Ma vie sexuelle affecte-t-elle ma vie de prière ? (Pasteur John Piper vous répond)

Bienvenue de nouveau pour une nouvelle semaine sur le podcast Pasteur John vous répond avec l’auteur et pasteur de longue date John Piper.

Un auditeur nommé Matt nous écrit : « Pasteur John, 1 Corinthiens 7.5 dit qu’un mari et une femme ne devraient pas « [se priver] l’un de l’autre [de relations sexuelles], si ce n’est d’un commun accord pour un temps, afin de vous consacrer à la prière ». Ma question est, comment notre vie sexuelle interfère-t-elle avec notre vie de prière ? Et quand faudrait-il qu’il y ait un temps où un couple prenne une pause pour se consacrer à la prière ? Est-ce que c’est comme le principe du jeûne, où le désir d’avoir des relations sexuelles est destiné à remettre notre attention sur le Seigneur pour nous rappeler qu’il est notre joie et notre satisfaction ultime par-dessus tout ? »
Mettons le verset entier sous nos yeux. Matt omet la dernière moitié, ce qui crée vraiment un paradoxe utile – du moins, ce paradoxe me passionne depuis que je me suis confronté au passage pour la première fois.

Voici le verset en entier : « Ne vous privez point l’un de l’autre, si ce n’est d’un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière. » C’est là où il s’arrête. Voici le reste du verset : « puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente en raison de votre manque de maîtrise » (1 Corinthiens 7.5).

Le paradoxe

Ce qui est paradoxal, c’est que, d’une part, Paul considère le fait de momentanément s’abstenir de relations sexuelles comme un moyen d’intensifier la vie de prière, probablement parce que le couple veut une avancée spirituelle quelconque et une réponse à une prière, car le diable fait quelque chose que le couple n’a pas envie qu’il fasse.

Ils veulent résister au diable – résister à l’injustice qu’il promeut. S’abstenir de relations sexuelles pour prier est une façon de faire la guerre à Satan.

Mais alors, d’un autre côté, Paul dit que le couple marié devrait revenir ensemble et continuer à avoir des relations sexuelles afin que Satan ne puisse pas les tenter. Cela signifie que des relations sexuelles régulières dans le mariage constituent une arme contre les triomphes sataniques. Ainsi, s’abstenir de relations sexuelles pour prier est une arme contre Satan, et avoir des relations sexuelles régulières est une arme contre Satan. C’est le paradoxe.

Maintenir un bon équilibre

Je pense que c’est vraiment important à constater parce que cela signifie que, dans le dessein de Dieu pour le monde et la vie humaine, son modèle pour des choses ordinaires comme le fait de dormir, faire des exercices, manger et les relations sexuelles dans le mariage ont toute leur place pour maintenir un équilibre spirituel approprié qui nous empêche d’être déstabilisés par Satan.
Par exemple, une personne insomniaque est plus vulnérable à l’attaque satanique de la dépression et de l’impatience. Une personne qui reste longtemps sans nourriture peut être vulnérable aux tentations de se gaver, de voler ou d’être irritable.

Dans le cours normal de la vie, le dessein de Dieu pour le corps humain a des implications spirituelles aussi bien que physiques, ce qui signifie que la première chose à dire sur notre vie sexuelle n’est pas qu’elle interfère avec notre vie de prière, mais qu’elle peut nous protéger des attaques sataniques contre notre vie de prière.

Un régime sexuel épanoui dans le mariage peut libérer l’esprit pour la prière et le triomphe sur les tentations de l’adultère ou d’autres sortes de péchés sexuels. Bien sûr, je devrais dire en passant (il n’a pas demandé cela) que Dieu a d’autres stratégies de pureté et de glorification pour les personnes ayant une vie sexuelle insatisfaisante dans le mariage.

On a reçu une question d’un homme qui nous a écrit : « On n’a pas fait l’amour depuis cinq ans. » Dieu a une grâce spéciale pour cela. Les célibataires qui lisent ce texte et se disent : « Ça ne sert à rien. Un régime régulier de relations sexuelles vous protégera du diable ? J’aimerais bien que ce soit le cas. » Mais Dieu a d’autres dons glorieux pour les gens qui n’ont pas ce don particulier.

Le sexe et la prière

Qu’en est-il de la question de Matt ? Sa question était : « Comment notre vie sexuelle interfère-t-elle avec notre vie de prière ? » Vous voyez que ce n’est pas ainsi que je poserais la question, mais c’est une manière légitime de la formuler puisque Paul dit : « Ne vous privez point l’un de l’autre, si ce n’est d’un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière » (1 Corinthiens 7.5).

Je pense que Matt est sur la bonne voie en suggérant que Paul voit cela comme une sorte de jeûne, non pas de la nourriture, mais des plaisirs ordinaires du sexe. Le but du jeûne est de dire d’une manière plus intense avec notre corps qu’en tant que couple, un couple marié, nous sommes profondément sérieux à propos de ce pour quoi nous cherchons Dieu dans la prière.

Essentiellement, nous nous abstenons des plaisirs sexuels pour un temps afin de prier et de montrer par le déni de notre corps combien nous sommes désespérés de recevoir une réponse à cette prière. Je pense que c’est ce que Matt voulait dire dans la solution qu’il proposait, et je pense qu’il a raison.

Cependant, il y a une autre interprétation possible de ce passage.

L’abstinence est peut-être moins planifiée que cela et est simplement une réponse à une terrible nouvelle que nous avons reçue. Par exemple, vous et votre conjoint planifiez peut-être une soirée spéciale qui pourrait culminer dans des relations sexuelles. Vous avez hâte d’y être, et vous recevez un appel téléphonique au sujet de la blessure de votre enfant dans une autre région, disons, un étudiant à l’université. Ou vous entendez parler de difficultés conjugales profondes chez un ami. Vous recevez un appel, un appel désespéré, et vous n’avez tout simplement pas les moyens émotionnels et physiques d’avoir des rapports sexuels avec votre conjoint(e) ce soir-là. Vous vous adonnez simplement à la prière pour votre enfant ou pour votre ami.

Quoi qu’il en soit, planifié ou non, le but n’est pas que le sexe soit mauvais ou qu’il soit un obstacle à la vie ordinaire de prière. Le fait est que chaque plaisir légitime dont nous jouissons peut être abandonné pour un temps afin de manifester notre intensité ou notre désir de voir nos prières exaucées ou de montrer notre empathie émotionnelle envers quelqu’un qui souffre.


Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts