Pourquoi faire des enfants s’ils risquent de finir en enfer ? (John Piper)

Cette semaine, j’ai ouvert Twitter pour voir la couverture et les gros titres du Washington Post : « Décider d’avoir des enfants n’a jamais été aussi complexe. Entrez chez les thérapeutes de l’indécision parentale. » Je ne suis pas convaincu que la question soit plus complexe qu’il y a cent ans, lorsque la mortalité infantile dans notre pays était de 24 pour cent. Néanmoins, avoir des enfants est toujours une décision qui change la vie, c’est sûr, et elle a des ramifications vraiment complexes, surtout quand on tient compte de cette réalité profonde : que chaque enfant que nous mettons au monde est un être éternel, une personne qui va vivre pour toujours. Cette réalité amène Claire à se poser des questions comme celle-ci.

« Pasteur John, en tant que mère de deux enfants, j’ai récemment été confrontée à une chose : pourquoi, en tant que croyants, continuons-nous à avoir des enfants alors que nous savons que des versets comme Romains 9.18 sont vrais ? Cela ressemble un peu au débat sur le natalisme/anti-natalisme, mais c’est en fait la doctrine de l’élection qui est en jeu. Sachant que nos enfants pourraient être ceux que Dieu choisit d’endurcir, est-ce que cela vaut le risque d’avoir des enfants ? »

Oui, le risque en vaut la peine, et je vais vous donner quatre observations, qui j’espère sont bibliques, afin de bien étayer ma réponse.

Soyez féconds et multipliez-vous

Premièrement, l’obéissance vaut toujours le risque. Pourquoi je le dis comme ça ? Car quand Dieu a dit à Adam au commencement : « Soyez féconds, multipliez et remplissez la terre » (Genèse 1.28), il connaissait exactement la direction que le monde prendrait.

Il connaissait toutes les horreurs de l’histoire. Il savait que la chute mènerait à la perdition et la souffrance, la misère, l’horreur relationnelle et la catastrophe. Rien n’a pris Dieu par surprise. Il savait tout cela quand il a dit : « Remplissez la terre. » Il n’a pas parlé à l’homme avant la chute pour ensuite dire, après sa chute : « Oups, je leur ai donné de mauvais conseils ». Dieu ne donne jamais de mauvais conseils parce qu’il sait tout ce qui va arriver. Il tient compte de tout lorsqu’il fait connaître ses voies. Il savait tout ce qui allait arriver, et pourtant il a dit : « Remplissez cette terre d’êtres humains ». Ces êtres humains seront ceux qui connaîtront soit la destruction, soit la rédemption.

En d’autres termes, ce n’est pas nous qui avons découvert la doctrine de l’élection et qui nous demandons si cela signifie que nous devrions avoir des enfants ou pas. Dieu a créé la doctrine de l’élection et nous a ordonné d’avoir des enfants. C’est pourquoi je dis que ça vaut le risque, parce que l’obéissance vaut toujours le risque. Dieu savait que le XXIe siècle viendrait dans le temps. Il savait que les siècles arriveraient, avec tout ce qu’ils apporteraient et il n’a jamais révoqué l’ordre de remplir la terre.

Sage et Bon

Deuxièmement, quand nous pensons au fait que des gens sont perdus et d’autres sont sauvés, nous devons toujours nous rappeler que Dieu est infiniment sage et bon. Il a des raisons derrière toutes choses. Dieu a un dessein dans la perdition de certains et le salut d’autres. Il a un plan qui est sage et qui est bon.

Il sait ce qu’il fait. Dieu a ses raisons pour lesquelles il montre sa miséricorde à des personnes et que d’autres sont laissés dans leur rébellion et leur incrédulité. Nous devons être très prudents sur ce sujet, par crainte de penser d’une manière qui impliquerait que les voies de Dieu sont folles ou imprudentes ou cruelles.

Une grande et sainte vocation

Troisièmement, c’est un appel élevé et saint pour une femme de donner physiquement naissance à un enfant, mais plus encore pour des parents d’agoniser dans les douleurs spirituelles d’un accouchement spirituel jusqu’à ce que Christ soit formé dans leurs enfants. C’est ce que Paul dit en Galates 4.19 aux chrétiens immatures qu’il aimait, et dont il n’était pas entièrement certain qu’ils étaient sauvés. Il dit :

« Mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous ! » (Galates 4.19).

Nous ne choisissons pas d’être parents parce que c’est facile ou parce que le résultat est certain. Ce n’est pas facile, et ce n’est pas certain. Nous devenons parents parce que c’est un appel divin, saint et sacré. Tous les risques et toutes les peines que la parentalité comporte font partie d’une vocation et d’un dessein qui sont divins et saints, précieux et honorables.

En vertu de l’amour pour les élus

Quatrièmement, pensez un instant avec moi sur le fait que cela va bientôt faire deux mille ans que le Seigneur a retardé son second avènement. Il n’a pas décidé de le faire malgré toutes les années qui se sont succédé. Nous savons par les Évangiles que le Jour a été fixé dans l’esprit du Père dès le commencement. Qu’est-ce que cela signifie pour la question que Claire pose sur la sagesse d’avoir des enfants ?

En 2 Pierre, nous voyons que certaines personnes expriment leur scepticisme concernant le retour du Seigneur, car ils estiment que cela fait longtemps qu’il l’a promis. Pierre répond de la sorte :

Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c’est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun ne périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance (2 Pierre 3.8-9).

En d’autres termes, Dieu retarde la venue de Christ pour que tous les élus se repentent, soient sauvés et fassent l’expérience de la joie éternelle en présence de Dieu. Dieu a fait ce choix. Il a fait le choix de désigner un jour très éloigné. Il a fait ce choix en sachant que des milliers, voire des millions de personnes naîtront jusqu’à ce que Christ revienne et que certains périront sans avoir cru.

Nous devons valoriser la joie que tout enfant racheté donne à Dieu

Voici ce que cela implique pour la question qui nous occupe. Nous devons apprécier la joie éternelle, la louange et la gloire de Dieu que tout enfant racheté donne à Dieu. Nous devons valoriser cette joie et ces louanges plus que la crainte de la perdition misérable de certains. Parce que c’est ce que Dieu fait. Il n’y a pas d’autre moyen pour comprendre cette attente. Dieu a intentionnellement planifié l’histoire et le moment du second avènement en raison de la priorité considérable qu’il accorde à la repentance, au salut et à la joie éternelle de ses élus qui naîtront et seront amenés dans son royaume. Il ne laisse pas le fait que beaucoup se rebellent et rejettent son amour contrecarrer son plan pour ses élus et leur joie éternelle.

De la même manière, je pense que nous devons partager l’état d’esprit de Dieu quand nous pensons à nos enfants. Nous devons prier, travailler, agoniser, pleurer, et peut-être même mourir afin que Christ se forme en eux. Mais la possibilité de la misère de certains ne doit pas nous empêcher de poursuivre et d’espérer la joie éternelle de tous.


Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts