L’enfer explique pourquoi les chrétiens souffrent (Steven Estes)
La souffrance est un rappel de l’enfer
Quelqu’un pourrait objecter : « Mais les péchés des chrétiens sont payés par la mort du Christ. Ils ne connaîtront jamais l’enfer. À quoi cela leur sert-il de goûter à l’enfer sur terre ? »
À beaucoup de choses. La souffrance humaine dans cette vie est simplement l’éclaboussure de l’enfer. Certes, on pourrait penser que les chrétiens en soient exemptés. Le livre “Quand Dieu pleure” tente de montrer pourquoi Dieu permet l’éclaboussure malgré tout. Le plan de Dieu pour nous dans cette vie est de nous donner les avantages du ciel de manière progressive uniquement. En permettant la lutte avec les restes d’une nature pécheresse, et en nous laissant ressentir la douleur, il nous rappelle l’enfer dont on a été sauvé.
La souffrance est un rappel de l’éternité
Avec une vie facile, on aurait vite fait d’oublier que l’on est des créatures éternelles. Mais l’éclaboussure de l’enfer ne nous le permet pas. Elle nous rappelle constamment que quelque chose d’immense et de cosmique est en jeu : un ciel à atteindre, un enfer à éviter. Les âmes humaines sont le champ de bataille sur lequel sont menées de massives batailles spirituelles. L’enjeu est énorme. Le gagnant rafle tout et le perdant perd tout. Chaque journée de notre brève vie a des conséquences éternelles en bien ou en mal. L’éternité en est affectée. L’instant présent compte pour toujours. Il est donc logique que Dieu veuille nous donner une idée des enjeux et de l’ampleur de la guerre spirituelle. Il nous permet donc d’avoir des avant-goûts du ciel dans les joies que l’on éprouve et des avant-goûts de l’enfer dans nos souffrances.
En y réfléchissant bien, chaque éclaboussure de l’enfer nous amène à tendre la main à nos amis non croyants et à nos voisins. On a peut-être un cancer. Nos corps sont en proie à la douleur. Le chrétien devrait y penser de la manière suivante : « Comme c’est horrible que nos péchés soient à l’origine de tant de souffrances dans un monde que Dieu a créé parfait ! Mais quel bonheur d’aller au ciel et d’être épargné de cette horrible souffrance que je mérite ! Ma voisine, que j’apprécie beaucoup, ne croit pas encore en Jésus. Elle va tout droit vers un lieu de souffrances éternelles bien pires que celles que j’endure actuellement. Seigneur, donne-moi le courage, le tact et la sagesse pour lui tendre la main en lui présentant la vérité de l’Évangile. »
La souffrance est un rappel de la grâce
Pendant tous ces moments de souffrance, ces épreuves nous transforment davantage à l’image de Christ. Elles contribuent au perfectionnement de notre caractère et nous font ainsi gagner des récompenses éternelles. Comme le dit Paul, « nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire » (2 Co 4.17b,18a). En d’autres mots, en goûtant un peu à l’enfer maintenant, notre ciel devient plus céleste encore. Nos voisins et nos amis sont plus susceptibles de nous y rejoindre. De plus, nous sommes beaucoup plus reconnaissants pour notre salut. « Je mérite d’aller en enfer, admet-on, mais je vais pourtant au ciel ; nul n’a plus de raisons de se réjouir que moi ! »
Vingt minutes au paradis suffiront à compenser toutes nos souffrances.
Cet article est tiré du livre : Quand Dieu pleure de Joni Eareckson Tada & Steven Estes