Les femmes professeurs peuvent-elles enseigner de futurs pasteurs ? (John Piper)
Dans nos églises locales, nous croyons que Dieu élève quelques hommes qualifiés pour diriger. Dans une église, tous les hommes ne sont pas appelés à être pasteur, seulement quelques hommes. Mais seuls les hommes servent en tant qu’anciens, selon le schéma que nous trouvons dans les épîtres pastorales du Nouveau Testament. Cela nous amène donc à nous interroger aujourd’hui sur le rôle des femmes qui enseignent de futurs pasteurs dans les facultés de théologie. Scott, un auditeur du podcast, nous écrit pour nous poser cette question :
« Cher Pasteur John, je suis étudiant dans une faculté de théologie orthodoxe, mais interconfessionnelle aux États-Unis. Je partage votre compréhension complémentarienne du dessein de Dieu concernant les rôles et les relations hommes-femmes au sein du foyer et de l’église. Partant de là, je me suis récemment demandé si ma faculté de théologie devait ou non autoriser les femmes à enseigner les pasteurs en formation. Qu’en pensez-vous ? Devrait-on engager des femmes pour enseigner de futurs pasteurs ? Quelle est votre meilleure réponse à cette problématique ? »
Je vais répondre à cette question du mieux que je peux en partant du principe que la Bible enseigne que les églises doivent être dirigées par une équipe d’hommes spirituels, humbles et qualifiés sur le plan biblique (1 Timothée 2.12). En d’autres termes, je vais baser ma réponse à cette question sur l’hypothèse du complémentarisme, qui, je pense, n’est pas simplement une hypothèse, mais une compréhension historique bien fondée de l’Écriture.
Exemplification du rôle d’ancien
La meilleure défense de cette position, en ce qui concerne le rôle des femmes qui enseignent et prêchent dans l’église, serait probablement celle de Tom Schreiner et Andreas Köstenberger dans « Women in the Church » (trad. « Les femmes dans l’église »). Pour être clair, la question n’est pas de savoir si les femmes devraient aller à la faculté de théologie dans l’un ou l’autre de ses programmes et obtenir la meilleure formation biblique possible. La question est de savoir si les femmes devraient être des exemples, des mentors et des enseignantes pour ceux qui se préparent à un rôle qui est bibliquement conçu pour des hommes spirituels. C’est ainsi que je pose la question.
Vous pouvez entendre dans cette phrase une autre hypothèse sur la nature de ce que devrait être, selon moi, l’enseignement de futurs pasteurs dans les facultés de théologie. En effet, la faculté de théologie ne consiste pas seulement à transférer des informations. Les machines peuvent faire ça. Mais les machines ne peuvent pas former un homme pour le rôle pastoral en étant celles qui, dans leur enseignement, incarnent ce rôle et donnent l’exemple de ce rôle et inspirent pour ce rôle par leur implication active en tant qu’hommes qualifiés dans l’église.
C’est ma conviction sur ce qui fait le meilleur enseignement à la faculté de théologie. Lorsqu’un étudiant ayant reçu l’appel pastoral arrive au niveau de préparation offert par une faculté, c’est différent de ce qui se passait dans l’enseignement supérieur ou secondaire (du moins, c’est généralement le cas). Non seulement il a dépassé les années de transition de l’adolescence à l’âge adulte, mais il se soumet désormais à une communauté d’enseignants qui, par leurs préceptes et leur exemple, sont appelés à façonner son esprit et son cœur pour la vocation et le ministère de pasteur.
Une différence dans les influences
Une différence entre les premières influences qui ont façonné la jeunesse et l’influence de la faculté et de la formation des pasteurs est que l’éducation à la faculté est imprégnée de la vision de la vocation pastorale. Tout est étudié, ou devrait l’être selon moi, en vue de savoir comment cela peut édifier l’église et faire progresser l’évangile grâce au rôle du pasteur dans le ministère de l’église.
Samuel Miller, l’un des fondateurs de la faculté de théologie de Princeton, a déclaré :
L’exemple d’un professeur en tant que pasteur dévoué, laborieux et fidèle, était avant tout un témoignage indispensable à la réussite de sa formation de pasteur.
Or, cela implique que les professeurs de faculté de théologie soient plus que des historiens compétents, des linguistes compétents, des exégètes compétents, des éducateurs ou des théologiens. L’enseignant de faculté doit être un exemple, un mentor, un guide, une incarnation de la charge pastorale en préparant les hommes à remplir cette charge.
Incohérence
Par conséquent, la tentative – cela arrive, et je l’ai documenté ; en fait, je tire beaucoup de ce que je dis d’un article que j’ai écrit en 1995 sur les femmes qui enseignent dans notre propre faculté dans ma dénomination – la tentative de distinguer le rôle d’enseignant à la faculté du rôle d’enseignant de pasteurs de telle manière que la restriction biblique aux hommes ne s’applique pas à l’enseignement à la faculté, entraîne une grave incohérence. Tel est mon argument.
L’incohérence est la suivante : plus on réussit à distinguer l’enseignant à la faculté de l’enseignant de pasteurs, plus on ne parvient plus à fournir le type d’enseignement enrichi par le modèle donné par des pasteurs et mentors expérimentés qu’une faculté devrait offrir.
En d’autres termes, en cherchant à justifier les femmes enseignantes-mentors pour les aspirants pasteurs, on aura du mal à souligner qu’elles ne sont pas dans la même catégorie que les pasteurs, et donc, comme nous le croyons, en décalage avec les Écritures.
Une vision pastorale
Permettez-moi de le formuler autrement sous la forme d’une question. S’il n’est pas biblique d’avoir des femmes comme pasteurs, comment peut-il être biblique d’avoir des femmes qui fonctionnent dans des capacités formelles d’enseignement et de mentorat pour former et préparer les pasteurs à la vocation même dont les mentors elles-mêmes sont exclues ? Je ne pense pas que cela fonctionne. Le problème est toujours cette incohérence. Si vous vous efforcez de découper l’enseignement de manière à ce qu’il convienne aux femmes, il cesse d’être adapté à l’enseignement dans les facultés qui visent à former des pasteurs.
Donc, un mot de conclusion. Comme toujours, le problème n’est pas la compétence des enseignantes, ni l’intelligence, ni les connaissances, ni les compétences pédagogiques. Ce n’est jamais la compétence ! Ce n’est pas la question qui se pose au sein du foyer ou du leadership, ce n’est pas la question de la direction des églises et ce n’est pas la question de la direction d’une faculté.
La question qui se pose ici au niveau de la faculté est en grande partie la nature du ministère d’enseignement à la faculté. Quel est notre objectif ? Est-il conçu comme un exemple, un modèle et une incarnation de la vision pastorale, ou non ? Cela nous guidera dans la manière dont nous recruterons notre corps professoral à la faculté.
Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts