L’essence même de la prédication : dévoiler la réalité (John Piper)

Prenons un prédicateur qui étudie le texte de 2 Corinthiens 6.16. Il y voit Paul qualifier l’Église de « temple du Dieu vivant » et Dieu y faire cette promesse : 

« J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »

Supposons maintenant qu’il dise à son auditoire que tout ceci fait partie d’un fil conducteur de révélation à long terme, qui débute dès l’époque du jardin d’Éden et qui s’achève avec une promesse similaire de la présence de Dieu dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre. Peut-être notre prédicateur prend-il ensuite dix ou quinze minutes pour souligner quatre ou cinq exemples de ce fil conducteur tirés d’autres passages de la Bible. Voici ce que je cherche à faire comprendre : prenez garde à toutes ces observations sur les structures conductrices et les motifs qui se répètent d’un livre à l’autre, car quand bien même elles sont captivantes, elles ne constituent pas l’essence de la prédication.

L’importance du facteur réalité

Le plus important réside dans le facteur réalité. Quelle réalité les textes révèlent-ils au travers de leur structure et de leurs récurrences ? De quelle nature est cette réalité ? Quelle est sa valeur ? Qu’implique-t-elle pour la vie de notre communauté ? Laissez donc la stimulation gagner en profondeur. Laissez l’enthousiasme pénétrer par-delà les structures grammaticales et les joies de la découverte pour atteindre la réalité même. Ou Dieu lui-même.

Il n’est nul besoin de mener une vie spirituelle pour ressentir l’enthousiasme provoqué par la découverte des liens grammaticaux, des structures linguistiques et des récurrences canoniques. Le plaisir qu’on en retire est réel et bon, mais il n’est pas nécessairement inspiré par l’Esprit ni centré sur Dieu et ne conduit pas forcément non plus à l’adoration du Christ. C’est un plaisir que nous partageons avec le monde déchu. Seul le Saint-Esprit peut illuminer les yeux de notre coeur (Ép 1.18) pour nous permettre de voir et d’être ravis de la réalité communiquée par les textes bibliques – une réalité qui est bien centrée sur Dieu et qui exalte Christ. 

La prédication a pour but que les gens expérimentent une réalité imprégnée de Dieu

Le rôle des prédicateurs n’est pas d’entraîner l’auditoire dans leur propre enthousiasme devant de belles fenêtres littéraires, mais devant la réalité que l’on voit à travers ces mots. Nous cherchons à entraîner les pensées et le coeur de nos auditeurs vers le monde glorieux, à travers la fenêtre de la Parole. La prédication a pour but que les gens expérimentent une réalité imprégnée de Dieu, telle qu’elle est perçue à travers la fenêtre des paroles de la Bible. Gardez-vous donc de faire des structures du texte le point de mire de votre sermon (peu importe qu’elles soient de l’ordre des détails grammaticaux ou des grandes questions canoniques). Gardez toujours à l’esprit l’importance du facteur réalité.


Cet article est tiré du livre : L’adoration et la prédication de John Piper