La réalité de l’enfer : un sujet d’inquiétude légitime (Timothy S. Lane)
Jésus affirme que la réalité du jugement et de l’enfer constitue un véritable sujet d’inquiétude. Quant à « craindre » quelque chose ou quelqu’un, il vaut mieux craindre celui qui tient entre ses mains votre destinée éternelle : « Craignez celui qui […] a le pouvoir de jeter dans la géhenne » (v. 5).
Une source de réflexion
Cet enseignement soulève de nombreuses questions pour plusieurs d’entre nous. L’idée qu’un Dieu d’amour puisse envoyer des individus dans un lieu de tourments infinis est difficile à comprendre. Qu’en est-il de la paix, de l’amour et de la compassion ? À quoi Jésus pensait-il en tenant de tels propos ? La réponse est simple et fondamentale. Jésus enseigne que chaque être humain a une destinée éternelle et passera l’éternité dans l’un ou l’autre de deux lieux. Dans ces versets, il insiste sur ce que les Écritures appellent l’enfer. Ses paroles incitent à la réflexion. Jésus affirme que chaque être humain a une raison légitime d’être profondément inquiet et angoissé. Il dit cela parce qu’il nous aime.
L’enfer : une réalité généralement rejetée par notre société
En dépit de la corruption évidente en nous et de la mort présente partout autour de nous, les êtres humains ont tendance à nier leur propre finitude et la réalité de la mort. Ils sont même passés maîtres dans l’art de nier ou d’étouffer le fait qu’ils vivent dans un monde moral créé par un Dieu personnel et parfait, à qui chacun devra rendre compte. Cette vérité est énoncée dans des termes très simples dans les Écritures : « […] il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement […] » (Hé 9.27.) Cette manière de penser n’est pas très répandue de nos jours. La plupart des gens comptent échapper au jugement ou ils ont complètement éradiqué cette croyance de leur esprit et la traitent comme la relique dépassée d’une superstition culturelle, fausse et culpabilisante.
Or, l’être le plus aimant qui ait vécu sur la terre, c’est-à-dire Jésus, est aussi celui qui, dans la Bible, parle le plus souvent de l’enfer (voir Lu 13.22-28 ; Mt 13.47-50 ; Mt 25.30,46).
Jésus atteste l’existence réelle d’un lieu au-delà de la mort où l’on est complètement séparé de Dieu : l’enfer, un lieu horrible avec une condition irréversible. Dans un sens littéral, le terme « enfer » désigne une décharge située à l’extérieur de Jérusalem où les cadavres et les ordures brûlaient jour et nuit. En hébreu, ce lieu porte le nom de « géhenne ».
Le bien-fondé de l’enfer
Jésus parle de l’enfer sans détour, et cela est salutaire pour nous. Sans l’honnêteté de la Bible, nous pourrions supposer que tout va bien et que nous n’avons pas à nous inquiéter quant à l’éternité. Mais Jésus nous aime trop pour nous laisser dans l’ignorance. Notre délivrance de l’enfer lui importe plus que notre tranquillité d’esprit.
Pour quelle raison Jésus tient-il absolument à enseigner à ce sujet ? D’abord, l’existence de l’enfer nous rappelle que Dieu s’est engagé à régler tous les torts et toutes les injustices commises au cours de l’histoire de l’humanité. Le jour viendra où chacun devra rendre compte à Dieu. Aucune œuvre mauvaise n’échappera à son jugement et ce jugement sera en complète harmonie avec son caractère. Lui qui est amour est également juste, compatissant et parfait.
En outre, la nature même de l’enfer entre en ligne de compte. Avez-vous déjà réfléchi au fait qu’on choisit soi-même l’enfer comme destination ? Ce lieu dépourvu de l’amour de Dieu est réservé à ceux qui choisissent de vivre sans l’amour de Dieu. L’existence de l’enfer révèle, en réalité, la trajectoire finale de la vie d’une personne qui est déterminée à vivre pour elle-même.
Le but de l’enseignement de Jésus sur l’enfer
Christ veut nous donner un sujet légitime d’inquiétude ! Le jour viendra où chaque être humain se présentera devant le Dieu de l’univers pour rendre compte de ses actes. L’existence de l’enfer n’est pas une doctrine désuète d’un christianisme ancien et dépassé. L’enfer est une réalité qui devrait nous causer une angoisse profonde et nous garder éveillés la nuit. Notre destinée finale pourrait être l’enfer. Ce ne sera pas forcément le cas, mais la possibilité est réelle.
La bonne nouvelle à propos de l’enfer
L’enseignement de Jésus sur l’enfer contient-il au moins une bonne nouvelle ? Bien sûr ! Jésus révèle un sujet d’inquiétude réel, mais il donne également le moyen d’en être délivré. Il expose son enseignement sur l’enfer, mais il ajoute du même souffle les préceptes de la bonne nouvelle de la grâce rédemptrice de Dieu. Il ne veut pas que nous finissions comme l’homme riche ! Il rappelle à ses auditeurs que Dieu se soucie d’eux et qu’il aime son peuple bien plus qu’il n’aime les passereaux. Il nous connaît au point de compter le nombre de cheveux sur notre tête ! Il affirme enfin que le pardon des péchés se trouve à notre portée. Voici un verset clé à ce sujet :
Je vous le dis, quiconque se déclarera publiquement pour moi, le Fils de l’homme se déclarera aussi pour lui devant les anges de Dieu (Lu 12.8).
Comprenons-nous le sens de ces paroles ? Les mêmes anges qui jetteront les méchants en enfer (Mt 13.47-50) accueilleront également dans la présence de Dieu ceux qui auront reconnu que Jésus est le Roi éternel, souverain et sauveur.
Revenons à l’épître aux Hébreux citée brièvement auparavant :
Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, de même Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup d’hommes, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut (Hé 9.27,28).
En d’autres termes, la venue de Jésus avait pour but de résoudre deux problèmes : l’angoissante réalité du jugement de Dieu sur le péché et la nature horrible de l’enfer. Il explique ce qu’on doit craindre, puis il enlève la nécessité de s’inquiéter. Il est possible d’être délivré de toutes ses inquiétudes concernant la mort et l’enfer.
Cet article est tiré du livre : Une vie sans inquiétude de Timothy S. Lane