Un couple gai, une fois converti, devrait-il rester « marié » ? (John Piper)

La question d’aujourd’hui est une question à laquelle beaucoup de pasteurs sont confrontés. Je le sais parce que je la vois souvent apparaître dans la boîte de réception. Dans la mesure où les gens trouvent Christ, se convertissent et sont appelés à vivre différemment de leurs passions d’avant la conversion, cela soulève des questions sans fin sur leur vie quotidienne. Cette question provient d’un auditeur nommé Cameron.

« Bonjour, Pasteur John ! Dans un épisode précédent nommé “Divorce, remariage et honorer Dieu”, vous avez défendu l’idée que les gens devraient demeurer dans un second mariage, même si celui-ci a été conclu à tort. Vous avez dit : “Une relation interdite peut devenir consacrée et sainte.” Ma question va dans cette direction. Ce principe s’applique-t-il également aux personnes mariées entre personnes de même sexe ou dans le cadre de mariages polygames ? Après la conversion, leur conseilleriez-vous de rester dans des relations similaires et de les consacrer d’une manière ou d’une autre ? Qu’est-ce qui rend ces deux scénarios différents dans votre esprit ? »

Non, je ne recommanderais pas que deux hommes ou deux femmes vivant ensemble, pratiquant l’homosexualité, restent dans cette relation. Les raisons sont multiples. Les situations sont différentes entre un homme et une femme qui entrent dans un mariage dans lequel ils ne devraient pas et un homme et un autre homme qui entrent dans une relation dans laquelle ils ne devraient pas entrer. Permettez-moi d’essayer d’expliquer certaines de ces différences qui m’amèneraient à décider de ne pas recommander qu’ils y restent.

Vraiment un mariage

La raison pour laquelle j’ai pris la position qu’un homme et une femme mariés qui n’auraient pas dû se marier devraient rester dans ce mariage et chercher à le consacrer au Seigneur est que la Bible, tout en n’approuvant pas l’entrée dans ce mariage, l’appelle néanmoins un mariage.

Voici ce qu’il est dit dans Luc 16.18 :

« Tout homme qui renvoie sa femme et en épouse une autre commet un adultère [alors, ne faites pas ça, en d’autres termes], et tout homme qui épouse une femme divorcée de son mari commet un adultère. »

Il utilise le mot épouser, pas seulement coucher avec. Il appelle ça un mariage.

Jésus dit à la femme qui a été mariée cinq fois :

« Tu as bien fait de dire : “Je n’ai pas de mari”, car tu as eu cinq maris et l’homme que tu as maintenant n’est pas ton mari » (Jean 4.17-18).

Jésus différencie les cinq de l’un, même si elle vit avec l’un d’eux. Il dit : « Non, ce n’est pas ton mari. Les autres l’étaient, et il ne l’est pas. »

Je conclus que même si c’était un acte adultère de se marier dans les conditions que Jésus désapprouve dans Luc 16, néanmoins, cela s’appelle un mariage. Un mariage est une question d’une alliance fidèle entre un homme et une femme. J’encourage donc ce couple à se repentir de ce qu’il a fait de mal, à demander pardon et à consacrer leur union, qui, bien qu’elle n’aurait pas dû avoir lieu, peut néanmoins être sainte devant le Seigneur.

Pas un mariage

Mais deux hommes ou deux femmes qui s’engagent dans une relation d’union sexuelle avec des promesses n’est pas un mariage. Ce n’est pas un mariage. Vous ne pouvez pas consacrer un mariage qui n’aurait pas dû avoir lieu si ce n’est pas un mariage du tout. L’union de deux hommes et de deux femmes n’est pas un mariage gai ; ce n’est pas un mariage. Je n’aime pas l’idée que tant de gens soient prêts à utiliser le terme mariage gai au lieu de l’appeler le soi-disant mariage gai, parce qu’il n’existe pas dans l’univers de soi-disant mariage gai.

Le mariage, qui est défini par Dieu dans ce monde selon sa parole, n’est pas un homme en union avec un homme. C’est notre imagination ça. Sa définition est la suivante. Jésus cite Genèse 2.24 :

« L’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. »

C’est là où Jésus est allé dans Matthieu 19 et Marc 10, et c’est là où Paul est allé dans Éphésiens 5, quand ils cherchaient à donner la définition la plus essentielle du mariage.

C’est la principale raison pour laquelle une relation peut être consacrée comme un mariage sacré et l’autre non. L’un est un mariage et l’autre ne l’est pas, peu importe le nombre de milliers de fois que les législateurs, les lois, les juges et les commentateurs de la presse le disent. Ce n’est pas le cas. C’est la première différence.

Actes honteux

Voici la deuxième raison pour laquelle je recommanderais qu’un homme et un homme ou une femme et une femme dans une telle relation n’essaient pas de la consacrer, mais de s’en sortir. La deuxième raison pour laquelle je traite un homme et une femme qui entrent dans un mariage dans lequel ils ne devraient pas différemment d’un homme et un autre homme qui entrent dans une relation qu’ils ne devraient pas est que vous ne pouvez pas rendre honorable ce que Dieu a dit par nature être déshonorable.

En d’autres termes, le comportement homosexuel n’est pas répréhensible simplement parce qu’on nous a ordonné de ne pas le faire. C’est mal parce que, par nature, c’est déshonorant et honteux. En d’autres termes, les relations sexuelles entre un homme et une femme ne sont pas, par nature, déshonorantes et honteuses. Mais les relations sexuelles entre deux hommes ou deux femmes sont par nature déshonorantes et honteuses, selon Romains 1.26-27.

Romains 1.26-27 dit ceci :

C’est pour cette raison que Dieu les a livrés à des passions déshonorantes : leurs femmes ont remplacé les rapports sexuels naturels par des relations contre nature ; de même, les hommes ont abandonné les rapports naturels avec la femme et se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres ; ils ont commis homme avec homme des actes honteux et ont reçu en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement.

Aucun repentir, aucune foi, aucune consécration ne peut transformer ce qui est par nature déshonorant et honteux en un acte saint, pur ou honorable. C’est pourquoi j’encourage deux hommes ou deux femmes impliqués dans de tels actes à renoncer au péché, à se repentir, à demander pardon au nom de Jésus, et à ne plus prendre soin de la chair, comme Paul le dit en Romains 13.14.

Qu’en est-il de la polygamie ?

Nous avons fait un PJR sur la polygamie précédemment dans l’épisode 87 : « Jésus a-t-il approuvé la polygamie dans la parabole des dix vierges ? » Je pourrais peut-être demander à Cameron d’écouter cet épisode pour qu’il nous fasse part de ses réflexions à ce sujet.

Ce n’est pas exactement la même chose lorsqu’il parle de l’homosexualité. Ce n’est pas la même question parce qu’il ne s’agit pas d’actes sexuels qui, par nature, sont déshonorants et honteux. Mais ce n’est pas en accord avec la volonté originelle de Dieu pour le mariage, selon Genèse 2.24. On ne peut pas la consacrer de la même manière que le mariage d’un homme et d’une femme peut l’être.

L’objectif serait d’aider ceux qui s’en rendent compte à trouver le moyen le plus juste et le plus gracieux de mettre un terme à une relation polygame. Ce ne sera pas facile, et il faudra une grande sagesse, surtout dans les contextes missionnaires.