Le péché est pire que l’enfer

Pour certains, la doctrine du châtiment éternel en enfer ressemble à une réaction divine excessive. Prenons l’exemple de Clark Pinnock : « Comment les chrétiens peuvent-ils projeter une divinité d’une telle cruauté et d’une telle vindicte dont les manières incluent d’infliger une torture éternelle à ses créatures, aussi pécheresses qu’elles aient pu être ? »

Aussi pécheresses qu’elles aient pu être.

L’hypothèse derrière la question de Pinnock est qu’aucune quantité ou degré de péché ne pourrait justifier un tourment conscient sans fin. Pour cette raison, Pinnock propose une vision modifiée de l’enfer dans laquelle les impies cessent d’exister après une période de souffrance. Mais que faire si le tourment éternel est en fait une réponse appropriée à notre péché ? Et si, au lieu de considérer l’enfer comme une réaction excessive à nos méfaits, nous le regardions plutôt comme un commentaire de Dieu sur la gravité de notre rébellion ? En d’autres termes, et si ce n’était pas la vision de Dieu sur le péché qui devait être ajustée, mais la nôtre ?

Le jugement des méchants

Dans Ésaïe 66, nous voyons qu’un jour les nations viendront adorer Dieu dans une Jérusalem renouvelée : « En effet, le nouveau ciel et la nouvelle terre que je vais créer subsisteront devant moi, déclare l’Éternel. De la même manière, votre descendance et votre nom subsisteront. À chaque début de mois et à chaque sabbat, tout être vivant viendra se prosterner devant moi, dit l’Éternel, et quand on sortira, on verra les cadavres des hommes qui se sont rebellés contre moi. En effet, leur ver ne mourra pas et leur feu ne s’éteindra pas, et ils seront pour chacun un objet d’horreur. » (Ésaïe 66.22-24)

Le rappel régulier du sort réservé aux méchants sera un élément essentiel de notre adoration dans les siècles à venir. Ce destin nous est présenté dans Ésaïe 66 en termes de jugement, d’exclusion et de douleur persistante. Le feu qui brûle les corps des rebelles est une image du jugement divin. Dans Ésaïe 66.16, nous lisons : « C’est par le feu, par son épée, que l’Éternel juge toute créature, et ses victimes seront nombreuses. »

De plus, les méchants seront exclus du confort et des délices de la Jérusalem céleste. Notez dans Ésaïe 66.24 comment les adorateurs sortiront et regarderont les cadavres des rebelles. Les méchants souffriront dans le désert, exclus de la présence du Seigneur pour toujours.

Enfin, l’image du ver immortel et du feu inextinguible suggère que les méchants connaîtront une douleur incessante. Dans les Écritures, le ver est associé à la pourriture et à la décomposition. Le fait qu’un tel ver ne meurt pas dans le cas des méchants suggère que les ennemis du Seigneur reposeront dans un état perpétuel de décomposition, devenant de plus en plus pourris sans jamais disparaître. De la même manière, le feu dévorera continuellement leur chair. Il est certain que la douleur qu’implique un tel état défie toute description. Ésaïe 33.14 résume pour nous cette perspective effrayante : « Les pécheurs sont effrayés dans Sion, un tremblement s’empare des hommes sacrilèges : “Qui de nous pourra tenir un instant près d’un feu dévorant ? Qui de nous pourra résister un seul instant près des flammes éternelles ?” »

Tel est donc le sort réservé aux impies. Mais qu’ont-ils fait pour le mériter ?

La justice de l’enfer

Nous voyons dans Ésaïe 66.24 que les cadavres qui moisissent à l’extérieur de la ville appartiennent à ceux « qui se sont rebellés contre [Dieu] ». Cette rébellion a pris la forme spécifique de l’idolâtrie, telle que décrite dans Ésaïe 66.17 : « Ceux qui se consacrent et se purifient pour aller dans les jardins, en disciples de l’idole qui est parmi eux, qui mangent de la viande de porc, des choses monstrueuses et des souris, disparaîtront tous ensemble, déclare l’Éternel. »

Pour comprendre pourquoi l’idolâtrie est une offense aussi grave, nous devons nous rappeler la rencontre d’Ésaïe avec le Saint d’Israël dans Ésaïe 6. Le prophète a vu la gloire du Seigneur remplir le temple et il s’est écrié : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures et mes yeux ont vu le roi, l’Éternel, le maître de l’univers ! » (Ésaïe 6.5)

Lorsqu’Ésaïe s’est tenu devant la magnificence tonitruante de Dieu, il a vu son péché sous son vrai jour et cela l’a défait. Je soupçonne qu’à ce moment-là, Ésaïe n’aurait jugé aucune punition trop sévère pour ses crimes.

De même, nous ne verrons la justice de l’enfer que lorsque nous verrons le poids terrible de notre péché. Et nous ne verrons le poids terrible de notre péché que lorsque nous verrons le Dieu qui dit de lui-même : « Je suis l’Éternel, voilà quel est mon nom, et je ne donnerai pas ma gloire à un autre ni la louange qui m’est due aux sculptures sacrées. » (Ésaïe 42.8) Lorsque nous verrons ce Dieu, nous comprendrons pourquoi Jonathan Edwards a pu dire que « les hommes ne détestent pas plus la misère que Dieu ne déteste le péché. »

Ainsi, le péché, en dernière analyse, est pire que l’enfer. Ne nous étonnons pas que Dieu brûle de colère contre ses ennemis.

Émerveillons-nous plutôt que, alors que nous étions encore des ennemis, Christ soit mort pour nous.


Cet article est une traduction de l’article anglais « Sin Is Worse Than Hell » du ministère Desiring God par Timothée Davi.