Une récession pourrait-elle nous aider à trouver le bonheur ? (John Piper)
2020 — l’année du « grand confinement », qui a conduit à ce que certains appellent aujourd’hui la « grande récession du coronavirus ». Elle a été déclenchée par un pari stratégique : sacrifier l’élan économique pour éloigner physiquement les gens, le tout dans le but d’affamer et de tuer un virus qui se propage. C’était un pari énorme, et il a fait mal.
Le Dow Jones, qui flirtait avec les 30 000 en février, est tombé à moins de 19 000 un mois plus tard. Si je me souviens bien, 22 millions d’Américains ont déposé des demandes de chômage. Les retombées financières de la grande récession du coronavirus ont été comparées à celles de la grande récession de 2007-2009, évoquant même des comparaisons avec la grande dépression de 1929-1933. En ce qui concerne l’avenir, certains pensent que l’économie va rebondir à la normale dès que le virus sera sous contrôle. D’autres sont moins optimistes.
Les récessions ont des effets dévastateurs : elles détruisent les petites entreprises. Elles perturbent la vie. Elles nous enlèvent notre normalité. Et elles nous font perdre notre bonheur. En mars, le président a prédit que l’Amérique perdrait plus de vies à cause du désespoir de la récession qu’à cause du virus lui-même, en disant que « les gens sont extrêmement anxieux et déprimés, et il y a des suicides pour des choses comme ça quand on a des économies terribles… en bien plus grand nombre que les chiffres dont nous parlons en ce qui concerne le virus ». Statistiquement, cette affirmation est vivement contestée. Mais appréciez ces mots et ce qu’ils disent sur la menace apparente de l’incertitude économique sur le bien-être émotionnel.
Ce n’est pas la première récession. Ce ne sera pas la dernière. Alors que fait Dieu dans cette récession ? Il y a une dizaine d’années, John Piper a prêché une prédication sous ce titre exact : « À quoi sert la récession ? » Cette prédication a été prêchée le 1er février 2009, au milieu de la grande récession. À l’époque, le Dow Jones était en baisse, mais n’avait pas encore atteint son niveau le plus bas. Les récessions, montre-t-il, ne sont pas destinées à tuer notre bonheur, mais à rendre notre bonheur plus stable. Voici le Pasteur John, expliquant cela à partir de 2 Corinthiens 8.1-2.
Une grande générosité
Dieu a l’intention de relocaliser les racines de notre bonheur dans sa grâce (pas nos biens), dans sa miséricorde (pas notre argent), dans sa valeur (pas notre richesse). Dieu envoie des récessions pour arracher les racines de notre bonheur aux plaisirs du monde, et les planter dans la gloire de sa grâce. Il y a un texte dans le Nouveau Testament qui est le texte le plus clair sur la récession dans la Bible, et je vais vous y emmener maintenant. Paul écrit à Corinthe au sujet de quelque chose qui s’est passé en Macédoine, dans les environs de Philippes.
« Par ailleurs, frères et sœurs, nous vous faisons connaître la grâce que Dieu a accordée aux églises de Macédoine : au milieu même de la grande épreuve de leur souffrance, leur joie débordante et leur pauvreté profonde les ont conduits à faire preuve d’une très grande générosité. » (2 Corinthiens 8.1-2)
C’est mon rêve pour notre église. Je pense que nous n’atteindrons jamais la partie sur la pauvreté, mais ça ne ferait pas de mal, peut-être. Le verset 2 dit que ces gens font preuve d’une grande générosité. C’est ce que je voudrais que l’on fasse. Toute sorte de générosité. Je veux dire que si après ce culte, quelqu’un veut vous parler, vous êtes généreux avec votre temps. Si quelqu’un a besoin d’argent, vous êtes généreux avec votre argent. Toute sorte de générosité. En d’autres termes, nous sommes le genre de personnes qui sont là, nous sommes juste prêts à être dépensés pour les autres. C’est ce que j’entends par générosité. C’est ce que je veux pour notre peuple.
Ma question est donc la suivante : d’où vient-elle ? D’où cela vient-il dans ce texte ? Et c’est tellement clair. Parfois, je suis gêné de prêcher sur ce texte par peur d’insulter votre intelligence. Préparez-vous à être insulté.
Il n’est pas question de prospérité ou d’approbation
Est-ce que cela vient de leur prospérité ? Non, car ils n’en ont pas. Il est dit au verset 2 :
« leur pauvreté profonde les ont conduits à faire preuve d’une très grande générosité. » (2 Corinthiens 8.2)
Alors, rayez cette réponse. Elle ne vient pas de la prospérité. Savez-vous quel est l’État américain le plus pauvre par habitant ? Dites-le-moi. Prenez le risque. Ce sera une insulte, mais dites-le quand même. Le Mississippi. Savez-vous quel est l’état qui, par habitant, a le plus haut niveau de dons caritatifs ? Vous connaissez la réponse : c’est le Mississippi.
Il y a une corrélation, mes chers, entre la pauvreté et le don — et non la richesse et le don. Les gens riches ne donnent pas beaucoup d’argent proportionnellement. On dirait juste qu’ils donnent beaucoup d’argent. Mais quand quelqu’un n’a presque rien, et qu’il reçoit un appel, et qu’il ne peut pas résister au don, il se passe quelque chose de vraiment beau. Et c’est ce qui se passe ici. Ces gens sont pauvres au deuxième verset, et ils font preuve d’une grande générosité.
Est-ce que cela vient du fait d’être entouré de personnes et d’une culture qui les approuvent ? La réponse à cette question est non, car ils sont harcelés là-bas. Il est dit au verset 2, « au milieu même de la grande épreuve de leur souffrance ». Alors voilà, vous avez la pauvreté et vous avez des gens qui les battent.
La raison pour laquelle je suppose que souffrance signifie cela, c’est à cause d’Actes 17.5. C’est ce qui s’est passé à Thessalonique (qui se trouve là-haut, à proximité des Macédoniens). Jason a été arrêté et battu. L’église, âgée de trois semaines, est blessée, et ils donnent comme des fous. Une récession généralisée sévit, et ils donnent sans compter.
La joie dans la grâce de Dieu déborde de générosité
Alors, d’où cela vient-il ? Le verset 2 dit d’où cela vient :
« leur joie débordante et leur pauvreté profonde les ont conduits à faire preuve d’une très grande générosité. » (2 Corinthiens 8.2)
Ils étaient heureux. La récession sévissait fortement. Ils étaient pauvres. Les gens les battaient. Et ils étaient si heureux qu’ils donnaient.
D’où venait cette joie ? Verset 1 :
« Par ailleurs, frères et sœurs, nous vous faisons connaître la grâce que Dieu a accordée aux Églises de la Macédoine. » (2 Corinthiens 8.1)
C’est la réponse. À quoi ressemble la grâce de Dieu ? Elle ressemble à une joie abondante au milieu de la pauvreté, débordant en une très grande générosité. Voilà à quoi ressemble la grâce quand elle se manifeste.
La question pour l’église est la suivante : cette église, votre église, où que vous alliez, la question pour l’église est la suivante : Avez-vous fait l’expérience de la grâce ? Avez-vous conscience de votre désir d’autonomie — et le ressentez-vous si nettement quand il remonte à la surface après que vous avez été bousculé par votre femme, par votre enfant ou par votre courtier, et que vos sentiments tournent au vinaigre, et que vous détestez cela — et que vous êtes stupéfait de la grâce de Dieu qui vous aime, qui vous pardonne, qui reste près de vous, qui s’accroche à vous, qui vous ramène à la maison pour vous glorifier ? Et vous pouvez difficilement imaginer un Dieu si bon que vous allez donner et donner et donner à des personnes qui sont dans le besoin. Je veux juste être comme ça, et je veux que vous soyez comme ça, parce que c’est une chose tellement belle, tellement belle.
Conclusion
Ainsi, la façon dont les récessions fonctionnent, c’est qu’elles nous bousculent, puis elles révèlent le péché, et ensuite elles secouent les racines de notre joie, qui étaient là au fond, dans notre argent, dans notre sécurité, dans la façon dont tout se passait. Et nous sommes soudains sans racines pendant une minute, puis il les fait tomber avec miséricorde dans la gloire de la grâce de Dieu. Et elles sont fermes et elles sont solides. Elles ne tremblent plus.
« Exprimez votre reconnaissance en toute circonstance, car c’est la volonté de Dieu pour vous en Jésus-Christ » (1 Thessaloniciens 5.18). Amen.
Pasteur John Piper vous répond présente les réponses que le pasteur John Piper donne à des questions théologiques et pastorales difficiles. Ce podcast, créé en partenariat avec Desiring God, vous est offert par Revenir à l’Évangile, un blog et un ministère de Publications Chrétiennes. Pasteur John répondra à deux questions chaque semaine. Vous pourrez entendre ses réponses sur notre blog, Facebook, Youtube, Apple Itunes Store et sur l’appareil que vous utilisez pour écouter des podcasts