Pourquoi nous avons besoin d’aide dans l’adoration (John Piper)
La réalité est que les chrétiens ne vivent pas une plénitude stable et constante qui serait prête à être déversée au cours d’une adoration joyeuse chaque dimanche. Dieu n’est pas seulement glorifié dans l’adoration de ceux qui arrivent « remplis », mais aussi dans celle de ceux qui sont désespérément dans le besoin et dont le seul espoir est de rencontrer Dieu. Le même coeur qui, rempli, dit « Merci » et « Je t’adore », s’exclame également : « J’ai besoin de toi, je soupire après toi, j’ai soif de toi » lorsqu’il se retrouve à sec. Dans les deux circonstances, on savoure Dieu, on le chérit.
L’adoration collective n’est pas qu’un rassemblement pour décharger tout ce que l’on ressent. Ceux qui sont remplis peuvent déborder. C’est un acte d’adoration. Ceux qui soupirent après Dieu peuvent venir boire à la fontaine de sa Parole vivifiante. Cela aussi est un acte d’adoration. C’est une attitude qui ne fait que souligner combien Dieu est nécessaire et désirable. Et puis il y a ceux dont l’âme affamée vient manger au banquet dressé devant elle, ceux qui se nourrissent de toutes les bonnes choses de la Bible. Là encore, il s’agit d’un acte d’adoration.
Malheur au pasteur qui s’en prend aux membres qui « viennent pour prendre » plutôt que pour donner. Car si ce qu’ils viennent prendre est Dieu lui-même, alors leur faim ne fait qu’ajouter à la valeur de la beauté de Dieu, une beauté qui satisfait l’âme. Cependant, s’ils reviennent semaine après semaine dans le seul but d’être divertis, alors le pasteur ferait mieux de se regarder dans le miroir pour trouver la cause du problème plutôt que d’accuser l’assemblée.
À la lumière de cet état de besoin tout à fait commun chez les vrais chrétiens, nous voyons que Dieu nous a créés de manière à ce que nous dépendions d’autres êtres humains pour éveiller, soutenir et affermir notre adoration – notre connaissance et notre appréciation de Dieu. De nombreux passages du Nouveau Testament attestent ce point.
1. Dieu a voulu qu’il y ait des pasteurs et enseignants dans l’Église (Ép 4.11) et il a ordonné que ceux-ci soient « propres à l’enseignement » (1 Ti 3.2)
Cela signifie que Dieu prévoit que nous trouvions de l’aide auprès d’autres êtres humains qui exercent le ministère de la Parole, et non uniquement dans notre vie de lecture et de prière privée.
2. Si nous nous attardons sur l’exemple donné par Paul alors qu’il affermit les Églises qu’il a contribué à établir, il est évident que nous avons besoin des autres ministères
Quand ils eurent évangélisé cette ville et fait un certain nombre de disciples, ils retournèrent à Lystre, à Icone et à Antioche, fortifiant l’esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et disant que c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu (Ac 14.21,22).
Dieu n’a pas prévu que les chrétiens soient forts dans leur foi et fervents dans leur adoration sans qu’ils soient aussi fortifiés dans leur âme par d’autres chrétiens exerçant un ministère.
3. La Bible nous dit que la persévérance dans la sainteté et dans l’adoration joyeuses et fidèles dépend de l’exhortation répétée des autres chrétiens armés de la vérité de la Parole de Dieu
Prenez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un coeur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant. Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire : Aujourd’hui ! afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché (Hé 3.12,13).
Pour échapper à la dureté du coeur et persévérer dans une foi joyeuse qui reste hors de portée du péché, il nous faut rester attentifs à l’exhortation des autres croyants, car nous ne sommes pas créés pour survivre sans le ministère de la Parole exercé par d’autres.
4. Nous en avons besoin, car c’est ainsi que Dieu a conçu le corps de Christ
Paul dit que nous avons besoin les uns des autres :
Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu. Si tous étaient un seul membre, où serait le corps ? Maintenant donc il y a plusieurs membres, et un seul corps. L’oeil ne peut pas dire à la main : Je n’ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : Je n’ai pas besoin de vous (1 Co 12.18-21).
Le mot « besoin » dans 1 Corinthiens 12.21 indique sans détour que Paul ne voit pas notre dépendance à d’autres chrétiens comme une lacune dans notre dépendance à Dieu. La dépendance totale à la grâce de Dieu n’implique pas que nous ne dépendions pas des moyens de grâce mis à notre disposition par Dieu. Si Dieu veut que notre dépendance à lui soit tantôt directe et dénuée de médiateur, tantôt indirecte et rattachée à des intermédiaires, nous n’en demeurons pas moins dépendants de Dieu. Notre vie ici-bas dépend de Dieu et de la nourriture qu’il nous offre. Notre capacité à être patient dépend de l’Esprit et du sommeil réparateur qu’il nous offre. Notre force spirituelle dépend de la Parole de Dieu et des chrétiens qu’il nous envoie.
5. Il est évident dans les Écritures que nous avons besoin du ministère de la Parole exercé par d’autres chrétiens, notamment lorsque Paul ordonne à Timothée :
« Prêche la parole » (2 Ti 4.2). Ce n’est pas un commandement inutile : la prédication nous est ordonnée, car elle est nécessaire.
Cet article est tiré du livre : L’adoration et la prédication de John Piper