La crémation est-elle acceptable si je donne mon corps à la science ? (John Piper)
Qu’en est-il si vous donnez votre corps à la science et que ce programme incinère les restes dont ils n’ont pas besoin ou qu’ils n’utilisent pas en vertu d’une règle de procédure standard ?
Voici la question exacte de notre auditrice : « Pasteur John, bonjour ! Je suis infirmière au centre médical universitaire local et j’envisage de leur donner mon corps à mon décès. Après avoir prélevé les organes et les tissus, le reste du corps est incinéré. Dans un épisode sur la crémation, vous avez dit que ce n’était pas une option édifiante pour les chrétiens. Je recherche votre sagesse sur cette situation. (1) Est-ce une bonne chose pour les chrétiens de faire don de leurs organes et tissus à des fins médicales ? (2) La crémation est-elle moins problématique dans ces circonstances ? »
Enterrer ou incinérer ?
En préambule à ma réponse, permettez-moi de passer en revue les raisons pour lesquelles j’encourage les chrétiens à ne pas incinérer leurs proches, mais à les enterrer.
J’ai défendu l’idée que deux aspects des Écritures nous conduisent à penser que l’enterrement est préférable à l’incinération pour les chrétiens. Premièrement, nous préférons enterrer à cause de la valeur du corps humain en tant que création de Dieu et racheté par le sang de son Fils. Nous sommes sa propriété. Nous n’appartenons pas à nous-mêmes. Nous avons été achetés à un prix maintenant et pour toujours. C’est le premier point important. Le deuxième est l’aspect terrible du feu par rapport au corps humain, surtout après la mort.
Ces deux points bibliques m’incitent à ne pas encourager les gens à utiliser la crémation. Peu importe si ça paraît bon marché ou pratique.
Graines et repos
Les premiers chrétiens dans le Nouveau Testament enterraient leurs proches. Ils y ont été encouragés par deux symboles apostoliques implicites dans l’ensevelissement. L’un semait des graines et l’autre reposait.
Par exemple :
« Le corps est semé corruptible ; il ressuscite incorruptible » (1 Corinthiens 15.42).
Le corps est semé comme une graine, et à la résurrection, il sort de terre impérissable. C’est la première image.
L’autre est une image comme celle-ci :
« Nous les vivants, restés pour l’avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis. » (1 Thessaloniciens 4.15).
Nous sommes appelés à traiter le corps d’une manière qui montre que celui-ci est un don précieux de Dieu. Nous le traitons comme une graine semée dans le sol et comme une personne endormie pour être réveillée de son sommeil à la résurrection.
Feu et enfer
L’autre aspect des Écritures qui suggère d’enterrer le corps plutôt que le brûler est la signification du feu par rapport au corps humain maintenant et dans la vie à venir. Dans la Bible, l’utilisation du feu pour consumer le corps sur terre était considérée comme un signe de déshonneur. Ça n’a jamais été une bénédiction de se brûler le corps. Ce n’était pas un traitement glorieux du corps, mais un traitement méprisant.
Les premiers chrétiens croyaient au jugement de Dieu après la mort (Hébreux 9.27). L’image la plus affreuse de ce jugement était le feu. L’enfer est un lieu de feu, selon Matthieu 5.22 et Jacques 3.6. Ce feu est destiné à être ressenti par le corps.
Nous sommes jetés comme des corps dans le feu de l’enfer. Jésus dit :
« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne » (Matthieu 10.28).
Par conséquent, les premiers chrétiens ont eu en horreur l’idée d’exposer le corps au feu, ce corps précieux du croyant, racheté par le sang, et qui sera ressuscité, renouvelé, élevé, et glorieux pour toujours. Ils ont eu en horreur l’idée d’exposer le corps au feu, considérant que c’était comme l’exposer à l’enfer.
C’était mon double argument contre la crémation, en plus de certains vraiment pragmatiques (comme le fait que vous ne pouvez pas être certain que ce sont les cendres de votre être cher que vous récupérez du crématoire).
Maintenant, les questions sont :
- Est-ce une bonne chose pour les chrétiens de faire don de leurs organes et de leurs tissus à des fins médicales ?
- La crémation est-elle moins problématique dans le cas où des parties du corps sont mises de côté et doivent être détruites ?
Ma réponse est oui à ces deux questions si le cœur est humble et a confiance en la miséricorde de Dieu plutôt que fier et cherchant à marquer des points avec Dieu et avec les hommes. En effet, vous pouvez donner votre corps et être une personne arrogante qui essaie de gagner la faveur de Dieu, mais je suppose que ce n’est pas du tout le cas ici.
Tout d’abord, je tiens à souligner que, depuis les temps les plus reculés, les martyrs chrétiens ont accepté d’être brûlés vifs. Ils disaient :
« Je livrerais même mon corps pour être brûlé plutôt que de renier la foi » (voir 1 Corinthiens 13.3).
Cela signifie qu’il y a des valeurs plus élevées que d’éviter d’être brûlé ou réduit en cendres, comme ne pas abandonner la foi, ou encore ne pas apporter de reproche envers le Sauveur.
J’en déduis qu’il y a d’autres valeurs qui pourraient supplanter la manière ordinaire dont les chrétiens font honneur au corps dans l’enterrement. L’une d’entre elles serait la conviction qu’offrir nos corps à la médecine pourrait servir à la découverte d’un médicament pour guérir une maladie, ou à la greffe d’un organe qui pourrait sauver une personne qui est sur le point de mourir sous dialyse ou quelque chose comme ça. La valeur d’aimer les autres de cette façon peut prévaloir sur la valeur d’enterrer le corps (au moins dans son intégralité).
Un bel acte d’amour
Puis notre amie infirmière dit : « Après avoir prélevé les organes ou les tissus ou tout ce dont ils ont besoin, le reste du corps est incinéré. » Pour elle, cela ferait partie du prix que nous pourrions être prêts à payer pour faire le bien auquel nous croyons que Dieu nous appelle.
Je ne sais pas assez de choses sur la procédure pour me prononcer. Je ne connais pas les tenants et aboutissants du processus d’utilisation d’un corps à des fins de recherche médicale ou de transplantation d’organes, mais je demanderais au moins s’il serait quand même possible d’enterrer le corps.
Il y a eu des exemples dans la Bible et dans l’histoire où des corps ont été mutilés et des parties ont été coupées, et pourtant les familles ont désiré avec ardeur récupérer les restes du corps de leurs proches qu’elles pourraient honorer dans un enterrement. La possibilité d’une telle option dépend du processus dont je ne sais rien. Je ne peux pas dire. Elle le sait probablement mieux que moi, mais si nous demandions de cette façon, la communauté médicale et les professionnels de la santé pourraient en tirer un témoignage significatif, en entendant les chrétiens donner les raisons bibliques pour lesquelles ils voudraient procéder à une sorte d’enterrement après utilisation médicale du corps.
Mis à part cette incertitude, ma réponse serait oui. Si nous agissons par la foi, cela peut être un bel acte d’amour pour des chrétiens de donner leurs organes et leurs tissus à des fins médicales. Oui, la crémation, bien qu’elle ne soit pas idéale, peut avoir un nouveau sens dans ces circonstances.
Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts