Il ou elle ? Comment devrais-je parler à des amis transgenres ? (John Piper)
Une question très courante que nous recevons transparaît dans une question posée par une auditrice du podcast, Ruth, qui pose la question : « Pasteur John, comment réagir quand des amis LGBT veulent que nous les appelions par un nom différent, de sexe opposé, comme quand une femme demande à tout le monde de l’appeler maintenant par un nom masculin ? Devrions-nous l’appeler ainsi ? » Samantha demande aussi : « A la lumière de l’interview de Bruce Jenner et d’autres célébrités qui poussent des agendas LGBT, comment un chrétien devrait-il traiter une personne qui s’identifie sous une de ces étiquettes ? Dois-je traiter une personne transsexuelle comme le sexe qu’elle a choisi ou celui avec lequel elle est née ? »
Avant de donner trois lignes directrices qui, je l’espère, guideront la conduite en réponse à ces questions, je dois vraiment jeter les bases ici parce que nous supposons des choses qui ne seraient pas assumées par beaucoup de gens, et nous devons expliquer pourquoi nous les assumons. Je vais argumenter à partir de la Bible que, même si le monde considère le genre distinct du sexe, le chrétien devrait être en phase avec le sexe biologique génétique ; et il y a des raisons bibliques pour cela.
Né comme ça
La masculinité et la féminité, notre sexe, sont destinées dans la Bible – c’est-à-dire par Dieu notre Créateur – à être biologiquement ou génétiquement identifiées. Bien sûr, les auteurs bibliques ne connaissaient rien à la génétique, mais je l’ajoute parce que nous connaissons la génétique, et elle est en phase avec la biologie, qu’ils connaissaient bien.
La signification de la masculinité et de la féminité va bien au-delà de la biologie et de la génétique dans nos relations mutuelles, mais pas moins. En d’autres termes, la masculinité et la féminité sont des réalités personnelles glorieuses qui transcendent la génétique et la biologie, mais qui ne sont jamais censées être dissociées de la biologie. Une des façons les plus claires de voir cette réalité dans la Bible est de voir les nombreuses références à « enfant mâle » ou « enfant femelle ». J’ai fait des recherches pour m’en assurer. Ce fait est si évident que les gens se demandent pourquoi même argumenter à ce sujet. Mais nous devons le faire.
En d’autres termes, avant que les enfants ne soient en âge d’exprimer des comportements, des désirs ou des préférences spécifiques à leur genre, ils étaient identifiés comme mâles et femelles. Et cette identité a défini leur vie, par exemple, parfois en matière d’héritage et d’autres façons. Il n’est pas question dans la Bible de la possibilité que le sexe (biologiquement identifié) puisse changer puisqu’il est enraciné dans la biologie.
Par conséquent, quand Genèse 1.27 dit :
« Dieu nous a créés mâle et femelle. »
Il y a toutes les raisons de penser que cela incluait notre nature biologique, génétique à la racine de tous les autres aspects transcendants de la personne mâle et femelle. Nous avons donc une justification biblique prépondérante pour dire que Dieu veut que notre identité sexuelle soit d’une seule pièce avec notre identité biologique et génétique. Voilà ma prémisse biblique.
Des cas rares
Permettez-moi de mentionner une exception. Nous savons tous qu’il existe de très, très rares situations d’anomalies biologiques déchirantes où les organes sexuels anatomiques sont ambigus ou compromis. Dans ces cas-là, nous sommes confrontés à des défis très inhabituels. Si j’étais parent d’un enfant né dans cette situation, je crois que je demanderais un test génétique (ce que vous ne pouviez pas faire il y a des générations) et opterais pour la chirurgie qui convient le mieux à l’enfant pour ce que sa génétique dit qu’il ou elle est, puis l’élèverais avec cette attente.
Mais c’est très, très rare. Et nous parlons dans ce podcast principalement de personnes avec des organes sexuels clairement identifiables à la naissance et tout au long de la vie qui devraient définir la trajectoire et la compréhension de la vie sexuelle et de genre de cette personne.
Maintenant, comment tout cela se passe-t-il dans notre culture ? Même avant la chirurgie, on nous demande au Minnesota de traiter les garçons comme des filles qui veulent être traitées comme des filles, et vice versa, si bien que cela détermine dans quelle équipe ils jouent au secondaire – l’équipe des filles ou celle des garçons – quels vestiaires ils utilisent, et dans quelles toilettes ils vont. On nous demande d’appeler Bob « Mary » et Sally « Jim ». Cela rendra l’obéissance à Jésus dans les jours à venir de plus en plus coûteuse pour nous. Alors maintenant, enfin, voici mes trois lignes directrices :
Devrais-je l’appeler Jim ?
(1) Dans un sens, les noms Sally ou Jim sont culturellement arbitraires. On peut donner à nos enfants le nom qu’on veut. On peut leur donner le nom de voitures ou de planètes, de vertus grecques ou de grand-mère. Appeler quelqu’un par ce nom arbitraire, que ses parents ont choisi ou celui qu’ils ont choisi à la moitié de leur vie ne signifie pas nécessairement que l’on soit d’accord avec tout ce que ce nom signifie de par son étymologie ou pour cette personne.
Donc, si j’avais un voisin à côté de chez moi, ce qui est très plausible, qui était biologiquement masculin, et que tout le monde le savait, et qu’il se présentait à moi comme Sally. Si je le rencontrais pour la première fois, et je le voyais le lendemain, je pourrais éviter de le nommer, mais je l’appellerai probablement Sally. Je le ferais probablement jusqu’à ce qu’il y ait une relation qui irait plus loin pour voir si je pourrais être d’une quelconque aide. Voilà donc une concession que je vais faire en raison de la nature arbitraire des noms. Et puis ça va devenir un peu plus risqué et divisible.
(2) Cependant, si dans le bureau où nous travaillions, j’étais obligé d’identifier chaque personne dite transgenre par le pronom qu’ils préféraient dans tous mes courriels ou conversations – supposons que dans les courriels et conversations j’avais utilisé « elle » pour lui ou « il » pour elle – ou j’étais discipliné au bureau, alors je dirais à mes supérieurs que je ne peux traiter des ils comme des elles et des elles comme des ils.
Je ne peux pas avaler tout le paquet. Je mentirais si j’appelais un « il » un « elle ». Je ne mens pas en appelant un mâle « Sally ». C’est culturellement arbitraire, un hasard. Mais je mens si je parle d’un vrai Jim qui veut qu’on l’appelle Sally, « elle ». Et ce serait contraire à ma compréhension de la sexualité et je commencerais à chercher un autre emploi.
(3) Il en va de même pour les toilettes, les vestiaires et les chambres d’hôtel où les femmes s’identifient comme hommes ou vice versa. Je refuserais d’avoir une colocataire qui dirait qu’elle est un homme. Je partage tout le temps une chambre dans mes voyages avec mon assistant. C’est un homme, et je sais que c’est un homme, et c’est tout à fait normal. Mais s’ils insistaient pour que je partage la même salle de bain, le même vestiaire ou la même chambre d’hôtel avec une femme s’identifiant comme homme ou vice versa, je chercherais un autre emploi.
Donc, en résumé, la question est la suivante : sommes-nous obligés de les appeler d’un nom qu’ils préfèrent, ce à quoi je vais probablement me soumettre à court terme au moins, ou sommes-nous obligés de les identifier comme étant d’un sexe différent de leur sexe réel ? Les noms peuvent avoir une certaine ambiguïté et être arbitraires, mais le langage d’« il » et d’« elle » et l’utilisation des salles de bains et des chambres d’hôtel ne le sont pas. Et je fixerai une limite et dirai, je ne l’appellerai pas « elle ». Je ne l’appellerai pas « il ». Et je ne m’immiscerai pas dans l’intimité sexuelle d’une personne du sexe opposé ni dans une situation où elle s’immiscerait dans la mienne.
Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts