La dîme est-elle un commandement pour les chrétiens ? (Pasteur John vous répond

 

Un auditeur, du nom de David, nous demande : « Pasteur John, est-ce que donner la dîme concerne tous les chrétiens aujourd’hui ? »

Voilà une question qui concerne, n’est-ce pas, la relation entre la loi de l’Ancien Testament et le chrétien aujourd’hui, puisque nous savons tous que dans Lévitique, dans Deutéronome et dans Nombres la dîme était enseignée comme étant une obligation pour le peuple de l’alliance de l’Ancien Testament. Donc la question devient : en quoi cette réglementation mosaïque nous concerne-t-elle aujourd’hui dans la nouvelle alliance ? Et c’est une immense question [on ne compte plus les livres écrits sur ce sujet], mais je vais vous lire le texte concerné et, aussi simplement que possible, clarifier ma position là-dessus et répondre à cette question.

Nouvelle alliance, vieille loi ?

Romains 7.4,6 : « Vous aussi êtes morts à la loi par le corps de Christ, pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, pour que nous portions du fruit pour Dieu. Nous sommes dégagés de la loi, étant morts à ce qui nous retenait prisonniers, pour que nous servions dans le chemin nouveau de l’Esprit et non pas dans l’ancien chemin du code écrit. »

Ou, Galates 2.19 : « par la loi je suis mort à la loi, afin que je vive à Dieu. »

Ou, Éphésiens 2.15 : [Par la croix de Christ, Dieu a] « aboli la loi des commandements qui consiste en ordonnances. »

Ou, Romains 6.15 : « Quoi donc ? Pécherions-nous parce que nous ne sommes plus sous la loi, mais sous la grâce ? »

Donc, ma réponse est que, dans la nouvelle alliance, dans la nouvelle forme de relation à Dieu par le Messie qui a accompli la loi pour nous, nous ne sommes pas sous la loi. Ce n’est pas le cheminement de base par lequel être en lien avec Dieu, ou par lequel nous discernons et trouvons la force de faire ce qui plaît à Dieu. Et à sa place vient ce que Paul appelle par deux fois la loi de Christ. « Portez les fardeaux les uns des autres, et accomplissez ainsi la loi de Christ » (Galates 6.2).

Ou, 1 Corinthiens 9.21 : « Pour ceux en-dehors de la loi, je suis devenu comme quelqu’un en-dehors de la loi (bien que je ne sois pas en-dehors de la loi, mais sous la loi de Christ) afin de gagner ceux en-dehors de la loi. » Donc, ce n’est pas comme si nous étions laissés à la dérive sans aucun repère. Christ est notre repère, qui il était, ce qu’il enseignait, ce qu’il disait, la loi de Christ. Et il s’avère que la loi de Christ, la loi de l’amour, accomplit les commandements de l’Ancien Testament.

Romains 13.8 : « Celui qui aime les autres a accompli la loi. Car les commandements, « Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas », et n’importe quel autre commandement, se résument en cette parole : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » »

Donc, je pense que garder la loi n’est plus pour nous le cheminement dominant, c’est-à-dire le cheminement de base par lequel être en lien avec Dieu, avec Christ et avec le Saint-Esprit — le chemin nouveau de l’Esprit. Et ainsi la question devient : okay, où situer la dîme dans ce contexte ? Comment comprendre la dîme, en tant qu’exemple concret de la loi ?

Pasteurs, lévites et dix pour cent

Nous savons qu’il s’agissait d’une façon de soutenir les Lévites. Les Lévites ne possédaient aucune terre. Les Lévites n’avaient pas reçu d’héritage et toutes les autres tribus devaient s’acquitter d’une taxe, de manière à soutenir cette tribu-là. Plus précisément, ils devaient mettre un dixième à part et ensuite l’apporter et cela constituait le revenu des Lévites, à mesure que le peuple amenait sa part. Donc, en généralisant, on peut dire qu’il s’agissait d’une manière de soutenir le système religieux conventionnel de cette époque.

Alors, posons-nous la question : bon, est-ce qu’aujourd’hui nous devrions soutenir notre système ecclésial conventionnel de la même manière ? Puisque nous savons que, d’après le Nouveau Testament, les pasteurs devraient être soutenus. « Tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain. Et l’ouvrier mérite son salaire. » (1 Timothée 5.18). « Les anciens méritent un double honneur » dans le contexte du soutien aux veuves (1 Timothée 5.17).

Clairement, nous savons que Paul estimait juste que les pasteurs soient rémunérés s’ils avaient offert toute leur vie à l’Évangile. Est-ce que cela implique pour nous de simplement donner notre dîme ? De plus, Paul traite le sujet du soutien matériel en disant : « Que chacun donne comme il l’a décidé dans son cœur, sans regret ni contrainte, car Dieu aime quelqu’un qui donne avec joie » (2 Corinthiens 9.7). L’impression que Paul donne ici est d’être désireux de collecter de l’argent de la part de gens qui ne donnent ni par contrainte, ni avec regret, mais avec bonheur.

Une Alliance plus grande, une générosité plus grande

Maintenant à la fin de la journée, comme Don Carson aime le dire, je dirais que nous devrions accorder une grande valeur à nos richesses en Christ dans cette nouvelle forme d’alliance et de relation, une grande valeur à notre liberté vis-à-vis du péché et une grande valeur à l’Évangile, au point de simplement aimer donner. Jésus a dit qu’il y a une plus grande bénédiction à donner qu’à recevoir (Actes 20.35). Ainsi, nous serions libres d’un amour des choses matérielles et d’une dépendance à ces choses et nous surpasserions ceux qui vivaient sous la loi, et cela parce que nous avons une meilleure alliance et une meilleure promesse. Tout est plus grand avec Christ. Pourquoi pas aussi le fait de donner ?

Pour terminer, je pense avoir prêché sur la dîme deux ou trois fois en 33 ans à Bethléhem. Bien sûr j’ai parlé à maintes reprises des dons et du sacrifice, mais pas précisément de la dîme… et lorsque je l’ai fait, je pense que c’était surtout de ce ton : frères et sœurs, pourquoi voudrions-nous donner moins ? C’est vrai, la personne qui demande : suis-je obligé de donner la dîme ? Cette personne part complètement dans la mauvaise direction. Tout est plus grand dans la nouvelle alliance. Nous avons de meilleures promesses, une meilleure alliance — Hébreux le démontre — pourquoi alors n’y aurait-il pas aussi un sacrifice meilleur et des dons meilleurs ?


Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts