Quand la négligence de la Bible devient-elle pécheresse ? (John Piper)
La question d’aujourd’hui nous vient d’un auditeur en Allemagne du nom de Michael.
« Cher Pasteur John, quand est-ce qu’un manque de lecture de la Bible devient un péché ? Je crains que je constate cette tendance chez mes propres amis. Dans notre société occidentale, nous avons facilement accès à la Bible, mais j’ai l’impression que beaucoup de chrétiens passent peu ou presque pas de temps dans la parole. Un ‘chrétien’ qui lit beaucoup et n’agit pas en conséquence n’est pas mieux non plus. Néanmoins, quand commenceriez-vous à corriger un croyant qui ne passe pas assez de temps dans la parole ? »
Quand est-ce qu’un manque de lecture biblique devient un péché ?
Prenons la première question de Michael comme question principale : « Quand est-ce qu’un manque de lecture biblique devient un péché ? » Mon espoir est qu’en parlant de différentes catégories de lectures bibliques décroissantes, Michaël puisse discerner quand il peut intervenir dans la vie de son ami et l’exhorter. Voici mes cinq symptômes de la diminution pécheresse de la lecture de la Bible. C’est ma tentative de réponse : quand est-ce que la diminution de la lecture de la Bible devient un péché ? Comment pourrions-nous discerner quand notre relâchement dans la lecture et la méditation de la Bible devient un péché ?
5 symptômes de la diminution pécheresse de la lecture de la Bible
1. Perte d’espoir
Une lecture et une méditation de la Bible qui diminuent deviennent pécheresses lorsqu’elles sont dues à une perte d’espoir pour ce que la Bible seule peut donner.
La parole de Dieu est conçue comme rien d’autre pour nous donner un aperçu de Dieu lui-même :
« L’Éternel continuait à apparaître à Silo ; en effet l’Éternel se révélait à Samuel à Silo en lui adressant la parole » (1 Samuel 3.21).
La Bible donne la foi :
« Ainsi la foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la parole de Dieu » (Romains 10.17).
Nous croyons par la parole des apôtres (Jean 17.20).
La Bible donne la joie :
« Je dis ces paroles dans le monde afin qu’ils aient en eux ma joie, une joie complète » (Jean 17.13).
La Bible donne la sainteté :
« Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité » (Jean 17.17).
Partout où la diminution de la lecture de la Bible est due à une perte d’espoir de voir Dieu, de faire confiance à Dieu, de se réjouir en Dieu et en la sainteté – comme si ces choses n’avaient pas d’importance ou comme si on pouvait les trouver sans la parole – le péché s’installe.
2. Lire sans la foi
Une lecture et une méditation de la Bible qui diminuent deviennent pécheresses lorsqu’elles sont dues à un désenchantement au sujet de la Bible parce qu’elle n’a pas été poursuivie par la foi, mais plutôt comme une performance pour obtenir la grâce de Dieu.
Paul dit :
« Tout ce qui ne provient pas d’une conviction de foi est péché » (Romains 14.23).
Cela inclut la lecture de la Bible qui ne provient pas d’une conviction de foi. Lire par la foi signifie lire en s’appuyant sur la grande réalité qu’en Christ Dieu est à cent pour cent pour nous. Il inclinera nos cœurs à sa parole (Psaume 119.36). Il nous ouvrira les yeux (Psaume 119.18). Il rassasiera nos âmes (Psaume 90.14).
Si nous ne lisons pas par la foi, nous serons désenchantés. Et si une diminution de la lecture de la Bible est due à cette désillusion, c’est un péché.
3. Fruit d’un arbre étranger
Une lecture et une méditation de la Bible qui s’appauvrissent deviennent pécheresses lorsque les activités qui les remplacent ne sont pas vécues comme étant leur fruit.
En d’autres termes, il est juste d’arrêter de lire votre Bible le matin et de vous mettre au travail si votre travail est vécu comme un fruit de ce que vous avez vu de Dieu et savouré de Dieu dans la Parole. Dieu n’a pas conçu la Bible pour qu’elle soit lue dix-huit heures par jour afin que nous ne fassions rien d’autre. Il a conçu la Bible comme un arbre qui produit le fruit délicieux qu’est le fait de vivre pour la gloire de Dieu et le bien des autres.
Le test est le suivant : quand nous cessons de lire la Bible, est-ce parce que nous sommes heureux de faire l’expérience de son remplacement comme le fruit de celle-ci ? Sinon, alors nos vies ne sont probablement pas le fruit de la parole de Dieu, mais d’un arbre étranger. Et notre lecture biblique décroissante devient pécheresse.
4. Des papilles gustatives mortes
Une lecture et une méditation de la Bible qui diminuent deviennent pécheresses quand nous nous en éloignons parce que nous avons cessé d’y trouver quelque chose de plus précieux que l’or et plus doux que le miel. C’est le Psaume 19.11 :
« Ils sont plus précieux que l’or, que beaucoup d’or fin ; ils sont plus doux que le miel, même le miel qui coule des rayons » (Psaume 19.11).
Cette préciosité et cette douceur sont destinées à nous inciter à revenir, librement et joyeusement, à la parole. Alors nous disons avec joie :
« Combien j’aime ta loi ! Je la médite toute la journée » (Psaume 119.97).
Si notre lecture biblique diminue parce que nous n’embrassons plus cette préciosité ou ne goûtons plus cette douceur, la diminution est pécheresse.
5. Fatigué par l’hypocrisie
Enfin, une lecture et une méditation de la Bible qui diminuent deviennent des péchés lorsqu’elles sont dues à un recul immature et adolescent face aux traditions que nous avons vues chez nos parents, ou dans notre église, qui semblaient hypocrites et stériles.
C’est une marque de grande immaturité dans la vingtaine – et la trentaine et la quarantaine – que de refuser de bien faire quelque chose parce que ses parents l’ont mal fait. C’est comme refuser d’être médecin parce que ton père était un charlatan, ou refuser d’aimer les desserts parce que ta mère était obèse, ou refuser d’écouter de la musique classique parce que c’est la seule qu’on te laissait écouter quand tu étais adolescent.
C’est idiot, ça. C’est immature. Ne soyez pas comme ça. Cela comprend le refus de lire la Bible tous les jours parce que votre père l’a fait et qu’il a battu votre mère. Il était violent et il lisait sa Bible. Ce genre d’immaturité est un triomphe tactique de Satan. Vous ne voulez pas être le laquais de Satan et être en fait comme un adolescent immature, un adepte immature du malin.
La conclusion devrait peut-être s’adresser à nous tous. Si nous commençons à nous éloigner de la lecture et de la méditation de la parole de Dieu, nous devrions dire avec Pierre :
« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6.68).
Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts