Quand intervenir dans les conflits des autres ? (John Piper)

La Bible appelle les chrétiens à faire la paix — à être des artisans de paix. Cela signifie que nous sommes appelés au ministère inconfortable qui consiste à entrer dans les conflits des autres. Alors, quand entrons-nous dans une telle situation ? C’est la question d’un auditeur nommé Ryan.

« Bonjour, Pasteur John, je veux juste vous remercier pour ce podcast. Ce podcast et les nombreuses ressources de desiringGod.org sont devenus une partie très importante de ma croissance chrétienne. Ma question pour vous est la suivante : quand, si jamais, devons-nous intervenir dans les divisions entre deux personnes dans notre église. Si nous voyons deux chrétiens qui ne semblent pas rechercher une meilleure relation et qui continuent seulement à s’éloigner l’un de l’autre, y a-t-il un point où il devient nécessaire que d’autres chrétiens interviennent ? Et à quel moment ? J’ai prié pour les deux personnes auxquelles je pense, mais y a-t-il d’autres actions prévues dans la Bible ? Comment avez-vous fait cela vous-même ? »

Affaires familiales

Hier soir, je parlais à un ami de la joie que ressentent nos enfants adultes lorsqu’ils rentrent à la maison avec leur famille pour l’Action de grâce (Thanksgiving) ou Noël ou tout simplement pour nous rendre visite. Nous avons observé que parfois des tensions ou des différences se sont installées entre nous, et nous devons laisser ces enfants adultes être leur propre personne et être heureux s’ils sont prêts à rentrer à la maison et à être avec nous et à être courtois et aimables.

Mon ami m’a dit qu’il connaissait une famille qui, pendant des générations, a semblé gérer tous ses désaccords et ses frustrations par de longues périodes de silence, d’ostracisme et d’éloignement. En d’autres termes, au lieu de trouver un moyen de s’entendre malgré les blessures du passé et les frustrations actuelles ou les différences politiques ou religieuses, ils ne se parlaient tout simplement pas pendant des décennies.

Un père excluait son enfant de toute communication pendant des années. Une sœur ne parlait pas à un frère pendant des années. Un père ne laissait pas la famille aller chez sa belle-mère pendant des années. Il a observé que c’était simplement la façon dont ils avaient appris à gérer les conflits, et que cela se passait de génération en génération.

Or, si je commence par cette anecdote, c’est simplement pour illustrer le fait que nous devrions probablement tenir compte, lorsque nous essayons d’aider quelqu’un à se réconcilier avec quelqu’un d’autre, de nombreux facteurs différents qui peuvent rendre leur réconciliation plus difficile qu’il ne nous semble. Nous devrions être prêts à avoir des conversations importantes, plus profondes, plus longues, qui peuvent être difficiles sur les causes de l’aliénation autres que celles qui peuvent apparaître à la surface.

Les désordonnés, les abattus, et les faibles

Il y a un passage dans 1 Thessaloniciens 5.14 qui a façonné la façon dont j’ai pensé pastoralement à de telles situations. Voici le passage en question :

« Nous vous y invitons, frères et sœurs : avertissez ceux qui vivent dans le désordre, réconfortez ceux qui sont abattus, soutenez les faibles, faites preuve de patience envers tous. »

Ce qui me frappe dans ce verset, c’est que Paul ne dit pas : « Faites ce que vous avez à faire en matière de discipline d’église, afin qu’il n’y ait plus dans cette église de désordonnés, d’abattus et de faibles, mais seulement des gens productifs et des gens valeureux. »

En d’autres termes, la façon dont l’exhortation de Paul est donnée m’incite à penser que ces personnes existeront toujours. Il y aura toujours des gens faibles, des gens abattus et des gens désordonnés qui se débattent avec toutes sortes de choses, et il nous met en garde contre le fait de penser de manière perfectionniste à une solution du tout ou rien.

Intervenir

Permettez-moi d’essayer de répondre directement à la question. Voici quelle était la question : « Ma question pour vous est la suivante : quand, si jamais, devons-nous intervenir dans les divisions entre deux personnes dans notre église. »

Ma réponse est que nous devrions intervenir. Mais quand et comment nous intervenons dépend d’un certain nombre de choses : (1) Quelle est la gravité de la division ? (2) Depuis combien de temps dure-t-elle ? (3) Quel est le degré de maturité des personnes concernées ? (4) Quelle est la proximité de votre relation avec elles ? (5) Qui d’autre est impliqué ? Et ainsi de suite.

En d’autres termes, une grande sagesse est nécessaire pour les stratégies de ministère envers les autres. Mais la raison pour laquelle je dis « Oui, nous devons intervenir », c’est à cause de textes de la Bible comme les trois suivants.

Galates 6.1 dit : « Frères et sœurs, si un homme vient à être surpris en faute, » — comme ne pas pardonner à un ami ou quelque chose comme ça — « vous qui êtes spirituels, redressez-le dans un esprit de douceur. Veille sur toi-même, de peur que toi aussi, tu ne sois tenté. »

Jacques 5.19-20 dit :

« Mes frères et sœurs, si quelqu’un parmi vous s’est égaré loin de la vérité et qu’un autre l’y ramène, sachez que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s’était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une foule de péchés. »

Matthieu 6.14-15 déclare :

« Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi, mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes. »

Un problème sérieux

Il me semble donc assez clair qu’en Christ, nous sommes effectivement le gardien de notre frère. Notre but n’est pas seulement de nous sauver nous-mêmes, mais de sauver aussi les autres. Nous ne devons pas seulement marcher dans la lumière, mais nous devons aussi aider les autres à marcher dans la lumière.

C’est ainsi que l’amour pense. C’est la façon dont l’amour agit. Vous pouvez voir dans le passage de Jacques et dans celui de Matthieu que ce qui est en jeu dans certaines de ces relations est notre salut même.

Je me souviens d’avoir été dans un groupe de maison lorsque j’étais à la faculté de théologie avec une jeune femme qui a dit (et cela m’a sidéré), « Je ne pardonnerai jamais à ma mère ce qu’elle a fait ». Nous sommes chrétiens. Nous sommes chrétiens dans ce groupe. Je l’ai regardée, un peu décontenancé, et je lui ai cité ce texte de Matthieu 6 : « si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes. » Elle était très indignée que j’utilise ce texte dans son cas, mais cela montre combien cela me semblait sérieux.

Je pense que c’est aussi sérieux que cela. Donc, ne pas intervenir si quelqu’un a une rancune qui, selon Jésus, vous détruira serait une sorte de timidité peu aimante.

Conclusion

Voici une dernière exhortation :

Priez sincèrement pour recevoir de la sagesse ; étudiez les Écritures ; ne devenez pas une commère qui parle des autres pendant longtemps avant de leur parler directement.

Développez une relation de confiance avec eux si vous le pouvez, puis abordez la question en posant des questions pour essayer de savoir ce qui se passe avant de leur donner des instructions. Si vous connaissez les faits et si vous discernez le véritable état de leur cœur, vous saurez comment donner des conseils.


Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts