Les Psaumes : une étoffe de sentiments (Joni Eareckson Tada)

Les émotions fluctuent

Les émotions sont une des forces les moins fiables et pourtant les plus influentes dans nos vies. Un jour, on est plein d’espoir ; le jour suivant, on a de la haine. Tantôt, c’est le désespoir ; tantôt, c’est l’extase. Les émotions sont comme des marées agitées qui ne cessent de monter et descendre, nous attirant vers le haut, puis nous poussant vers le bas. Les Psaumes sont un gyroscope, qui maintient au niveau les choses mobiles, tel un navire stabilisé dans une mer agitée. C’est pourquoi les Psaumes répètent souvent l’avertissement suivant :

« Ayez recours à l’Éternel et à son appui, cherchez continuellement sa face ! Souvenez-vous des prodiges qu’il a faits, de ses miracles et des jugements de sa bouche » (Psaumes 105.4,5)

Se souvenir de la puissance du Seigneur revient à définir la rotation du gyroscope.

Se souvenir nous aide à nous stabiliser

Autrement dit, ne remettez jamais en question, une fois dans l’obscurité, ce que vous avez cru dans la lumière. Lorsque les difficultés s’installent, les ténèbres et le scepticisme maussade déferlent sur nous dans une vague de doute et de peur. La seule digue sûre contre ce flot de sentiments est le souvenir. Il est impératif de se rappeler les moments plus ensoleillés qu’on a connus, les repères de la bonté de Dieu, quand on se sentait solidement amarré par la confiance. Des moments de bénédictions, où nous avons connu sa faveur, où nous étions reconnaissants pour ses dons, alors que ses bras éternels nous portaient. C’est ce que nous appellent à faire les 45 versets du Psaume 105 :

Mais il ne permit à personne de les opprimer [ses oints] […]
Il rendit son peuple très fécond […]
Il fit sortir son peuple avec de l’argent et de l’or […]
Il étendit la nuée pour les couvrir,
Et le feu pour éclairer la nuit […]
Et il les rassasia du pain du ciel.
Il ouvrit le rocher, et des eaux coulèrent […]
Car il se souvint de sa parole sainte,
Et d’Abraham, son serviteur […]
Louez l’Éternel !
(Ps 105.14,24,37,39,40-42,45.)

Rappelez-vous, rappelez-vous, rappelez-vous sans cesse

Les Psaumes nous orientent aussi vers l’avenir, nous encourageant à tenir bon, à rester fermes, car le ciel est à nos portes. Les sentiments très forts, particulièrement ceux qui sont ressentis dans la souffrance, nous rappellent que nous ne serons jamais vraiment en paix tant que le ciel n’apparaîtra pas à l’horizon. Fanny Crosby le savait. Femme aveugle vivant au xixe siècle, elle a beaucoup souffert et s’est réfugiée dans le livre des Psaumes. Seule et vulnérable, elle a trouvé dans Psaumes 27.4-5 une consolation particulière :

Je demande à l’Éternel une chose, que je désire ardemment :
Je voudrais habiter toute ma vie dans la maison de l’Éternel,
Pour contempler la magnificence de l’Éternel
Et pour admirer son temple.
Car il me protégera dans son tabernacle au jour du malheur,
Il me cachera sous l’abri de sa tente ;
Il m’élèvera sur un rocher.

Les Psaumes sont une inspiration

Fanny Crosby a constaté que son affliction l’exposait à de vives émotions qui, à moins d’être tempérées, pouvaient faire vaciller sa foi. Quand elle s’est penchée sur les Psaumes, elle a trouvé en eux une merveilleuse source d’inspiration, au point qu’ils ont servi de base à la majorité des 6000 hymnes qu’elle a écrits. Par exemple, le Psaume 27 l’a inspiré à écrire ce chant :

Il cache mon âme dans la fente du rocher
Qui abrite une terre sèche, assoiffée ;
Il cache ma vie dans les profondeurs de son amour
Et me couvre de sa main,
Et me couvre de sa main.

Lorsque, revêtue de son éclat, je serais transportée,
À sa rencontre sur les nuées célestes,
Son salut parfait, son amour merveilleux,
Je chanterai avec les multitudes au ciel.

Les Psaumes sont consolateurs

Entre le passé et l’avenir, les Psaumes apportent une consolation dans nos circonstances présentes. Tandis qu’on avance sur le chemin de la souffrance et qu’on traverse « la vallée de l’ombre de la mort », qui d’entre nous (même pour une douleur relative, peut-être chez le dentiste, en attendant que l’anesthésie fasse effet) ne s’est pas tourné vers ce vieux psaume tant aimé, récitant doucement les versets mémorisés pour calmer ses nerfs et apaiser son coeur ?

L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles.
Il restaure mon âme,
Il me conduit dans les sentiers de la justice,
À cause de son nom.
Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi :
Ta houlette et ton bâton me rassurent
(Psaumes 23.1-4)

Les Psaumes nous poussent à nous repentir 

Les Psaumes constituent même un confessionnal. Occasionnellement, la souffrance nous pousse à dépasser la barrière « Danger » pour nous avancer sur la mince couche de glace de notre rancune contre Dieu, tout en le narguant rageusement. Mais ensuite, on se rend compte qu’à défaut d’appartenir à Christ, on tomberait en disgrâce pour finir noyé. On s’arrête net, on met sa main sur sa bouche, on tombe à genoux. Les Psaumes expriment alors notre repentance :

Ô Dieu ! aie pitié de moi dans ta bonté ;
Selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions ;
Lave-moi complètement de mon iniquité,
Et purifie-moi de mon péché.
Car je reconnais mes transgressions,
Et mon péché est constamment devant moi.
J’ai péché contre toi seul,
Et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux,
En sorte que tu seras juste dans ta sentence,
Sans reproche dans ton jugement […]
Mais tu veux que la vérité soit au fond du coeur
(Psaumes 51.3-6,8)


Cet article est tiré du livre : Quand Dieu pleure de Joni Eareckson Tada & Steven Estes