Pourquoi la foi est-elle le but de la prédication ? (John Piper)

Nous devons vivre par la foi 

Pourquoi la foi est-elle si proéminente dans le plan de Dieu pour son peuple ? La réponse est simple. Nous devons vivre par la foi (Ga 2.20), ce qui signifie que nous devons tout faire en dépendant de Dieu pour tous nos besoins, parce que sa véracité et sa toute suffisance sont ainsi magnifiées. Agir par la foi dirige l’attention vers la puissance, la miséricorde, la bonté et la sagesse de Dieu. La foi le glorifie. Cette vérité est flagrante d’un bout à l’autre des Écritures.

Dans Romains 4.20, par exemple, Paul souligne ce fait en évoquant la foi d’Abraham : 

« Il ne douta point, par incrédulité, au sujet de la promesse de Dieu ; mais il fut fortifié par la foi, donnant gloire à Dieu. » 

La foi est la racine essentielle de l’adoration

Lorsque nous croyons que Dieu peut accomplir ce dont nous sommes incapables (tel que donner naissance à un fils quand l’homme a cent ans et que sa femme est stérile), nous lui donnons de l’importance. Lorsque nous accordons notre confiance à Dieu pour qu’il soit la puissance déterminante qui sous-tend notre obéissance (comme dans Hébreux 11, chez tous ces saints qui ont obéi « par la foi »), nous proclamons sa grandeur.

C’est ce que Pierre affirme dans 1 Pierre 4.11 : 

« Si quelqu’un remplit un ministère, qu’il le remplisse selon la force que Dieu communique [c’est-à-dire en se confiant en Dieu pour qu’il agisse de manière décisive dans et à travers son service], afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus-Christ. » 

Autrement dit, Dieu est glorifié quand nous servons en croyant en sa puissance qui vient toujours à la rescousse. Voilà pourquoi la foi est essentielle dans la relation que nous avons avec lui pour le salut. Elle le glorifie en le faisant paraître tel qu’il est réellement : digne de confiance, fort, plein de grâce et de sagesse. La foi est la racine essentielle de l’adoration.

Ce que l’absence de foi communique au sujet de Dieu

Dans la Bible, cette vérité est soulignée lorsqu’elle expose les conséquences du contraire de la foi, l’incrédulité. Dans Nombres 14.11 par exemple, Dieu dit à Moïse : 

« Jusqu’à quand ce peuple me méprisera-t-il ? Jusqu’à quand ne croira-t-il pas en moi, malgré tous les prodiges que j’ai faits au milieu de lui ? » 

Autrement dit, ne pas croire et ne pas faire confiance à Dieu malgré toutes les évidences de sa faveur et de sa puissance équivaut à le mépriser. C’est l’opposé de le glorifier.

Ne pas croire en la promesse de Dieu, c’est profaner sa sainteté

Plus loin, dans Nombres 20.12, Dieu dit à Moïse et à Aaron : 

« Vous n’avez pas cru en moi, pour me sanctifier aux yeux des enfants d’Israël. » 

En d’autres mots, ne pas croire en la promesse de Dieu, c’est profaner sa sainteté. C’est le contraire de le glorifier. Dans tout ce que l’on peut dire à quelqu’un, peu de paroles portent plus atteinte à son honneur que celles-ci : « Je ne te fais pas confiance. » C’est particulièrement vrai quand il s’agit de Dieu.

Lorsque Jésus a voulu expliquer pourquoi les dirigeants juifs ne pouvaient pas croire en lui, il a dit ceci : 

« Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ? » (Jn 5.44.)

Autrement dit, préférer la gloire des hommes à celle de Dieu est totalement à l’opposé de la foi. Un amour pour sa gloire et l’expérience de la véritable foi qui sauve, sont les deux composantes qui émergent simultanément dans un coeur et elles sont inséparables. La foi est la fontaine de l’adoration.

La foi est plus que la confiance en Dieu et en ses dons

En réalité, l’essence même de la foi qui sauve est une perception spirituelle qui met en valeur la beauté de la gloire de Dieu en Christ. La foi voit, elle perçoit, elle savoure, elle a de l’estime pour la vérité suprême et la splendeur de Christ dans l’Évangile. Notez comment Paul exprime cela : 

« […] les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence, afin qu’ils ne voient pas briller la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu » (2 Co 4.4). 

Or, lorsque Dieu « a fait briller la lumière dans nos coeurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ » (2 Co 4.6), il en résulte la foi. Dans l’Évangile, il existe une certaine perception qui accorde de la valeur à la gloire de Christ. Nous voyons et nous savourons en même temps, nous savons et nous aimons, nous contemplons et nous acceptons.

C’est ainsi que Jésus décrivait la foi, dans Jean 6.35 : 

« Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » 

Notez le parallèle entre venir pour satisfaire sa faim et croire pour étancher sa soif. La faim et la soif parlent du même vide de l’âme et croire et venir sont la même action de celle-ci. Croire en Jésus signifie venir à lui pour apaiser la faim et la soif de notre âme. La foi en Christ signifie être satisfait par tout ce que Dieu représente pour nous en Jésus.

Prêcher pour susciter la foi, c’est prêcher pour susciter l’adoration

Voici où je veux en venir en ce qui concerne la prédication : Paul nous a bien fait comprendre qu’elle vise à éveiller, à alimenter et à affermir la foi. L’essentiel de la foi consiste à voir, à savourer et à être satisfait de tout ce que Dieu représente pour nous en Jésus. Lorsque nous, prédicateurs, vivons cela en prêchant et que notre congrégation l’expérimente à travers la prédication, ensemble nous magnifions la grande valeur de Dieu. Une telle foi glorifie Dieu, ce qui implique qu’il s’agit en fait d’adoration de la part du prédicateur et de l’auditoire. De plus, toute action qui est animée, alimentée et guidée par une telle foi devient de l’adoration quotidienne.

Voilà donc ce que la prédication cherche à éveiller et à alimenter. Quel que soit le sujet ou le passage prêché, c’est ce genre de foi qu’elle vise. Elle veut stimuler dans l’âme une satisfaction qui découle de tout ce que Dieu représente pour nous en Jésus, car cela élève la gloire toute suffisante de Dieu, ce qui est en soi de l’adoration. Par conséquent, la prédication a sa place dans l’assemblée qui se réunit pour adorer.


Cet article est tiré du livre : L’adoration et la prédication de John Piper