Pourquoi Dieu discipline-t-il certains chrétiens par la mort ? (John Piper)
Voici une question que je vois souvent dans la boîte de réception, mais nous y arrivons seulement maintenant. Pourquoi Dieu menace-t-il de mettre fin à la vie de certains chrétiens ? Le courriel d’aujourd’hui vient d’un auditeur déconcerté nommé Mike. « Bonjour, Pasteur John ! Chaque fois que notre église célèbre le repas du Seigneur, les avertissements appropriés sont donnés. Ce n’est pas pour les non-chrétiens. Ce n’est pas pour les chrétiens qui nourrissent de la rancune. Mais je reste plutôt confus au sujet de 1 Corinthiens 11.27-32, un texte qui semble être adressé aux vrais chrétiens afin que leur discipline abrupte empêche leur condamnation éventuelle. Pourquoi Dieu tuerait-il physiquement un de ses enfants et mettrait-il fin à leur vie terrestre prématurément ? Ne pouvait-il pas les soutenir jusqu’à la fin aussi facilement ? Pouvez-vous expliquer le jugement miséricordieux sur les croyants dont Paul parle ici ? »
L’infirmité, la maladie et la mort
Je pense que cette question semblera étrange à certains de nos auditeurs. Pourquoi Dieu tuerait-il physiquement un de ses enfants ? C’est ce qu’il demande. Ou même si nous l’adoucissons et évitons le mot tuer, pourquoi Dieu ramènerait-il un de ses enfants à la maison comme moyen de discipline pour empêcher la condamnation alors qu’il aurait pu l’empêcher autrement ? C’est là l’essentiel de la question. C’est une très bonne question, et elle émane naturellement de 1 Corinthiens 11.27-32. Permettez-moi donc de le lire, afin que tout le monde puisse comprendre cette question. On n’invente rien ici.
Il est dit :
« C’est pourquoi, celui qui mange ce pain ou boit la coupe du Seigneur [c’est-à-dire le repas du Seigneur] indignement [je considère que cela signifie une manière désinvolte, qui minimalise son importance, incrédule, insouciante] sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. » (1 Corinthiens 11.27).
En d’autres termes, si vous traitez avec légèreté et irrespectueusement et irrévérencieusement les précieux emblèmes de la crucifixion du Seigneur, vous montrez que vous ne chérissez pas et ne tremblez pas devant l’horreur et la valeur de la vraie crucifixion. Je pense que c’est la logique.
Paul poursuit :
« Que chacun donc s’examine lui-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe, car celui qui mange et boit, sans discerner le corps [c’est-à-dire, sans distinguer sérieusement ce pain d’un biscuit pour le petit déjeuner] mange et boit un jugement contre lui-même. C’est pour cela qu’il y a parmi vous beaucoup d’infirmes et de malades, et que plusieurs sont morts. » (1 Corinthiens 11.28-30).
Il y a donc trois niveaux de gravité, on dirait : l’infirmité, la maladie et la mort.
« Si nous nous examinions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. Mais quand nous sommes jugés [c’est-à-dire jugés par l’infirmité, la maladie ou la mort], c’est le Seigneur, qui nous corrige afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde. » (1 Corinthiens 11.31-32).
Ainsi, l’infirmité, la maladie et même la mort constituent la correction, la discipline du Seigneur pour empêcher que son peuple ne soit condamné à l’enfer. Voilà la réalité qui suscite la question. La question n’est pas de savoir si Dieu a le droit de prendre la vie. Mike concède que le Seigneur donne, le Seigneur reprend, et notre réponse est « Que le nom de l’Éternel soit béni ! » (Job 1.21). Job a dit ça, et Mike le croit.
L’œuvre de Dieu dans son peuple
La question est : « Si Dieu prend la vie d’un de ses enfants pour qu’ils ne soient pas condamnés à la destruction éternelle, n’aurait-il pas pu les épargner en leur offrant une autre voie, notamment en faisant en sorte qu’ils mangent le repas du Seigneur avec plus de respect ? Pourquoi ne ferait-il pas ça ? » Voilà la question. La réponse à cette question est que Dieu pourrait en effet empêcher la profanation du repas du Seigneur en empêchant la profanation. Oui, il le pourrait.
Par exemple, dans Genèse 20.6, quand le roi Abimélec était sur le point de déshonorer la femme d’Abraham, Sarah, Dieu l’en a empêché. « Je t’ai moi-même empêché de pécher contre moi. » Donc, il peut le faire pour un roi païen ; il peut le faire pour ses enfants. Il peut les empêcher de pécher à la table du Seigneur.
Dans le Nouveau Testament, Dieu œuvre dans son peuple pour le maintenir dans la poursuite de la sainteté, du moins dans la mesure où ils poursuivent en effet la sainteté (1 Corinthiens 15.10 ; Philippiens 2.12 ; 2 Thessaloniciens 1.11 ; Hébreux 13.21 ; 1 Pierre 1.5). Dieu agit en son peuple pour l’empêcher de pécher et le conduire dans la sainteté. Ainsi Dieu aurait pu empêcher la profanation du repas du Seigneur et, ainsi, la discipline qu’il a apportée à ceux qui l’ont profané. Alors pourquoi ne fait-il pas cela ?
Une discipline marquée par l’amour
Maintenant, avant que j’essaie de répondre à cette question, assurons-nous de voir à quel point elle est vaste. Il s’agit en fait d’une question découlant d’une question plus vaste : « Pourquoi y a-t-il une discipline divine dans la vie chrétienne ? » La question n’est pas seulement « Pourquoi Dieu utilise-t-il la discipline finale qui consiste à prendre une vie », mais « Pourquoi y aurait-il des difficultés physiques, mentales ou relationnelles dans la vie chrétienne pour faire en sorte que le chrétien évite le péché et puisse progresser dans la sanctification ? » Pourquoi ne pas simplement empêcher le péché et créer la sainteté par la foi et par une vision claire de Jésus et par les moyens ordinaires de la parole et de la prière ? Pourquoi devrait-il y avoir une forme quelconque de discipline douloureuse dans la vie des enfants de Dieu ? C’est la question plus vaste qu’implique cette question.
Soyons sûrs que nous savons que Dieu discipline ses enfants avec des choses plus ou moins douloureuses dans leur vie. Nous le savons grâce à Hébreux 12.4-10. Il est écrit :
Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre combat contre le péché … Mon fils, ne méprise pas la correction du Seigneur et ne perds pas courage lorsqu’il te reprend. En effet, le Seigneur corrige celui qu’il aime et il punit tous ceux qu’il reconnaît comme ses fils. Supportez la correction : c’est comme des fils que Dieu vous traite. Quel est le fils qu’un père ne corrige pas ? … Dieu le fait pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté. (Hébreux 12.4-7, 10)
1 Corinthiens 11.30 est une description de cette discipline à propos de laquelle nous venons de lire dans Hébreux 12. Cela se produit à différents niveaux. Pour certains, c’est de l’infirmité. Pour certains, c’est la maladie. Pour certains, c’est la mort. N’oubliez pas les mots « le Seigneur corrige celui qu’il aime ». S’il nous rend faibles, il nous aime. S’il nous rend malades, il nous aime. S’il nous enlève la vie, il nous aime.
Faites confiance à ses voies
Maintenant, pourquoi Dieu le fait-il de cette façon ? Pourquoi ne pas nous perfectionner du jour au lendemain ? C’est vraiment à cela que se résume la question. Pourquoi ne nous conduit-il pas à la plus grande sainteté sans discipline douloureuse ? Pourquoi ne dit-il pas simplement : « Lisez votre Bible, priez et soyez saint. » Et pas de discipline douloureuse du tout ?
Ma réponse est la suivante. Dieu connaît la meilleure façon d’apporter à ses enfants (1) un amour pour sa sainteté absolue, (2) une haine de notre penchant au péché, (3) une gratitude pour son incroyable grâce et patience dans nos vies, et (4) une passion pour lui faire confiance dans toutes les circonstances de la vie. Il connaît la meilleure façon de le faire.
Faisons donc attention à ne pas décider de ce qui est le mieux pour lui dire comment faire. On le regarde et on apprend ce qu’il y a de mieux. Il sait mieux comment produire ces grands prodiges dans son église. On ne devrait pas le remettre en question.
Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts