Être chrétien c’est prendre part aux souffrances de Jésus (Joni Eareckson Tada)
Dieu se plaît à s’identifier à nous dans nos souffrances. Quand l’apôtre Paul était sur le chemin de Damas, le Seigneur ressuscité n’a pas dit, « Saul, pourquoi persécutes-tu mon peuple ? » Dieu lui a dit : « Pourquoi me persécutes-tu ? » (voir Actes 9.4.) Il considère nos souffrances comme ses souffrances. Il sent le dard dans sa poitrine quand vous êtes blessés, il prend la chose personnellement.
Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous (Jean 15.18)
Jésus combattit à nos souffrances puisqu’il a lui-même souffert
Jésus n’est pas un Sauveur « qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché » (Hébreux 4.15). Voici quelques exemples.
Aveuglement
Mon ami aveugle Peter raconte combien il s’est senti humilié, quand, adolescent, il est tombé après s’être heurté la tête sur une branche basse. Étendu sur le sol devant ses amis, il s’est senti blessé et gêné. Sa confiance en Dieu a été secouée : Tu ne comprends pas ce que c’est que d’être aveugle, Seigneur. D’ignorer d’où viendra le prochain coup ! Mais Jésus comprend :
Les hommes qui tenaient Jésus se moquaient de lui et le frappaient. Ils lui voilèrent le visage et ils l’interrogeaient, en disant : Devine qui t’a frappé. (Luc 22.63-64)
Mort d’un enfant
Une autre amie, Gloria, est tombée dans une profonde angoisse en apprenant le sombre pronostic de la maladie de sa fille. La petite Laura avait déjà suffisamment souffert de la maladie nerveuse dégénérative avec laquelle elle était née, et maintenant, les pronostics des médecins incluaient davantage de souffrance et une mort imminente. Une nuit, après avoir quitté le chevet de sa fille, elle a craché son indignation : « Dieu, ce n’est pas juste. Tu n’as jamais eu à regarder l’un de tes enfants mourir ! » À peine avait-elle laissé échapper ces paroles qu’elle a mis sa main sur sa bouche. Il a vu son enfant mourir. Son seul et unique Fils.
Paralysie
Dès que j’ai pris conscience que Jésus était un Sauveur qui peut compatir à nos faiblesses, je me suis mise à dire passionnément à tout le monde comment « Christ s’est retrouvé paralysé sur la croix ». Il pouvait donc comprendre ce que je ressentais. Un pompier stressé a un jour été contrarié par mon enthousiasme. Dans la salle à manger où nous nous sommes rencontrés, je lui ai dit : « Il a souffert lui aussi. Il comprend ».
Connaître Christ change tout
À l’extérieur, des taxis klaxonnaient et des camions passaient en faisant un vacarme assourdissant, mais on n’y prêtait nulle attention. Le pompier soutenait mon regard et moi, j’étais joyeuse et sincère. C’est alors qu’il m’a dit, incrédule, le dédain repliant sa bouche fatiguée : « Donc, il comprend. La belle affaire ! Qu’est-ce que ça peut bien me faire ? » Il a sorti ses bras de dessous la table. Ses manches remontées révélaient les extrémités lisses des deux moignons où auraient dû se trouver ses mains. « Brûlées dans un incendie. J’ai perdu mon emploi. »
J’étais prise de cours. Je venais juste de sortir de l’hôpital et j’étais loin d’être une étudiante en théologie ou une experte de la Bible. Mon visage a changé d’expression. J’ai répondu aussi honnêtement que possible. « Je ne connais pas toutes les réponses. Et je ne sais pas si ce serait d’un grand secours. Mais je connais Celui qui a les réponses. » Il y a eu un long silence. Il a baissé le regard. « Et le connaître fait toute la différence. » Je n’avais jamais parlé avec autant d’aplomb, mais j’ai ressenti cet esprit de corps avec cet homme sans mains. J’ai moi-même été choquée de m’entendre dire, pour la première fois depuis mon accident : « Je préfère être dans ce fauteuil roulant et le connaître que debout sans lui. »
Christ a souffert pour nous
Le pompier n’avait pas besoin d’une réponse élaborée. Il avait besoin de la Parole. La Parole faite chair – écorchée, percée par des clous au niveau des poignets, les mains presque arrachées. Recouvert de crachats, battu, ensanglanté, avec des mouches bourdonnant tout autour, et martelé par la haine. Ce ne sont pas juste des faits sur Jésus. Ce n’est pas l’amour en tant qu’idée abstraite. C’est l’amour déversé comme un vin fort comme le feu.
Dans cette salle à manger, le pompier a cessé de penser à Dieu comme à un mystique méditant sur une montagne lointaine. Il n’était plus une divinité abstraite. Rien de propre et de bien rangé à son sujet. Dieu s’est sali les mains quand il a versé son sang sur une croix pour sauver les gens de l’enfer. Cela avait un étrange attrait pour cet homme qui s’était blessé en sauvant d’autres personnes des flammes.
Connaître Christ implique de souffrir
Les programmes, les systèmes et les méthodes font bonne figure dans les tours d’ivoire des monastères ou dans les bras en bois des icônes. La connaissance intellectuelle de Dieu se forge dans les pages d’un texte de théologie. Mais l’invitation à connaître Dieu – à le connaître vraiment – inclut inévitablement la souffrance. Pas de souffrir seul, mais souffrir avec lui.
Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera (Marc 8.34-35)
Au sein des souffrances, Jésus nous soutient
Le pompier a été saisi,Dieu ne s’est pas contenté d’exposer le péché du pompier, il y est entré. Il y est entré comme on entre dans un édifice en feu pour sauver un bébé par la fenêtre juste à temps. Mais Jésus a perdu plus que ses mains ; il a perdu la vie. Heureusement, il n’a pas été anéanti par la mort, il est ressuscité. Quelle puissance ! Si je veux un soutien au milieu de mes souffrances, je veux être soutenue non pas par une doctrine ou une cause, mais par la Personne la plus puissante de l’univers.
Amour inconcevable, comment cela est-il possible ? Que Dieu plonge le couteau dans son coeur pour moi. Et moi, pendant tout ce temps, je reste sèche et indifférente, froide et détachée. Comment est-il possible que lui, le Dieu de la vie, ait dû vaincre la mort en l’embrassant ? Qu’il ait dû détruire le pouvoir du péché en le laissant le détruire ?
Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes (1 Corinthiens 1.25)
Pas étonnant que l’apôtre Paul aspirait tant à faire l’expérience de « la puissance de sa résurrection ».
Cet article est tiré du livre : Quand Dieu pleure de Joni Eareckson Tada & Steven Estes