L’établissement des fondements de la Réforme (John MacArthur)

Jan Hus est bien connu et aimé par plusieurs de ceux qui connaissent l’histoire de la Réforme. Hus, un précurseur de la Réforme, est né dans une famille de paysans à Husinec, dans le pays qu’on appelle aujourd’hui la République tchèque. À l’âge de vingt ans, il a raccourci son nom pour Hus, qui signifie « l’oie ». Le surnom est resté, si bien qu’environ cent ans plus tard, Martin Luther a fait référence au martyre cruel de Hus en disant que « l’oie » avait été « cuite ».

Le 6 juillet 1415, Hus a été revêtu de ses vêtements sacerdotaux et amené à la cathédrale de Prague. On l’a ensuite mené devant la foule et dépouillé brutalement de tous ses vêtements de prêtre. Puis, on l’a attaché au bûcher. La tradition raconte qu’« on l’entendait réciter des Psaumes tandis que les flammes le dévoraient. »Ses bourreaux étaient si pressés de se débarrasser de chaque parcelle de son corps qu’ils ont disposé de ses cendres dans un lac. Ceux qui le révéraient ont recueilli ce qu’ils pouvaient de ses cendres et les ont envoyées en Bohême, sa terre natale.

L’influence de Jan Hus ne s’est pas arrêtée le jour de son exécution. Ses livres et ses sermons ont été conservés dans diverses bibliothèques d’Europe, et sont finalement tombés entre les mains d’un jeune moine du nom de Martin Luther. L’engagement de Hus envers l’autorité de Christ a interpellé Luther et a constitué l’étincelle qui a embrasé la Réforme. En fait, Luther considérait Hus comme un héros.

Pourquoi Jan Hus a-t-il été exécuté ? Il était un homme noble et estimé, qu’est-ce qui a bien pu mener à son meurtre ?

À un jeune âge, Hus a décidé de devenir prêtre. Comme il avait vécu dans une pauvreté extrême, il s’agissait d’une option avantageuse puisque de cette façon, il était certain d’avoir une vie convenable. Il a été ordonné prêtre en 1401 et est devenu le prédicateur de la chapelle de Bethléem, à Prague, qui pouvait accueillir trois mille personnes. Il a choisi de prêcher dans la langue du peuple plutôt qu’en latin, ce qui le démarquait du reste de l’Église catholique romaine et qui rendait ses enseignements très attrayants pour la masse populaire. Il avait aussi été influencé par les écrits de John Wycliffe, un autre précurseur de la Réforme. Lorsque Hus prêchait, il enseignait réellement les Écritures, « désirant, disait-il, appliquer, croire et faire valoir tout ce qu’elles contiennent aussi longtemps que je respirerai ». Hus allait à l’encontre des conventions et de la pratique de l’Église catholique romaine de l’époque de presque toutes les manières possibles.

Éventuellement, on lui a interdit de prêcher et on l’a excommunié, mais il a refusé de quitter la chaire. Il a continué de prêcher à la chapelle de Bethléem et est devenu plus résolu que jamais dans son engagement envers l’autorité des Écritures. Cependant, les autorités en place dans l’Église ont émis un édit interdisant à tous les citoyens de recevoir la communion ou d’être enterrés à l’Église aussi longtemps que Jan Hus continuerait à y prêcher. Par conséquent, pour épargner les gens, il s’est retiré. En 1412, il est allé vivre à la campagne, où il a enseigné et écrit avec ferveur.

Son ouvrage le plus notoire est De Ecclesia (L’Église). Il a été lu en public à Prague. Il contenait plusieurs idées radicalement divergentes des enseignements et des traditions de l’Église catholique romaine. D’abord, Hus y explique que l’Église est composée de tous les croyants prédestinés de tous les âges. À l’époque de Wycliffe et Hus, la position officielle de l’Église était que la véritable Église rassemblait le pape, les cardinaux, les évêques et les prêtres, et que les laïcs n’en étaient pas de vrais membres. Ils communiaient seulement avec la véritable Église lorsqu’ils recevaient l’eucharistie, au cours de laquelle on leur permettait seulement de prendre le pain.

Dans ce même traité concernant l’Église, Hus déclare que l’autorité de la Bible est plus grande que celle de l’Église. De son temps, il s’agissait d’une autre idée radicale, qu’il avait prise de Wycliffe et qui influencerait grandement la perception de l’autorité biblique chez Luther.

Il enseignait aussi que les vies répréhensibles de certains dirigeants de l’Église les disqualifiaient des postes d’autorité dans le ministère. Il s’en est pris à ce système corrompu tout entier. Hus croyait que Jésus était le chef de l’Église et que les hommes réprouvés étaient disqualifiés de tout rôle de leadership. Il soutenait que l’autorité suprême sur l’Église ne pouvait pas reposer sur un homme sujet à la corruption « en raison de l’ignorance ou de l’amour de l’argent ». Il expliquait plutôt que l’Église « avait toujours eu Christ à sa tête, comme aujourd’hui, et qu’elle ne pouvait pas tomber parce qu’elle est son épouse, tissée à lui, sa tête, par un amour sans fin ». À cause de ces idées, l’Église catholique romaine l’a brûlé au bûcher.


Cet article est tiré du livre : La Bonne Nouvelle de John MacArthur