Est-ce que j’aime Dieu ou est-ce que j’aime simplement l’aimer ? (John Piper)

Evan nous écrit pour nous demander : « Pasteur John, il m’est difficile de distinguer la différence entre aimer Dieu et aimer la théologie ou aimer Dieu et simplement aimer aimer Dieu. Pouvez-vous donner quelques conseils pratiques pour m’assurer que j’aime vraiment Dieu et que je n’aime pas seulement la théologie à son sujet ? » Pasteur John, comment rendriez-vous cette distinction tangible pour Evan ?

Eh bien, ma première réponse à Evan est que le fait que tu te préoccupes de cela, que tu puisses même l’exprimer ainsi est un très bon signe et je suis encouragé que Dieu ait assez œuvré dans ta vie que pour que tu ne continues pas aveuglément à aimer Dieu, sans vraiment aimer Dieu, car tu connais la différence entre ces deux éléments. Mais pendant que j’y réfléchissais, au moins quatre tests pratiques pour toi et n’importe qui d’autre, en fait pour nous tous, me sont venus à l’esprit pour vérifier si nous sommes juste fascinés par la théologie à propos de Dieu ou si nous aimons vraiment Dieu.

Premier test. Votre amour pour Dieu et votre vision de Dieu, à travers la théologie, changent-ils votre vie en profondeur au niveau pratique ? Ce que vous faites, ce que vous aimez faire, ce qui vous divertit, vos préférences, la façon dont vous traitez les gens. Êtes-vous patient ? Mettez-vous le péché à mort par l’Esprit ? Portez-vous les fruits de l’Esprit ? En d’autres termes, la sainteté de vie est la marque d’une foi authentique dans et par une bonne théologie. Vous pouvez avoir une bonne théologie et être une personne pourrie alors que c’est la personne qui est changée par une foi authentique dans une juste théologie. Jacques a dit : la foi sans les œuvres est morte. Et donc, si nous ne sommes pas changés de l’intérieur vers l’extérieur, alors il est probable que nous nous trompions nous-mêmes.

Deuxième test. Aimez-vous témoigner de la vérité de l’évangile en tant que bonne nouvelle pour les gens qui en ont besoin ? Ou n’aimez-vous en parler qu’avec des gens qui le savent déjà ? En d’autres termes, l’essence de la vérité biblique est la nouvelle. L’Évangile est une nouvelle, une bonne nouvelle. Et beaucoup de gens ne semblent jamais se rendre compte de son caractère de nouvelle. Ils sont toujours en train de l’analyser. Et on a envie de les secouer et de dire : hé, c’est une nouvelle. C’est une nouvelle. Le roi est venu. Les péchés sont pardonnés. L’enfer, la mort et le péché sont vaincus. Le ciel est ouvert. Dieu est prêt à être notre ami. C’est une nouvelle dans le monde entier. Vous voyez, si vous n’avez aucune envie de partager ce message, comme nouvelle, il y a un problème. Je veux dire, quelque chose ne va pas du tout. C’est comme si, vous savez, vous écoutiez les nouvelles la nuit et vous en analysiez simplement la grammaire. Grammaire, grammaire, grammaire, grammaire. Et vous n’entendez jamais rien aux nouvelles qui vous semble être une bonne ou une mauvaise nouvelle. Et Jésus dit : celui qui aura honte de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme aura honte de lui. Nous ne voulons donc pas être entourés de gens sans avoir le désir de partager cette nouvelle avec eux. C’est le deuxième test.

Troisième test. Prenez-vous des risques dans votre vie pour l’évangile ? Votre argent, votre carrière, vos relations. Nous savons ce que nous apprécions par les risques que nous prenons. Hébreux 10.34 nous dit : « Vous avez accepté avec joie qu’on prenne vos biens, sachant que vous aviez [au ciel] des richesses meilleures et qui durent toujours. » Donc, le test pour savoir si vous aimez vraiment votre meilleure richesse est de savoir si vous acceptez le pillage de vos biens et si vous prenez le risque d’aller rendre visite aux personnes qui sont en prison.

Voici le dernier test, le quatrième. Comment votre théologie vous sert-elle lorsque vous souffrez ou mourrez ? Des idées au sujet de Dieu ne suffiront pas dans ces moments-là. Vos craintes les réduiront en pièces en une minute et vous serez terrifié à l’idée que des idées ne vont pas vous sauver. Nous montrons ce qui est à la base de nos engagements en montrant comment ces engagements nous servent dans la souffrance. Paul a dit : « Nous avons été accablés à l’extrême, au-delà de nos forces, au point que nous désespérions même de rester en vie. Nous avions intérieurement accepté notre arrêt de mort. » Mais ensuite il ajouta : « afin de ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts » (2 Corinthiens 1.8-9). J’ai reçu aujourd’hui un appel d’un médecin qui effectuait un suivi d’une hospitalisation que j’ai eue il y a longtemps. Ils ont fait un second scanner de mon ventre. Et quand on a vu le numéro sur le portable, j’ai pensé, ok, je ne savais pas s’il allait appeler ou non. Et il a appelé et il a dit : aucun problème. Le scanner n’indique rien. Alors, ma question pour le quatrième test est la suivante : à ce moment-là, est-ce que je trouve que le Dieu qui ressuscite les morts est un rocher doux et tout à fait suffisant ? Ou est-ce que je panique et réalise que je me suis trompé moi-même toute ma vie ?

Je veux donc finir en vous donnant un mot pour chaque épreuve : sainteté, nouvelle, risque et souffrance. Ce sont quatre possibilités, Evan, pour te tester.


Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts