Qu’est-ce que l’amour ? (Pasteur John Piper vous répond)

Lorna, une auditrice du podcast en Irlande, nous fait parvenir une question très pertinente : « Pasteur John, la question la plus populaire posée à Google est celle-ci : « Qu’est-ce que l’amour ? » Pourquoi pensez-vous que tant de gens ont du mal à comprendre l’amour ? Et comment le définiriez-vous ? »

Je pense que si nous commençons par la définition du terme, nous comprendrons mieux pourquoi tant de gens ont du mal à comprendre ce qu’est l’amour. Admettons donc qu’il existe des formes d’amour très différentes ou, pour le dire autrement, que le mot amour peut être utilisé de bien des façons différentes. Ainsi, chaque fois que nous nous demandons ce qu’est l’amour, comme Lorna me le demande maintenant, dans un sens, je dois répondre et dire : « Selon la définition de qui ou selon quel document ou selon quel passage des Écritures et ainsi de suite. »

Par où commencer ?

Ainsi, par exemple, C.S. Lewis – et je recommande vivement ce livre – dans « Les quatre amours » distingue eros, une sorte d’amour romantique où les amants ont faim l’un de l’autre, et philos, l’amour de l’amitié où deux personnes sont liées bras dessus bras dessous, côte à côte, avec une vision commune et un but commun, un plaisir et un partenariat qui tendent vers un même but, et storge, l’affection qu’on peut avoir pour un vieux pull ou des pantoufles, un vieux chien dont on ne peut se détacher, et agape, un amour divin caractérisé par le sacrifice à la recherche du bien de l’autre.

Alors, en ne tenant compte que de Lewis, l’on peut déjà demander : « Lequel de ceux-là voulez-vous que je définisse quand vous dites : « Qu’est-ce que l’amour ? » » C’est donc en partie la raison pour laquelle les gens ont du mal à définir le mot. Le mot amour a tant de références différentes. Et ce n’est pas une mauvaise chose.

Mais ce qui m’a le plus aidé, c’est de diviser l’amour en deux catégories. J’ai d’abord reçu ça de Jonathan Edwards, mais ça remonte à bien avant lui. Il divise l’amour en « amour complaisant » et « amour bienveillant ».

L’amour complaisant dirait : « J’adore la pizza. » En d’autres termes, « Je me réjouis des qualités que je trouve dans la pizza, à savoir, son goût. » Ce serait l’amour complaisant. Ou vous pouvez aimer un endroit, un pays ou beaucoup de choses. On pourrait dire qu’on les aime parce qu’elles sont belles. Elles vous font plaisir.

Tandis que l’amour bienveillant n’est pas fondé sur la beauté de l’objet de l’amour, mais plutôt sur votre bonne volonté – la bienveillance – votre bonne volonté envers la personne ou la chose que vous aimez. Votre but dans ce genre d’amour est de faire le bien, d’apporter quelque chose de beau, pas de répondre à la beauté.

L’amour de Dieu

Nous pourrions donc passer beaucoup de temps à discuter de la nature de la complaisance en Dieu et de ce que c’est que de connaître, d’apprécier, d’admirer et d’être satisfaits en Dieu, et nous pourrions passer beaucoup de temps à parler de la bienveillance envers des personnes qui n’ont pas les traits admirables nécessaires afin que nous soyons attirés par eux.

Je pense donc que ce qui serait le plus utile en réponse à la question est de donner une définition biblique de l’amour bienveillant parce que c’est le genre d’amour qui, dans la Bible, est célébré comme étant le cœur de l’amour de Dieu. Ainsi, l’ampleur de l’amour bienveillant de Dieu est mesurée dans la Bible selon quatre critères :

  1. Dans quelle mesure la personne aimée ne mérite pas d’être aimée.
  2. La grandeur du prix payé pour aimer une personne.
  3. La grandeur du bien qui est fait pour la personne quand elle est aimée.
  4. Le niveau de désir que Dieu a pour le bien de la personne aimée.

Permettez-moi donc de donner un verset pour chacun de ces points :

1) Dans Romains 5.6-8, Dieu aime ceux qui le méritent le moins et c’est pourquoi son amour est qualifié de plus grand : « Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. À peine mourrait-on pour un juste ; quelqu’un peut-être mourrait pour un homme de bien. Mais Dieu » – différent de tout cela – « prouve son amour envers nous » – c’est cela l’amour – « en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » La première mesure de l’ampleur de l’amour de Dieu est donc que nous ne le méritons pas. C’est pourquoi c’est un amour formidable.

2) Pensez au prix qu’il est prêt à payer : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15.13). Cet amour ne se mesure pas seulement par le fait que je ne le mérite pas. Il se mesure par le prix qu’il est prêt à payer, à savoir la vie de son propre Fils.

3) La troisième mesure est le bien que j’obtiens par cet amour. Dans Jean 3.16, cela s’appelle « la vie éternelle ». « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » Et alors il définit la vie éternelle dans Jean 17.3 en disant que c’est connaître Dieu et connaître Christ. Ainsi, le plus grand amour possible donne le plus grand don possible, Dieu lui-même.

4) Dieu a-t-il manifesté cet amour à contrecœur ou de tout son cœur ? Sophonie 3.17 dit : « L’Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve ; il fera de toi sa plus grande joie ; il gardera le silence dans son amour ; il aura pour toi des transports d’allégresse. » Nous lisons la même réponse dans la parabole du fils prodigue où le père voit son fils rentrer à la maison, et il l’embrasse, et il lui met un anneau au doigt et des robes et des souliers et organise une fête (Luc 15.20-24). En d’autres termes, Dieu désire totalement nous sauver. Personne ne tord le bras de Dieu.

Le plus bel amour du monde est donc cet amour divin qui paie le prix le plus élevé qui soit, la vie du Fils de Dieu, pour des ennemis qui ne le méritent absolument pas, pour nous donner le plus long et le plus grand bonheur dans sa présence. Et il adore faire cela pour nous.

Notre amour pour Dieu

Une dernière chose. S’il semble contradictoire de dire que le cœur de l’amour de Dieu est la bienveillance qu’il a envers des gens indignes comme nous et que pourtant le but ultime de la vie humaine est la complaisance en Dieu, ce que je pense, je ne pense pas que ce soit vraiment une contradiction. Et la raison pour laquelle ce n’est pas le cas, c’est que le but ultime de la bienveillance de Dieu envers nous est de nous donner cette complaisance en lui-même. Ainsi, l’amour bienveillant sert ultimement en nous l’amour complaisant en Dieu.

Dieu n’a pas de satisfaction ultime en nous ; c’est nous qui avons notre satisfaction ultime en lui. Dieu serait un idolâtre si son but ultime était la complaisance en nous. Au contraire, il œuvre pour nous donner l’ultime complaisance en lui. Nous n’aimons pas Dieu en l’aidant à passer de l’absence de la joie à la joie. Mais Dieu nous aime en nous aidant à passer de l’absence de joie à la joie. Mais dans les deux cas, notre amour pour Dieu et son amour pour nous, le but ultime est le même : que nous trouvions notre satisfaction ultime en Dieu, et que Dieu trouve ou recherche sa satisfaction en Dieu et la manifestation de Dieu, l’élévation de Dieu.

Donc, le but ultime de toutes choses – et c’est peut-être la chose la plus utile pour cette réponse ou cette question – le but ultime de toutes choses quand le monde est rempli de la manifestation de la valeur infinie de Dieu en le chérissant – ceux qui le chérissent et prennent plaisir en lui avant tout – dans ce sens le but de toutes choses est l’amour.

Par conséquent, si vous me demandez : « Pourquoi pensez-vous que tant de gens ont du mal à comprendre ce qu’est l’amour ? » Je dirais : « Personne d’autre que le Saint-Esprit ne pensera à l’amour comme je viens d’y penser. Nous sommes, en raison de notre nature pécheresse innée, égocentriques et non centrés sur Dieu. Nous courons dans mille directions pour nous éloigner de cette vérité que nous trouvons notre pleine et durable satisfaction en Dieu seul, et que Dieu est bienveillant envers nous précisément pour nous amener à vivre cette joie. »


Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts