Les éléments fondamentaux nécessaires à l’épanouissement des relations (Leslie Vernick)

Les gens s’engagent dans toutes sortes de relations. On a des relations professionnelles, des amitiés en affaires, ainsi que des échanges occasionnels avec les voisins et avec les gens de l’Église. À un niveau plus profond, on a des amis proches, de meilleurs amis, des amoureux ainsi que des liens familiaux avec nos frères et soeurs, nos enfants, nos parents, nos beaux-parents et nos conjoints. Dans chacune de ces relations, il y a des attentes différentes concernant l’honnêteté, l’engagement, le soutien et le temps requis pour que la relation soit mutuellement bénéfique. Or, la relation la plus superficielle peut se détériorer en une rencontre destructrice si les éléments de base suivants sont dépréciés par l’une ou les personnes impliquées dans la relation.

Penchons-nous sur les qualités fondamentales nécessaires à l’épanouissement de toute relation saine.

Engagement et sollicitude

Dans toutes relations saines, personnelles ou professionnelles, le bien-être de l’autre nous importe, même si l’on est irrité, fatigué ou occupé. À son niveau le plus élémentaire, l’engagement promet que les sentiments, les désirs, les besoins, les aspirations et les pensées de l’autre comptent pour nous, et que lorsque l’autre estime que quelque chose est urgent ou important, on lui accorde notre attention. Cela ne signifie pas toujours que l’on doit faire ce que l’autre veut. On n’a même pas à avoir la même opinion, mais au moins, on accepte d’y réfléchir.

Certaines personnes sont légalement mariées, mais non disposées à s’engager à prendre soin de leurs conjoints, à les soutenir ou à assurer leur bien-être. Ce mépris constant à l’égard des pensées, des sentiments et du bien-être d’un partenaire engendre une grave détresse émotionnelle, car la promesse d’engagement et d’attente de sollicitude fait simplement partie de l’alliance conjugale.

La bienveillance sincère considère le bonheur, le bien-être et le bien de l’autre. L’amour égoïste s’intéresse exclusivement à ce que l’autre est tenu d’apporter dans la relation en termes de contribution.

Honnêteté et intégrité

L’honnêteté personnelle (ne pas se mentir à soi-même) et l’honnêteté interpersonnelle (en fonction du niveau d’intimité dans la relation) sont indispensables à l’épanouissement de la confiance. Toutes les relations n’exigent pas une transparence totale (en d’autres termes, gardez vos habits émotionnels, sauf si la relation est intime), mais toute relation saine se nourrit d’authenticité. Les autres méritent de vous connaître tel que vous êtes vraiment. J’aime pouvoir être moi-même avec mon mari. Il connaît mes bons côtés et mes côtés immatures et bien qu’il n’aime pas nécessairement certains aspects de ma personnalité, il m’accepte.

Comme je le disais plus haut, faire semblant, nier, dissimuler, éviter, cacher ou déformer les faits ou vos sentiments pour créer une impression particulière sont des formes de mensonge, et ne génèrent que de la méfiance. Tel de l’acide sur du métal, la tromperie sape les fondements nécessaires à une relation saine.

Être honnête ne signifie pas de vider son sac sur ce qu’on ressent au moment même où l’intensité est la plus forte. Cela peut être très nocif. Un individu sain sait qu’il est sage de contenir ses émotions toxiques jusqu’à ce qu’il ait eu un peu de temps pour réfléchir à ses sentiments, et prier pour voir comment aborder le problème de manière constructive. En faisant preuve de retenue, on a l’assurance de vouloir la guérison et la restauration, plutôt que de chercher simplement à se décharger de sa colère ou à entrer dans une spirale infernale de colère.

Respect mutuel

Toute personne, indépendamment si on l’aime ou pas, ou si on est en désaccord avec ses croyances ou sa conduite, porte en elle-même la précieuse image de Dieu. Les chrétiens ne devraient jamais se moquer d’un individu, le dédaigner ou lui manquer de respect (Proverbes 14.21), même s’ils désapprouvent ses actes.

Il est si facile de montrer notre désapprobation à l’égard d’une autre personne. On lève les yeux au ciel, on ricane quand elle exprime ses sentiments ou ses pensées, on se moque d’elle, on manifeste du dégoût ou du mépris à son égard, on lui fait des commentaires dégradants, on dit des choses derrière son dos, on l’humilie en public ou on essaie sans cesse de la changer pour qu’elle devienne la personne qu’on pense qu’elle devrait être.

Les relations saines entre adultes existent dans la mesure où les deux personnes impliquées dans la relation donnent et reçoivent. David et Michelle n’avaient pas un mariage parfait, mais c’était un mariage heureux. Ils s’aimaient et c’était visible. Leurs proches voyaient bien qu’ils partageaient l’autorité et les responsabilités à la maison. Ils étaient tous deux dévoués et soumis l’un à l’autre pour leur bien-être mutuel et celui de leurs enfants. Ensemble, ils échangeaient ouvertement sur leurs idées, leurs sentiments et leurs pensées dans la famille et le point de vue de chacun était important et considéré. Non seulement y avait-il de la place pour l’amour réciproque, les compliments et l’entraide, mais aussi pour la liberté de se mettre au défi respectueusement, de se confronter et se fortifier mutuellement.

Mis à part Jésus, personne n’est parfait

Jésus nous sert de modèle dans nos interactions avec les autres sur les plans mental, émotionnel et spirituel. Néanmoins, à l’exception du Christ, personne n’a toujours raison ou ne voit les choses exactement telles qu’elles le sont en tout temps. Je trouve inquiétant de voir ceux qui dissuadent les femmes chrétiennes de contredire leur mari, même quand il dirige ses pas ou toute la famille au bord du gouffre. Ce type d’enseignement est néfaste, non seulement pour la femme, qui doit mentir à son mari pour ne pas blesser son ego, mais aussi pour le mari, qui croit être sur la bonne voie, quand, en réalité, ce n’est pas le cas (Proverbes 29.1 ; Galates 6.1 ; Jacques 5.19-20). Chaque personne dans la relation est bafouée : un mariage sain est alors impossible. Les enfants observent et absorbent ces comportements typiques d’une relation destructrice et ils les reproduiront dans leur vie d’adulte.


Cet article est tiré du livre : Les relations destructrices de Leslie Vernick