Que dit l’Évangile sur la haine de soi ? (John Piper)

La haine de soi est un sujet dont on parle beaucoup. Alors, comment feriez-vous pour partager l’évangile avec un ami non-croyant qui a des difficultés à ce niveau ? « Bonjour, Pasteur John. Je suis Reynaldo de Jakarta. J’écoute votre podcast plus que je ne lis ma Bible et je devrais changer cette habitude ! » Oui, Reynaldo, vous devriez changer ce ratio immédiatement ! « Ma question : J’ai une amie, et elle est bouddhiste. Elle lutte contre la haine de soi, et je ne sais plus quoi faire. Je l’écoute et je veux l’aider. Mais que dois-je faire ? »

« Je pourrais lui donner un livre sur le développement personnel, je suppose. J’ai peur que si je lui partage directement l’évangile (ce que je n’ai pas de problème à faire), elle ne m’écoutera pas. Mais si je lui donnais un livre de développement personnel, avec des conseils pour surmonter cette anxiété, j’ai peur qu’elle puisse s’améliorer sans faire l’expérience du pardon de Christ. Donc je suppose que je veux partager l’évangile le plus tôt possible. Si vous aviez un ami non chrétien qui se débattait avec la haine de soi, comment procéderiez-vous ? »

Une lutte compliquée

Eh bien, permettez-moi de souligner la crainte de Tony de lire ou d’écouter Piper plus que la Bible. C’est vraiment un grave problème, alors réglez-le. La Bible est la source. Piper n’est qu’un ruisseau boueux. Corrigez cela.

Il est difficile de répondre à cette question parce qu’il y a tellement de choses à dire dans la Bible au sujet de quelqu’un qui lutte contre la haine de soi. Le problème pour répondre à cette question n’est pas le manque de matériel biblique qui l’aborde ; le problème est que je ne la connais pas, et je ne connais pas Reynaldo.

J’ai besoin de tellement plus d’informations sur ses vrais problèmes. J’ai besoin de savoir ce qui se passe pour l’amener à ce niveau. Comment ça s’exprime ? Quelle est la profondeur et la gravité de la situation ? Et ainsi de suite. Je veux vraiment faire attention. Je vais faire quelques suggestions, mais je les fais provisoirement pour savoir quelle est la meilleure stratégie ici et j’espère que le Saint-Esprit aidera Reynaldo à savoir quoi faire avec ce que je dis.

Offrez-lui la Bible

Que diriez-vous de l’entraîner, Reynaldo, dans une discussion sur les passages bibliques qui mène au partage de l’évangile par sa propre curiosité et sa propre perplexité à propos de ces mêmes textes – ces passages que vous partagez avec elle ? Je pense que c’est peut-être une voie à suivre à cause du peu que je connais du bouddhisme et parce que cela me vient à l’esprit lorsque je prie pour savoir comment aider. Voilà ce que j’ai en tête.

Demandez-lui si vous pourriez lui donner quelques passages de la Bible chrétienne afin d’obtenir son opinion sur ce qu’elle pense d’eux et comment ils la font se sentir. Si elle est bouddhiste, elle les approcherait probablement d’une manière plus ou moins morale ou philosophique, donc on ne s’attendrait pas à ce qu’elle ait la moindre idée de l’évangile.

Vous voulez simplement la faire entrer dans la parole de Dieu sur un sujet qui est très pertinent pour elle. Maintenant, si elle le souhaite, alors vous pourriez partager avec elle des textes comme ceci. Vous pourriez lui donner une Bible entière, y mettre des signets, entourer le verset ou lui montrer où les trouver, et de cette façon elle pourrait lire le contexte aussi si elle était curieuse.

Surprenez-la avec la vérité

Si elle le veut bien, vous lui montreriez des versets comme ceux-ci :

Celui qui aime sa vie la perdra et celui qui déteste sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. (Jean 12.25).

Ça la rendrait vraiment perplexe, je suppose. Je suppose que ça va vraiment la déranger, et c’est ce qu’on recherche.

Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner votre vie pour vos amis. (Jean 15.12-13).

Mais je n’y attache aucune importance et je ne considère pas ma vie comme précieuse, pourvu que j’accomplisse ma course et le ministère que le Seigneur Jésus m’a confié: annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu. (Actes 20.24).

Ils l’ont vaincu grâce au sang de l’Agneau et grâce à la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie au point de craindre la mort. (Apocalypse 12.11).

Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier commandement et le plus grand. Et voici le deuxième, qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. » (Matthieu 22.37-40).

Ne redoutez pas ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent pas tuer l’âme. Redoutez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps en enfer. Ne vend-on pas deux moineaux pour une petite pièce ? Cependant, pas un ne tombe par terre sans l’accord de votre Père. Même vos cheveux sont tous comptés. N’ayez donc pas peur : vous valez plus que beaucoup de moineaux. (Matthieu 10.28-31).

Maintenant, je pense que ces textes vont simplement la laisser perplexe. Avec un peu de chance, quand vous aurez votre prochaine conversation, elle vous dira : « Pourquoi m’as-tu donné ces textes ? » Et vous pourrez répondre : « Prenons-les un par un, et montre-moi ce qu’ils t’ont fait penser et ressentir. » Et vous êtes parti.

Faites un suivi de la situation

La suite dépendra presque entièrement de la façon dont elle réagira à ces passages. Mon hypothèse est qu’elle serait vraiment perplexe au sujet d’un passage comme Jean 12.25, qui appelle à la haine de soi, et certains qui supposent l’amour de soi, comme Matthieu 22.39.

Puis, à partir de là, vous voudrez la conduire vers des enseignements sur le péché en relation avec la gloire de Dieu et parler de la façon dont cela affecte notre valeur. Puis, nous l’espérons, vous parlerez de la venue de Christ et de sa mort, qui a donné sa vie – une sorte de haine de soi – pour le salut de notre vie (1 Pierre 2.24). Ensuite, vous passerez de là à la façon dont cela rachète des pécheurs pour que Dieu les aime, les pardonne, les accepte et les possède comme son bien le plus précieux (1 Pierre 2.10). Cela mènerait à une vie d’amour pour Christ qu’elle verrait comme son trésor, plus précieux que la vie elle-même.

Cela mènerait, peut-être, aux promesses que vous pourriez lui faire que nous serons changés à l’image de Christ. Toute notre laideur haineuse et pécheresse sera enlevée, et Jésus reviendra et transformera notre humble corps (Philippiens 3.21). Je ne sais même pas si son problème est la haine du corps ou si c’est la haine de l’esprit ou de l’âme. Je ne sais pas ce qui se passe, mais il revient pour nous donner à tous un tout nouveau corps. Ce corps sera glorieux comme son corps glorieux.

Le sang qui nous rachète

Qui sait où le Seigneur peut mener ces discussions, Reynaldo, mais ce que je suggère est ceci : au lieu d’une présentation frontale de l’évangile pour laquelle elle n’aurait peut-être aucune catégorie dans son bouddhisme à comprendre au début, essayez de l’entraîner dans un sincère échange avec la Bible. Souvenez-vous :

« En effet, la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante que toute épée à deux tranchants, pénétrante jusqu’à séparer âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. » (Hébreux 4.12).

Ensuite, priez sincèrement pour que le Seigneur vous guide vers la proclamation de l’évangile où elle peut le voir. Je prie pour qu’elle voie à quoi ressemble la haine de soi et ce qu’elle ressent quand c’est plus profond qu’elle ne le pense, et pourtant rachetable par le sang étonnant de Jésus et ce que Dieu a fait pour la sauver.


Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts