Est-ce un péché de regarder le péché à l’écran ? (John Piper)

Est-ce un péché de regarder le péché à l’écran ? C’est une discussion énorme, déclenchée par une question très spécifique d’un jeune homme, un auditeur régulier du podcast.

Bonjour, Pasteur John. Je vis à Baton Rouge, en Louisiane. Ma question porte sur le péché de prendre le nom de Dieu en vain, de dire « Oh mon Dieu », mais de le dire vraiment. L’interprétation et l’application du troisième commandement ont provoqué beaucoup de conflits dans mon enfance avec mon père.

Lui et moi étions d’accord que c’est toujours un péché que de prendre le nom du Seigneur en vain. Là où nous n’étions pas d’accord, et nous le sommes toujours, c’est de savoir si le fait de prendre le nom du Seigneur en vain disqualifie ou non un film, une émission de télévision, un morceau de musique ou tout autre divertissement du régime d’un chrétien. Cela aurait bien sûr des ramifications majeures. Quand j’étais adolescent, je disais souvent que mon père était légaliste dans son application du troisième commandement aux médias. J’ai dit que l’affichage de ce péché n’était pas une approbation de celui-ci par le téléspectateur. Cela reste un point sensible dans notre relation aujourd’hui. Donc, ma question est : « Pensez-vous qu’il est pécheur de faire usage de médias dans lesquels le nom de Dieu est pris en vain ? »

Le train du divertissement

Ce train a quitté la gare il y a soixante ans, et il gronde sur la voie ferrée à environ 400 km. Et je ne parle pas simplement du fait évident que les films et les émissions de télévision ont abandonné il y a longtemps le Dieu des Dix Commandements et le Dieu du Nouveau Testament qui n’a pas seulement dit :

« Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en
vain » (Exode 20.7)

mais a aussi dit :

« Qu’on n’entende pas de paroles grossières, de propos stupides ou équivoques – c’est inconvenant – mais plutôt des paroles de reconnaissance. » (Éphésiens 5.4)

Et il a dit :

« Qu’aucune parole malsaine ne sorte de votre bouche, mais seulement de bonnes paroles qui, en fonction des besoins, servent à l’édification et transmettent une grâce à ceux qui les entendent. » (Éphésiens 4.29)

Le critère est bien, bien plus élevé que :

« tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain ».

Voici Colossiens 3.8 :

« Renoncez … aux grossièretés qui pourraient sortir de votre bouche. »

Donc, ce train a quitté la gare. Je ne parle pas seulement du train d’abandonner un tel Dieu à la gare, je parle du fait que les chrétiens sont dans le train. La plupart des chrétiens d’aujourd’hui sont dans le train. Il semble que tous les écrans soient maintenant allumés dans tous les coins de chaque voiture, et tout le monde regarde la télévision. Tout le monde la regarde. Pourquoi ? Parce qu’ils sont dans le train.

C’est ce que vous faites dans le train. On a des ordinateurs, des téléviseurs, le câble, de grands écrans plats sur les murs. C’est pour ça qu’ils sont là. Qu’est-ce que l’on peut faire d’autre ? Vous êtes dans le train.

Donc, je n’ai pas l’illusion que ce que je dis ici aura beaucoup d’effet sur le train et sur ce que vous faites dans le train. Mon modeste espoir est que quelques personnes puissent être amenées à envisager d’être assez folles et contre-culturelles pour penser qu’une grande vie de joie et qui porte fruit est possible sans être dans le train.

Vous êtes ce que vous aimez

Bien sûr, la réponse courte à la question est que ce n’est pas un péché d’entendre le nom de Dieu pris en vain. Dieu l’entend un milliard de fois par jour et voit tous les péchés commis sur la planète, les plus scandaleux, les plus grossiers, les plus injustes, les plus malfaisants, les plus profanes, il les voit tous. Et Dieu ne pèche jamais en les voyant. Jésus a entendu le nom du Seigneur pris en vain ; ils l’ont appelé un démon (Marc 3.22). Ce n’est pas la question. Ce n’est tout simplement pas la question.

Il est question du plaisir d’être diverti par le péché. Je le répète : le plaisir d’être diverti par le péché se trouve au cœur de la question. Que ce soit le péché de prendre le nom du Seigneur en vain ; ou le péché de l’arrogance insolente qui s’exalte elle-même, qui semble imprégner tout ; ou le péché des désirs sexuels impurs et de la fornication, de l’adultère, de l’indécence et de l’immodestie, qui est pratiquement omniprésent ; ou le péché de la déformation de la féminité et de la masculinité ; ou le péché d’irrespect envers les parents ; ou le péché de l’ivresse ; ou le péché du désir d’être riche, ce que Paul a dit que nous ne devions pas faire ; ou le péché de la malhonnêteté ; ou les péchés de la calomnie par le biais de stéréotypes ; ou les péchés consistant à simplement, profondément, et totalement ignorer et donc à ne pas glorifier ou remercier Dieu. Quels que soient les péchés, la question est la suivante : qu’est-ce que cela dit de nos âmes que nous aimons être divertis par eux ?

Si vous dites : « Eh bien, je ne suis pas diverti par eux. Je n’aime pas être diverti par les péchés de l’histoire. Ils me chagrinent. Je suis diverti par d’autres aspects de la vérité ou de l’excellence dans l’histoire, et la façon dont l’histoire est présentée. » Je dirais : « Eh bien, je suis certainement heureux d’entendre cela. » Et puis je dirais : « Vous êtes une personne extraordinaire, avec des capacités de pureté et de sainteté bien plus grandes que les miennes. Si vous pouvez encore et encore être diverti alors que vous êtes détendu, amusé et satisfait par la mise en œuvre de péchés qui ne sont pas traités comme des péchés – ils sont glorifiés, ils ne sont pas traités comme des péchés dans les séries, mais comme acceptables et souvent préférables à la droiture – tout en n’étant pas souillé ou façonné par ces péchés, vous êtes une personne extraordinaire. Je souhaiterais avoir une telle sainteté. »

Désirez la sainteté

Mais pour la plupart d’entre nous, ça ne se passe pas comme ça. Lorsque nous sommes fatigués et que nous voulons nous détendre après une bonne journée de travail, nous optons pour une série ou un film qui, nous l’espérons, ne sera pas trop offensant, grossier ou obscène, et nous sommes alors entraînés dans une intrigue à suspense ou intéressante. Et puis, scène après scène, on nous présente une vision du monde qui ignore Dieu, exalte l’homme, excuse le péché, déforme le sexe, affaiblit le mariage, se moque de la masculinité, banalise la féminité, ridiculise la droiture, et fait preuve d’arrogance. Nous, les saints ordinaires, qui luttons, qui aspirons à la pureté du cœur et à la sainteté et à tous les fruits du Saint-Esprit, ne pourrons tout simplement pas ne pas être divertis par le péché et façonnés dans nos esprits et nos cœurs par cette vision du monde très divertissante.

Alors, que Dieu vous bénisse. Si vous grandissez en sainteté et en pureté de cœur dans votre esprit, dans votre conduite, dans votre bouche ; si cela vous aide à aimer Dieu et à ressentir une urgence pour le salut des perdus ; si cela vous amène plus profondément dans la prière et dans le service avec amour de votre église ; et si cela vous rend plus audacieux et plus fort pour vous tenir contre les marées destructrices de notre culture ; et si le désir de la parole de Dieu s’élève avec une plus grande passion à cause de votre plaisir régulier de films imprégnés de péché – parce que le péché ne vous divertit pas – alors, continuez.

Mais essayez de comprendre que, pour certains d’entre nous, qui connaissent la différence entre la poursuite de la sainteté fondée sur la grâce et le légalisme – en d’autres termes, votre père n’opère peut-être pas seulement par légalisme – nous trouvons que cette approche du divertissement et du zèle pour Dieu est un chemin qui ne fonctionne pas pour nous.

Notre zèle pour Dieu et l’évangile et la sainteté de l’évangile ne grandit pas de cette façon. Peut-être que ma réponse à la question a été frustrante. Je comprends cela. Parce que notre ami a demandé : « Pensez-vous qu’il est pécheur de faire usage de médias dans lesquels le nom de Dieu est pris en vain ? » Et ma réponse a été : « Prenez garde de ne pas être utilisé et dévoré par les médias. »


Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts