Le sommeil, le manque de sommeil et le travail pour le Seigneur (John Piper)

Nous avons reçu un courriel d’une auditrice nommée Ashley qui nous écrit pour nous demander combien d’heures de sommeil peut être un signe de paresse personnelle. Et quand est-ce que le manque de sommeil est un signe d’arrogance et de manque de foi. « Bonjour Pasteur John ! Ma question pour vous concerne le sommeil. J’ai entendu des opinions opposées allant de certains qui disent que le sommeil est un humble et nécessaire rappel de notre mortalité aux autres qui expliquent que nous devons tout sacrifier, y compris le sommeil, pour pouvoir utiliser notre temps sur terre pour glorifier le Seigneur. Qu’en pensez-vous ? Dieu est-il plus glorifié lorsque l’on utilise son don de repos par le biais du sommeil ou lorsque l’on profite le plus possible du temps dont nous disposons, allant même jusqu’à nous priver de sommeil, afin de mieux le servir ? »

Je me demande s’il ne serait pas utile de comparer cette question aux questions sur la nourriture et le jeûne. La nourriture est-elle bonne ? Devrait-elle être savourée ? Devrions-nous assidûment suivre une alimentation saine ? Mais d’un autre côté, est-ce une bonne chose de jeûner ou de ne pas manger ? Y a-t-il des moments où, pour le royaume, nous sauterons des repas ?

La réponse à ces questions est sûrement que Dieu nous a donné la nourriture comme une nécessité absolue pour la vie. Vous ne pouvez pas vivre sans nourriture, et vous ne pouvez pas vivre sans sommeil. Et il approuve le fait que nous jouissions de la nourriture (1 Timothée 4.4 ; 6.17).

Le sommeil est une bonne chose

Jésus recommande les bienfaits du repos à ses disciples. « Venez à l’écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu » (Marc 6.31). Donc, les deux choses sont sûrement vraies. Le sommeil est une bonne chose. Le sommeil, c’est l’humilité. Le sommeil est une parabole de notre impuissance et de notre dépendance totale envers Dieu. Le sommeil est un don. Mais le sommeil n’est pas le bien absolu. Et dans un monde où les besoins sont criants, l’objectif n’est pas de maximiser notre confort dans cette vie, ni même notre santé, mais d’aimer notre prochain et de faire autant de bien que possible.

Nous voyons cette réalité se dérouler dans la vie et l’enseignement de Jésus. « Vers le matin, alors qu’il faisait encore très sombre, il se leva et sortit pour aller dans un endroit désert où il pria » (Marc 1.35). Alors, il s’est levé tôt le matin. Ça veut dire qu’il n’a pas fait la grasse matinée, comme on dit. Ou Luc 6.12 : « A cette époque-là, Jésus se retira sur la montagne pour prier ; il passa toute la nuit à prier Dieu. »

Cela dit, je ne sais pas combien de temps il a dormi cette nuit-là, mais au moment où le sommeil était chose requise et ordinaire, il y a renoncé pour le royaume. Et pourtant, Jésus jouissait d’une telle paix avec Dieu et d’une telle sérénité dans ce monde qu’il pouvait dormir en pleine tempête (Luc 8.23). Ainsi, il semble que si Jésus perdait des heures de sommeil à un moment de la journée, il les rattrapait à d’autres moments, notamment, ici, avec des heures de sommeil en pleine tempête.

Œuvrer pour le royaume

Jésus décrit – ce qui est intéressant – il décrit ainsi l’œuvre du royaume : « Voici à quoi ressemble le royaume de Dieu. Il est semblable à un homme qui jette de la semence en terre ; qu’il dorme ou qu’il reste éveillé, nuit et jour la semence germe et pousse sans qu’il sache comment » (Marc 4.26-27).

Qu’est-ce que cela nous enseigne ?

Dieu est l’ouvrier décisif. C’est cela que cette parabole nous enseigne. Dieu est celui qui – l’élément décisif qui – fait germer les graines et qui fait pousser les fruits. La progression du royaume ne dépend pas de nous en définitive. Dieu nous utilise, certes, mais pas d’une manière telle que nous devrions nous sentir indispensables à ses desseins. Il peut le faire sans nous. Ainsi, cela devrait nous libérer du complexe de Dieu ou du complexe du sauveur, de cette tendance que nous avons à vouloir être ou faire ce que Dieu seul fait et est.

Pensez à Paul

Il le savait bien. Il savait que Dieu était l’élément décisif de toute chose. Néanmoins, il y avait de nombreuses situations dans la vie de Paul où il dut renoncer à dormir dans l’intérêt du royaume. Il dit dans 2 Corinthiens 6.4-5 : « Au contraire, nous nous recommandons nous-mêmes à tout point de vue comme serviteurs de Dieu par une grande persévérance dans les souffrances, les détresses, les angoisses, sous les coups, dans les prisons, les émeutes, les travaux pénibles, les privations de sommeil et de nourriture. »

Ou encore, 2 Corinthiens 11.25-27, « Trois fois j’ai été fouetté, une fois j’ai été lapidé, trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit dans la mer … J’ai connu le travail et la peine, j’ai été exposé à de nombreuses privations de sommeil, à la faim et à la soif. » Ainsi, Paul n’a pas quitté le ministère parce que c’était épuisant. Il a trouvé un moyen de continuer.

Et puis, bien sûr, enfin, il y a le merveilleux Psaume 127.1-2 où Dieu, encore une fois, est l’ouvrier décisif dans tout notre travail. Voici ce que ce passage dit : « Si une maison n’est pas construite par l’Eternel, ceux qui la construisent travaillent inutilement, si une ville n’est pas gardée par l’Eternel, celui qui la garde veille inutilement. »

Et puis : « C’est inutilement que vous vous levez tôt, que vous vous couchez tard et que vous mangez un pain gagné avec peine : il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil. » Vous pouvez construire une maison, vous pouvez surveiller une ville, et vous pouvez ne pas dormir. Et tout cela sera vain, si l’Éternel n’est pas celui qui bâtit la maison, veille sur la ville, et vous soutient par son appel et sa force selon son dessein.

Donc, la question demeurera toujours : Est-ce que je dors moins parce que je suis vraiment conduit par le Seigneur et soutenu par le Seigneur dans une foi humble, ou suis-je présomptueusement en train de sauter du temple et mettre le Seigneur à l’épreuve pour voir s’il va me rattraper et me faire éviter une crise cardiaque ?


Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts