Femmes de la Parole : Lire la Bible pour nous-mêmes (John Piper)
Aujourd’hui, nous sommes en compagnie de notre amie Jen Wilkin, épouse, mère, enseignante biblique et auteure du fabuleux livre « Women of the Word : How to Study the Bible with Both Our Hearts and Our Minds » (trad. Femmes de la Parole : comment étudier la Bible avec nos cœurs et nos esprits). Le livre a eu quatre ans cet été, et il s’est déjà vendu à 200 000 exemplaires imprimés. Incroyable. Une forêt tout entière est morte, et ce pour une bonne cause. Jen, à part la déforestation d’une forêt entière, qu’est-ce que vous cherchiez à faire avec ce livre ?
Par où commencer ?
Quand j’ai commencé à écrire Femmes de la Parole, je n’ai jamais pensé que je deviendrais une auteure. J’enseignais la Bible au niveau de l’église locale. Le livre ne fait que rendre compte de la méthode que je suis venue à identifier comme étant utile pour les femmes au fil des ans.
Je ne savais même pas que la méthode d’observation, d’interprétation et d’application existait. J’ai fini par trouver ma propre formule de compréhension, d’interprétation et d’application. Je l’ai appelée CIA. En tant que baptiste, j’apprécie les acronymes. C’était un moyen facile d’aider les femmes à se souvenir de ces trois étapes.
J’avais développé une méthode basée sur ma formation, ayant étudié l’anglais et la littérature. J’essayais d’appliquer les outils d’interprétation de base que vous utiliseriez avec n’importe quel livre au plus précieux des livres.
Le principal obstacle pour les femmes est généralement de ne pas savoir par où commencer. Je dirais que le principal obstacle pour quiconque est de ne pas savoir par où commencer. Ce livre fut l’occasion de donner un point de départ et quelques outils de base.
Les femmes étaient conditionnées – par les ressources qui avaient été créées pour elles, que l’on trouve dans les librairies chrétiennes typiques – à recevoir un enseignement passif sur la Bible. Mais elles ne se développaient pas dans leurs capacités à analyser la parole par elles-mêmes, ce qui me paraissait problématique.
Je n’ai jamais eu l’intention d’écrire un livre. J’avais blogué quelques idées, parce que je voulais simplement que le contenu soit là pour les femmes qui faisaient mon étude. Je ne savais même pas que quelqu’un lisait mon blog. Je ne savais même pas comment vérifier les statistiques pendant la première année de mon blog. C’était plutôt bien, parce que je pense que j’aurais paniquée si j’avais su que les gens le lisaient.
Un jour, un éditeur m’a appelé pour me dire : « Voudriez-vous écrire un livre ? » Et c’est ce que j’ai fait.
J’ai pensé que je pourrais le donner à quelques membres de ma famille et l’utiliser dans mon étude biblique. Il a fini par être lu par beaucoup de gens, ce qui est assez passionnant parce que lorsque j’ai commencé à parler d’alphabétisation biblique, j’ai perçu que c’était un problème omniprésent dans les environnements auxquels j’avais été exposé.
Je soupçonnais qu’il s’agissait d’un problème plus important, mais je dirais que j’ai reçu confirmation à ce sujet une fois que le livre est sorti. C’est plutôt gratifiant de penser : « Hé, on pourrait vraiment faire une différence à ce niveau. Les gens peuvent percevoir leurs besoins, et ils peuvent percevoir qu’il y a une voie à suivre pour aller de l’avant. » Alors, qui sait ce que cela donnera dans dix ans ou dans vingt ans ?
« Personne ne m’a jamais appris »
Amen. Nous sommes sûrs que vous avez fait une différence à ce niveau, à 200 000 exemplaires déjà vendus. Alors, quatre ans plus tard, quelle a été la réaction de lecteur ou lectrice la plus surprenante à ce livre ?
Des gens qui disent : « J’ai été à l’église toute ma vie, et personne ne m’a jamais appris comment faire ça. » J’avais entendu cela de la bouche de quelques femmes, mais je ne pensais pas recevoir ce courriel plusieurs fois par semaine.
J’ai commencé à réaliser que lorsque nous parlons de discipulat chrétien, nous avions un angle mort en la matière. Nous pensions que la prédication était suffisante pour enseigner la Bible aux gens, ou nous avons supposé qu’ils avaient déjà des connaissances bibliques de base – aucune de ces hypothèses n’était exacte.
Je pense que nous pouvons attribuer une partie du problème à la mort de l’école du dimanche dans de nombreuses églises. L’école du dimanche n’est pas une vache sacrée, mais le fait d’avoir des environnements d’apprentissage dédiés – des environnements d’apprentissage actifs et dédiés, où nous disons que notre but premier est d’apprendre, plutôt que communautaire ou autre – peut vraiment aider.
Mais nous devons ensuite les protéger en tant que lieux d’apprentissage actif. En d’autres termes, l’enseignant ne fait pas tout le travail, l’élève va aussi travailler. Ainsi, je crois que l’Église a besoin d’avoir des endroits où les gens apprennent non seulement à absorber le contenu, mais aussi à faire preuve d’esprit critique à l’égard de ce qu’ils apprennent à mesure que nous progressons dans une culture post-chrétienne.
Un livre
En parlant de tendances. Vous enseignez la Bible depuis de nombreuses années. À l’intérieur de l’église, êtes-vous encouragée par les tendances bibliques dans l’église ? Ou inquiète ? Qu’est-ce que vous voyez ?
Je suis encouragée par une tendance que d’autres trouvent alarmante, à savoir que les gens quittent l’église. Ça a l’air terrible. Ça ne sonne pas chrétien. Je ne crois pas que l’église de Dieu rétrécisse.
Je pense que ce que nous voyons, c’est une révélation de qui est vraiment l’Église. Ceux qui resteront s’engageront plus que les générations précédentes à s’approprier leur foi. L’alphabétisation biblique en sera un élément important. Nous avons un livre dont nous sommes responsables. Il est composé de 66 livres.
Ce n’est pas une quantité illimitée de contenu. Bien qu’aucun d’entre nous ne le maîtrisera dans les années que nous avons au cours de cette vie, nous pouvons essayer autant qu’on le peut, si nous recevons les outils nécessaires.
Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts