Ne vous comportez pas comme un abruti quand le monde ne vous aime pas (Trip Lee)

Pour ce podcast, nous recevons Trip Lee. Trip, dans ton nouveau livre, « Rise », tu écris ça : « Je ne veux pas passer pour un prophète de l’apocalypse annonçant des théories du complot et qui a des boîtes de conserve entassées jusqu’au plafond, au sous-sol de mon appartement. Je vous assure que je ne garde assez de conserves à la maison que pour la semaine qui m’attend. Mais nous devons réfléchir à ce que signifie être fidèle à Christ dans une culture où notre présence est de moins en moins appréciée. » Nous devons y réfléchir. Nous voulons tous être aimés et acceptés. Mais la fidélité à Christ signifie que nous ne serons pas aimés du monde. Comment vivons-nous dans le monde, cherchant à influencer le monde, mais sans vivre pour obtenir l’approbation du monde ? Comment trouvez-vous personnellement un équilibre dans tout cela ?

Ouais. C’est délicat et, vous savez, c’est quelque chose à quoi j’ai dû beaucoup réfléchir même en écrivant ce livre « Rise », parce que j’écris à une génération qui grandit avec cette appréciation vraiment en baisse pour les chrétiens sérieux. Et je pense que l’Écriture nous donne vraiment beaucoup de façons d’y réfléchir et de naviguer cela, parce que ce n’est pas comme si après Jésus et les apôtres et l’Église primitive, tout le monde adorait les chrétiens, était toujours content de les voir, et que depuis peu les gens ont commencé à ne plus les aimer.

Pierre écrit aux jeunes chrétiens en 1 Pierre 2.12 :

« Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera. »

Pierre est vraiment clair : hé, vivez de si bonnes vies parmi eux qu’ils verront vos bonnes œuvres et glorifieront Dieu. Il est en train de dire : ils vont vous calomnier comme si vous étiez des malfaiteurs. C’est ce qui arrivera. Mais vous devriez vivre une vie si bonne que même quand ils essaient de le faire, ils regarderont votre vie et ils verront tant de bonnes œuvres que cela les conduira à rendre gloire à Dieu lui-même.

Et je pense que c’est ce que nous cherchons vraiment à faire, c’est de vivre ces vies vraiment fidèles en public pour montrer la bonté de Dieu. Et ce n’est donc pas comme si, tout en vivant dans le monde, nous disions simplement : hé, nous allons faire ce que nous allons faire. On se fiche de ce que les gens pensent de quoi que ce soit. Non, non, non. Nous nous soucions absolument de la façon dont nous vivons notre vie, parce que cela dit quelque chose de très, très clair sur le Dieu que nous servons.

Mais quand les gens ne nous aiment toujours pas, même si nous essayons de faire ce à quoi Pierre nous appelle ici, il y a quelques choses dont je parle dans le livre et que je pense que nous devrions faire. L’une d’entre elles est que nous devrions arrêter d’être si surpris. Nous devrions cesser d’être choqués quand les gens sont contrariés de voir que nous sommes si sérieux à propos de Jésus. Jésus n’a jamais dit : « Suis-moi, et les gens t’aimeront à cause de cela. » Jésus dit : « Les autres te haïront à cause de mon nom. »

Nous devrions donc cesser d’être si surpris et nous devons cesser d’être amoureux d’être cool et d’être aimés par tout le monde, parce qu’en fin de compte, ce ne sera pas cool de vraiment suivre Jésus avec tout ce que vous avez. Nous devons donc être prêts à accepter le fait que nous ne serons pas ceux que la culture considère comme les plus cool ou même les plus beaux à notre époque. Ils vont vraiment s’opposer à beaucoup de nos actions. Mais nous devons aussi faire preuve de compassion et non de combativité, car la tentation sera grande puisqu’ils me combattront. On a envie de riposter.

Ou bien il y a des chrétiens qui pensent que la seule façon de vraiment se battre pour la gloire de Jésus est de crier sur les gens pour tout ce qu’ils font qu’ils n’aiment pas personnellement ou qu’ils ne voient pas dans les Écritures. Aujourd’hui, nous devons faire preuve de beaucoup de compassion. Cela ne veut pas dire que nous ne disons pas des choses dures aux gens, mais nous voulons le faire d’une manière très aimante et douce. Ainsi, l’évangile lui-même est déjà assez offensant. Nous n’avons pas besoin de le rendre plus offensant en nous comportant comme des abrutis à propos de tout. Nous n’avons pas besoin de le rendre plus offensant en étant super condamnant et moralisateur. Nous n’avons pas besoin de le rendre plus offensant en étant incapables d’aimer et d’être en relation avec des gens. Nous voulons vraiment montrer aux gens la compassion de Jésus même quand nous disons des choses très dures.

Je connais le phénomène. Vous savez, il est facile de dire des choses difficiles aux gens quand ils peuvent voir que vous tenez à eux et que vous les aimez. Ils n’ont pas l’impression d’être votre projet. Et lorsqu’on a l’habitude d’aimer vraiment quelqu’un, de prendre soin de lui, de s’intéresser à sa vie et de le servir, quand on dit une chose difficile, c’est peut-être encore difficile, mais cela s’inscrit dans un contexte différent. Ils ne peuvent pas dire : « C’est parce que cette personne est odieuse. » Ils disent plutôt : « Eh bien, ça doit être quelque chose de beaucoup plus profond que ça. »

Et nous devons rester fermes. Tu sais, les gens vont vraiment vouloir nous pousser et nous faire tomber de ce sur quoi nous nous tenons. Ils vont essayer de nous évangéliser, de faire du prosélytisme et de nous pousser hors de la foi en Jésus. Mais nous allons vraiment devoir rester fermes et cela n’arrivera que lorsque nous aurons une foi très profonde en l’évangile et nous ne pouvons pas avoir peur de parler très clairement de Jésus aux gens. Nous ne pouvons pas, avec notre désir d’approbation, décider que l’évangile est offensant, donc je ne le partagerai pas. C’est ce qui nous distingue. C’est le message incroyable que nous avons pour tout le monde. Et nous voulons le partager librement et prier pour que le Seigneur nous donne sa grâce. Ce sera difficile. Mais je suis très curieux de voir l’impact que cela a sur notre évangélisation et la façon dont cela a un impact sur la prochaine génération.


Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts