint, est le processus consistant à cesser d’avoir des désirs pécheurs et à croître dans notre joie de désirs saints.

En d’autres termes, la sainteté est la nouveauté du cœur humain qui ne trouve plus le péché et le moi plus désirables que Dieu et la bonté. Devenir saint, être sanctifié, n’est pas autre chose que de devenir heureux en Dieu. La sanctification est précisément l’œuvre divine par laquelle nous sommes affranchis des plaisirs du monde pour nous tourner vers les plaisirs de Dieu.

Le bonheur parfait

Voici un point important. Quand Megan dit : « En ces saisons sombres d’épreuves, il semble que mon bonheur ne soit pas aussi significatif que l’intention de Dieu de faire grandir ma sainteté. » Cela montre une grave confusion sur ce qu’est la sainteté.

Elle traite la sainteté comme une chose et son bonheur comme une autre chose. Elle traite la sainteté comme une chose, que Dieu poursuit à travers les saisons sombres – et c’est exactement cela – et elle traite le bonheur comme une chose séparée, que Dieu semble négliger en ces saisons sombres. Ce n’est pas ainsi que la Bible voit la sainteté et le bonheur. Cette phrase est la plus importante qui soit : La sainteté est la condition du cœur dans laquelle Dieu est notre plus grand bonheur. C’est ça, la sainteté.

Le cœur impie est le cœur qui trouve Dieu ennuyeux ou offensant ou qui trouve des fautes en lui. Le cœur saint voit Dieu comme son trésor suprême et est suprêmement satisfait en Dieu. Quand nous serons parfaitement saints, nous aurons une satisfaction parfaite. Cela viendra un jour au paradis.

Gain douloureux

Hébreux 12 décrit la discipline de Dieu envers ses enfants comme Megan la conçoit. Elle a raison. Le but est de nous sanctifier. Il est dit que Dieu nous discipline. Dieu nous discipline pour notre bien, afin que nous puissions partager sa sainteté. C’est Hébreux 12.11 :

« Certes, au premier abord, toute correction semble un sujet de tristesse, et non de joie, mais elle produit plus tard chez ceux qu’elle a ainsi exercés un fruit porteur de paix : la justice. »

Remarquez deux ou trois choses. La sainteté qu’il poursuit à travers cette discipline est un fruit porteur de paix. C’est donc un fruit doux, reposant et agréable. C’est l’objectif. Quand il dit que la discipline semble plus douloureuse qu’agréable, il ne veut pas dire que la discipline ne fait pas mal. Ce ne serait pas de la discipline si la fessée ne faisait pas mal. Il souligne le fait que le résultat est vraiment agréable et non douloureux.

C’est l’objectif. Le but de la sainteté est le plaisir suprême en Dieu qui brise tous les plaisirs éphémères du péché. Il coupe la racine de tous ces autres plaisirs pour qu’ils perdent leur pouvoir et qu’ils ne nous contrôlent plus. Alors nous marchons dans une douce obéissance à Jésus parce qu’il est venu pour satisfaire nos cœurs.

C’est pourquoi Jacques dit :

« Mes frères et sœurs, considérez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que la mise à l’épreuve de votre foi produit la persévérance » (Jacques 1.2-3).

Paul dit :

« Bien plus, nous sommes fiers même de nos détresses, sachant que la détresse produit la persévérance, la persévérance la victoire dans l’épreuve, et la victoire dans l’épreuve l’espérance » (Romains 5.3-4).

L’espoir, bien sûr, est une émotion joyeuse.

Aucun autre plaisir ne fera l’affaire

Ma réponse à la dernière question de Megan « Comment décririez-vous la douleur des épreuves à la lumière de l’hédonisme chrétien et du désir de Dieu pour ma joie ? » est la suivante : la douleur de toutes les épreuves dans la vie des enfants de Dieu a effectivement pour but leur sainteté.

C’est vrai parce que la sainteté consiste précisément à abandonner dans le cœur les plaisirs éphémères du péché et à grandir dans la jouissance des plaisirs permanents de Dieu. C’est ça, la sanctification. C’est ce que Dieu fait pendant les saisons difficiles.

La raison pour laquelle Dieu a accordé une telle importance aux plaisirs que nous avons en lui, même au prix de grandes souffrances dans les saisons sombres de notre vie, est qu’aucun autre plaisir ne peut nous satisfaire éternellement, et aucun autre plaisir ne peut glorifier Dieu pour toujours.


Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts