Les Psaumes, un mélange d’émotions et de vérités (John Piper)

Essayez donc d’imaginer la Bible sans les Psaumes. Cela donnerait un livre complètement différent, n’est-ce pas ? L’Église en serait complètement changée, et moi aussi !

La Bible est tout entière à même de nous enseigner et de susciter en nous des émotions : nous pouvons en effet apprendre et être émus par chaque passage. Toutefois, les Psaumes ne suscitent pas simplement en nous des émotions, mais s’intéressent aussi à l’expression de ces émotions : ils nous donnent à voir les expériences émotionnelles des psalmistes et les mettent en perspective avec les vérités de Dieu.

Lire les Psaumes : une expérience de Dieu

Les Psaumes ne se contentent pas d’inviter nos cœurs à ressentir telle ou telle émotion face à ces vérités révélées — ils nous les montrent en contexte. Ils ne se bornent pas à nous donner des commandements — ils nous communiquent des sensations. Et nous, nous ne lisons pas juste des idées profondes et des débordements de sentiment — nous les vivons dans leur trop-plein. Nous marchons selon la sagesse divine, nous restons sur la voie de la sainteté émerveillée et nous nous asseyons au banc de l’admiration radieuse.

Nous touchons à des coussins imprégnés de larmes. Ces cris d’affliction, de honte, de regret, de chagrin, de découragement et de tourmente… Tous ces cris lancés sans complexe, nous les entendons et nous les comprenons. Mais ces émotions n’ont rien à voir avec la tristesse du monde. La différence tient à ce qu’elles sont toutes, absolument toutes vécues en relation avec le Dieu souverain.

Un cœur qui a rejeté ce Dieu ne peut ressentir de telles émotions, il ne peut reconnaître que Dieu est derrière tout ce qui se passe dans la vie. Il se dit plutôt : « Toutes tes vagues et tous tes flots passent sur moi » (Ps 42.8), « Voici, tu as donné à mes jours la largeur de la main » (Ps 39.6), « Cependant, tu nous repousses, tu nous couvres de honte, tu ne sors plus avec nos armées ! » (Ps 44.10), « Tu nous livres comme des brebis à dévorer, tu nous disperses parmi les nations » (Ps 44.12), « Tu as fait voir à ton peuple des choses dures » (Ps 60.5). Mais en tout ceci, voici quelle assurance nous devrions avoir : « Éternel, tu me sondes et tu me connais » (Ps 139.1 ; BDS).

Vivre nos émotions avec Dieu      

Telle est la grande différence entre les Psaumes de la Bible d’une part et les lamentations, les complaintes et les afflictions du monde d’autre part. Pour les psalmistes, Dieu est une réalité solide, immuable, indéniable et omnipotente. Ils ne renient ni sa personne, ni sa puissance, ni sa sagesse, car c’est l’entière souveraineté de Dieu qui donne du sens à toutes leurs émotions et à tous les événements de leur vie :

« Tout ce que l’Éternel veut, il le fait, dans les cieux et sur la terre, dans les mers et dans tous les abîmes » (Ps 135.6).

Tous les psalmistes avaient la conviction inébranlable que « Notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu’il veut » (Ps 115.3).

Dans leur malheur, ils ne se sont jamais rebellés contre lui ni détournés de lui. Les insensés pensent que Dieu n’existe pas (Ps 14.1), mais pas les psalmistes. Pour eux, il était impossible que leurs afflictions les éloignent de Dieu. Où iraient-ils ?

« Si je monte aux cieux, tu es là ; si je me couche au séjour des morts, te voilà » (Ps 139.8).

Si Dieu est Dieu, alors toutes nos émotions doivent être vécues dans sa présence, car lui seul peut leur donner du sens.

Faire confiance à Dieu

Mais ce n’est pas uniquement parce que Dieu est le Tout-Puissant que les psalmistes ne l’oublient pas. Ils savent d’expérience combien il est bon et fidèle. Ils savent que s’ils lui font confiance, Dieu agira en leur faveur (Ps 37.5). C’est pourquoi ils témoignent en permanence :

Tu as multiplié, Éternel mon Dieu, tes merveilles et tes desseins en notre faveur ! (Ps 40.6.)

Tu m’as relevé, tu n’as pas voulu que mes ennemis se réjouissent à mon sujet (Ps 30.2).

Tu me donnes le bouclier de ton salut (Ps 18.36).

Quand je crie, réponds-moi, Dieu de ma justice ! Quand je suis dans la détresse, sauve-moi ! (Ps 4.2.)

J’ai crié à toi, et tu m’as guéri (Ps 30.3).

C’est toi qui viens en aide à l’orphelin (Ps 10.14).

Car tu soutiens mon droit et ma cause (Ps 9.5).

Et tu as changé mes lamentations en allégresse (Ps 30.12).

Tu mets dans mon cœur de la joie, plus qu’ils n’en ont jamais quand leurs moissons abondent, quand leur vin nouveau coule (Ps 4.8 ; BDS).

L’invitation de Dieu pour toi

Dans sa grande miséricorde et sagesse, Dieu a choisi de nous donner les Psaumes. Il les a placés précisément au centre de la Bible et ce n’est certainement pas par hasard. Le cœur est au centre de nos émotions ; et les Psaumes, qui représentent le cœur de Dieu, sont au centre de la Bible. Le message semble clair ! C’est une invitation. Dieu veut notre cœur. Il le trouvera et il le prendra. Puis il le façonnera, grâce au pouvoir guérisseur des Psaumes.

Acceptez donc son invitation. Venez à lui. Sur la porte de sa maison est inscrite cette promesse : « Bienvenue. Entrez, attardez-vous ici et trouvez votre plaisir dans la méditation. » Vous serez alors « comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point : tout ce qu’il fait lui réussit » (Ps 1.3).


Cet article est tiré du livre : Façonné par Dieu de John Piper