Un catholique romain pieux peut-il vraiment être né de nouveau ? (John Piper)
Les doctrines fondamentales et les pratiques établies du catholicisme romain ont profondément préoccupé les réformateurs il y a cinq cents ans. Ces mêmes préoccupations restent largement inchangées pour les protestants contemporains aujourd’hui – des problèmes que nous constatons encore dans les derniers enseignements du pape et même dans la version la plus récente du catéchisme officiel de l’Église catholique. Tout cela conduit à se demander si un catholique romain pieux peut vraiment être sauvé. C’est ce que demande un auditeur du nom de Jimmy.
« Bonjour, Pasteur John. Un de mes amis proches est décédé récemment. C’était un grand homme, un bon ami, un mentor pour de nombreux jeunes hommes comme moi, et un catholique romain pieux. Les questions que je vous pose sont les suivantes. Est-ce que je verrai mon ami au paradis ? Ou est-ce que ses opinions théologiques rendent cela impossible ? Puis-je à juste titre faire l’expérience du précepte de Paul “comme attristé, et pourtant toujours joyeux” (2 Corinthiens 6.10), ou mon ami n’était-il qu’un mari dévoué, un ami merveilleux et un homme bon ? En d’autres termes, croyez-vous que les catholiques romains pieux peuvent être de véritables chrétiens ? »
Sept préoccupations
Avant de répondre à cette question spécifique, permettez-moi d’exposer à nouveau les raisons pour lesquelles nous devrions nous préoccuper sérieusement de l’enseignement catholique romain. À de nombreux niveaux, sa position contradictoire vis-à-vis de l’Écriture produit une sorte de religion qui, je le crains, a égaré de nombreuses personnes, voire les a conduites à la destruction.
Je ne veux pas dire par là que le catholicisme romain exerce un monopole sur ce genre d’enseignement trompeur. Il y a beaucoup de formes de ce qu’on appelle la « tradition chrétienne » qui ont porté préjudice aux gens par les erreurs qu’elles représentent.
Permettez-moi de vous donner sept exemples de ce qui me préoccupe dans l’enseignement catholique romain et dont nous devrions, selon moi, nous préoccuper et nous tenir à l’écart.
1. La tradition par rapport à l’Écriture
Premièrement, nous devrions nous inquiéter du fait que l’Église catholique romaine élève l’autorité du pape et des conciles de l’Église (lorsqu’ils s’expriment en leur qualité officielle d’enseignants de l’Église) au même niveau que l’Écriture sainte.
Cela a conduit de nombreux catholiques romains à s’éloigner de leur engagement personnel envers les Écritures et à se fier à l’Église, même si celle-ci est faillible. Ils devraient se fier aux Écritures, la Parole de Dieu elle-même inspirée et écrite.
2. La Vierge Marie
Deuxièmement, nous devrions nous inquiéter du fait que la Vierge Marie (et je n’ai aucun problème à l’appeler ainsi) est élevée à une position où elle sert de médiateur entre le peuple de Dieu et le fils de Dieu. Cela porte atteinte au ministère sacerdotal direct de Christ entre son peuple et Dieu.
Cette élévation de Marie au-delà de tout ce qui figure dans les Écritures, fondée uniquement sur la tradition de l’Église, éloigne le peuple de Dieu de la jouissance d’une communion personnelle avec Jésus et du type de relation et d’assurance dont il pourrait autrement jouir avec lui.
3. La régénération baptismale
Troisièmement, nous devrions être inquiets par rapport à l’enseignement de la régénération baptismale. L’idée que par l’œuvre même consistant à mettre de l’eau sur la tête d’un bébé – ex opere operato – par le simple fonctionnement de la chose elle-même, l’œuvre même de l’eau dans l’acte sacerdotal provoque un changement dans la nature du bébé, qui passe de perdu dans le péché originel à sauvé par la régénération.
Cette notion a produit, je dirais, une confiance indicible et mal fondée dans le peuple de Dieu qui n’a pas ou peu de foi personnelle, ou de relation avec Christ, ou d’amour pour Jésus. Pourtant, à cause de leur baptême, ils croient être destinés aux cieux.
4. Les indulgences
Quatrièmement, nous devrions nous inquiéter de l’offre de soi-disant « indulgences », que le pape actuel lui-même – pas dans un lointain passé, au XVIe siècle – a offert à notre époque. Il s’agit de certains types de pèlerinages, ou de bâtiments spéciaux, ou de paiements spéciaux, que l’on peut effectuer, ou auxquels on peut assister, de sorte qu’une indulgence est accordée par le pape, qui assure le pardon des péchés.
Il s’agit là d’une effroyable atteinte au caractère absolument unique de la mort de Christ comme étant le seul sacrifice efficace pour les péchés et de la foi personnelle comme étant le moyen par lequel ce sacrifice devient nôtre.
5. La justification
Cinquièmement, nous devrions être préoccupés par la confusion qui règne autour de la doctrine de la justification par la grâce seule, sur la base de Christ seul, par la foi seule, pour la gloire de Dieu seul.
L’insistance catholique romaine sur le fait que la justification consiste en l’infusion de la justice, qui, en tant que notre propre vertu, nous qualifie pour être acceptés par Dieu, ne correspond pas à la doctrine biblique selon laquelle Dieu devient cent pour cent pour nous au moment où, par la foi, nous sommes unis à Christ afin que son sang et sa justice soient les seuls fondements de cette acceptation.
6. La Cène
Sixièmement, nous devrions être inquiets de la centralité de la messe dans la pratique catholique romaine. Là, on dit que le pain et le vin sont en fait transsubstantiés – ils deviennent le corps physique et le sang physique de Jésus.
La Cène acquiert une puissance de salut par l’entrée du sang et du corps de Jésus en nous, ce qui n’a jamais été prévu dans la Bible. Elle induit en erreur des millions de personnes par rapport à ce qui se passe vraiment dans ce sacrement.
7. Le purgatoire
Enfin, nous devrions être préoccupés par la doctrine du purgatoire, selon laquelle une personne après sa mort peut bénéficier d’une autre chance de subir un châtiment quelconque.
Selon ce point de vue, ils peuvent se rendre au ciel après y avoir fait une pénitence appropriée. La Bible n’offre pas une telle espérance à ceux qui meurent dans l’incrédulité. On ne la trouve pas dans les Écritures.
S’accrocher à Christ
Après avoir hissé un drapeau de préoccupation au sujet de ces sept éléments de la foi catholique, ma réponse à la question est néanmoins oui. Je pense qu’il y a de vrais chrétiens qui sont des catholiques romains pieux et incohérents. Pieux dans le sens où ils sont ardents, sérieux et sincères. Incohérents dans le sens où leur véritable amour pour Jésus est meilleur que leurs idées ou leurs doctrines.
Si une personne a une rencontre authentique avec le Christ vivant et reconnaît la profondeur du péché humain et le désespoir dans lequel nous sommes sans grâce et sans Christ, et si elle voit en Jésus le substitut que Dieu a prévu pour supporter notre punition et fournir tout ce dont nous avons besoin pour être acceptés par Dieu, et si cette personne se jette sur la miséricorde de Christ, renonçant à compter sur elle-même, et chérit Christ comme son trésor suprême et son espérance de vie éternelle, alors cette personne sera sauvée – même si beaucoup d’idées doctrinales sont confuses ou erronées.
En d’autres termes, il est possible que le cœur d’une personne et sa compréhension essentielle de Christ soient bien meilleurs que les structures de son cadre doctrinal. Nous pouvons tous en être très, très reconnaissants.
Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts